Agenda des galeries : les expos à voir en décembre

Ruinés par vos achats de Noël, vous n’avez plus un rond pour entretenir votre passion pour l’art ? Pas d’inquiétude ! Découvrez ici cinq expositions, gratuites et excitantes, en galeries. 

David LaChapelle à la galerie Templon

David LaChapelle, expo gratuite paris
Behold, 2017. Impression pigmentaire, négatif peint à la main. 163×139,5cm ©David LaChapelle. Courtesy Templon (Paris, Brussels)

 

L’américain David LaChapelle (né en 1963) est à la photographie ce que Jeff Koons est à l’art contemporain. Un trublion, volontiers obscène, qui photographie des stars, des modèles aux corps parfaits (ou plutôt très lisses et très musclés), des décors apocalyptiques, avec une dose de paillettes hallucinante. Mais depuis son illumination pendant sa visite de la chapelle Sixtine en 2006, David LaChapelle a évolué. Il est parti vivre dans la jungle de Hawaï, a adopté un régime de vie sain et travaille des images plus apaisées, empreintes de méditation et de spiritualité. Étonnant, non ? C’est pourquoi on courra à la galerie Templon, qui récapitule 40 années de création dans son nouvel espace de la rue du Grenier-Saint-Lazare. Avec des photographies, datant des années 1983-1989, présentées au public pour la toute première fois, et une production inédite. Le tout, scénographié par l’artiste lui-même. Un incontournable, dans une des galeries parisiennes à absolument visiter.

David LaChapelle. Letter to the world 
Du 3 novembre au 29 décembre 2018
Galerie Templon
28 rue du Grenier-Saint-Lazare, 3e

 

Mehmet Güleryüz à la galerie Cyril Guernieri

Mehmet Güleryüz, expo gratuite paris
© Mehmet Güleryüz, La visite, 2017

 

Méconnu en France, le peintre et sculpteur turc Mehmet Güleryüz (né en 1938) a récemment été honoré d’une grande exposition au Musée d’art contemporain d’Istanbul, mais n’a pas été présenté sur le sol français depuis plus de 30 ans. Un manque que la galerie Cyril Guerneri, ouverte en janvier dans le quartier de Saint Germain-des-Prés, répare du 15 novembre au 22 décembre 2018 en réunissant une sélection de ses travaux récents. Figuratives, les peintures de Mehmet Güleryüz sont puissantes et déploient une palette chromatique d’une grande richesse. Surtout, elles sont peuplées de personnages extrêmement expressifs. L’artiste explique : « J’ai voulu représenter le véritable comportement des gens, ce qu’ils avaient dans les tripes, l’hypocrisie des relations sociales, la façon dont ils “portent leur corps”, leur rapport à la sexualité. Je me suis mis dans la position d’un médecin dans un service de soin intensif : je prends le pouls de la société, je traque les évolutions psychologiques, physiques, je fais des radiographies tout le temps« . Une réussite.

Mehmet Güleryüz. De l’intérieur
Du 15 novembre au 22 décembre 2018 
Galerie Cyril Guerneri
29 Rue Mazarine, 6e

 

Jean-Claude Meynard à la galerie Lélia Mordoch

 Jean-Claude Meynard expo gratuite paris décembre
© Jean-Claude Meynard, Duo Fractal Papageno, 2018

 

Le plasticien Jean-Claude Meynard (né en 1951) a une obsession : la géométrie. En témoigne sa dernière série de travaux, à découvrir du 23 novembre 2018 au 12 janvier 2019. Exposés entre les murs de la  galerie Lélia Mordoch, les Chants fractals sont des déclinaisons de géométries fractales conçues comme des lectures de partitions musicales. Les formes de Meynard entrent ainsi en résonance avec Amadeus Mozart, Béla Bartók ou encore Claude Debussy. Avec pour point de départ la séquence d’une silhouette, que l’artiste a utilisée, modifiée et répétée grâce à des outils informatiques. Jean-Claude Meynard révolutionne également le rapport statique du spectateur aux œuvres d’art, puisque certaines d’entre elles sont prolongées par une musique et un film que l’on peut voir sur son téléphone en flashant un QR code intégré à l’œuvre. Atypique !

