Du street art au Musée de l’Homme

« J’ai le droit d’avoir des droits » proclame la nouvelle exposition du Musée de l’Homme, visible jusqu’au 30 juin prochain dans l’imposant hall du musée entièrement revisité par des street artistes. A l’occasion des 70 ans de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, sept street artistes ont réinterprété, avec audace et panache, un article de la déclaration. Dugudus, Zag & Sìa, Lek & Sowat, Goin, Swoon, Madame et Dénis Meyers dénoncent les maux de la société en mots et en art à travers des anamorphoses, gravures, pochoirs à la bombe ou collages, et fustigent la fragilité de la déclaration dans notre société contemporaine. 

Musée de l'Homme
Goin, Sapere aude, © MNHN JC Domenech

 

« Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires. Cette personne a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. » Inspiré par l’article 25, le duo d’artistes Zag & Sìa a réalisé une oeuvre monumentale sur les marches d’un escalier, donnant à voir un personnage tiré du célèbre tableau « Le Radeau de la Méduse » de Géricault. 

Musée de l'Homme
Zag & Sìa

 

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » L’article premier a servi de préambule au travail de Lek & Sowat qui ont osé remplacer le mot égaux par égo et ainsi chambouler les croyances dans les principes d’égalité, de dignité et de fraternité. 

Musée de l'Homme
Article premier, Lek et Sowat © MNH JC Domenech

 

« Toute personne a droit à la liberté de penser, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »Goin s’est emparé de l’article 18 et a créé un pochoir représentant un penseur de Rodin au visage masqué qui ne laisse point indifférent, et fait naître une réflexion profonde sur la liberté de penser. 

« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. » L’article 5 trouve écho dans l’installation de Madame qui dénonce, avec ses collages sur bois, l’absurdité de la violence. 

Musée de l'Homme
Géoaillerie – Madame ©MNHN JC Domenech

 

« J’ai le droit d’avoir des droits » est assurément une exposition revendicative qui rappelle nos droits de citoyens et insuffle un vent de liberté. Libre aux Parisiens de se rendre au Musée de l’Homme avant le 30 juin prochain. 

« J’ai le droit d’avoir des droits »
Musée de l’Homme
Jusqu’au 30 juin prochain
17 place du Trocadéro, 16e
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h