Jean-Claude Meynard. Chants fractals
Du 23 novembre 2018 au 12 janvier 2019
Galerie Lélia Mordoch
50 rue Mazarine, 6e

 

Lawrence Weiner à la galerie Marian Goodman

AFTER HERE & THERE expos gratuites paris à voir en décembre
Lawrence Weiner, AFTER HERE & THERE, 2014. LANGUAGE + THE MATERIALS REFERRED TO. Photo credit : Rebecca Fanuele. Copyright and Courtesy: the artist and Marian Goodman Gallery, New York, Paris, London
Si vous n’êtes pas trop fâchés avec l’art conceptuel, courrez voir l’exposition que consacre la galerie Marian Goodman à Lawrence Weiner. Né en 1942 et toujours actif, l’artiste américain en est l’une des figures les plus importantes. Son dada ? Utiliser le texte comme support, interroger le langage, intégrer l’espace public. Sa signature ? De grandes phrases imprimées sur les murs, à la monumentalité reconnaissables entre mille, qui interpellent et étonnent. L’exposition se décline dans les espaces de la galerie (très privée puisqu’elle n’est accessible que par une cour d’immeuble) et dans la vitrine sur rue de sa librairie. Surtout, Lawrence Weiner s’est invité dans le métro parisien, où l’œuvre AFTER HERE AND THERE a été présentée jusqu’au 21 novembre sous forme d’affiches dans les couloirs d’une quarantaine de stations de métro, telles des galeries, au milieu des publicités.
Lawrence Weiner. FOLDED WAVES VAGUES PLIÉES
Du 3 novembre au 21 décembre 2018
Galerie Marian Goodman
79 rue du Temple, 3e

Joel Meyerowitz à la galerie Polka

New York City par Joel Meyerowitz, expo gratuite paris
© Joel Meyerowitz. New York City, 1980

 

« Les photographes de ma génération sont parfois enfermés dans leur boîte sans pouvoir en sortir. Il est bon qu’un œil extérieur vienne l’ouvrir de temps en temps, pour libérer des images auxquelles on ne pense plus ou bien créer des associations intempestives. » Porter un œil neuf sur 60 années de création, voilà l’objectif de la belle exposition du photographe américain Joel Meyerowitz au sein de la galerie Polka, une des galeries les plus importantes de la capitale. Un maître incontesté, qui dévoile ici des images inédites et créent des conversations esthétiques entre paysages de Toscane, vues urbaines et portraits. Une science de l’accrochage qui subjugue.

Joel Meyerowitz. Inside/Outside
Du 8 novembre 2018 au 12 janvier 2019
Galerie Polka
12 rue Saint-Gilles, 3e

Wendelien Schönfeld à l’Académie des Beaux-Arts

© Wendelien Schönfeld, Plage (2017)

 

L’exposition que l’Académie des Beaux-Arts consacre à Wendelien Schönfeld est une célébration. Fraîchement lauréate de la cinquième édition du Prix de Gravure Mario Avati – Académie des Beaux-Arts, l’artiste hollandaise (née en 1950) présente une centaine d’œuvres de ces vingt dernières années, toutes plus charmantes les unes que les autres. Le style est extrêmement délicat, la technique de la xylogravure (gravure sur bois) totalement maîtrisée et les couleurs sont douces au regard. Elle sait aussi bien rendre la quiétude d’un environnement naturel que l’atmosphère tendre d’une scène de plage… Des paysages urbains (gares, autoroutes, travaux) et autres vues d’hommes et de femmes au travail complètent le panorama de son travail et étonnent. L’artiste se révèle surprenante, attentive à la vie contemporaine. À voir !

Wendelien Schönfeld
Du 6 décembre 2018 au 9 janvier 2019
Palais de l’Institut de France
27 quai de Conti, Paris 6e