Expo : MMM à la Philharmonie

La Philharmonie vient d’inaugurer son nouveau programme d’expositions associant photos et musique. Premier événement du genre, un dialogue entre les images du célèbre Martin Parr et les créations sonores de Matthieu Chedid, conçu comme une véritable bulle immersive.


Clare College May Ball, Cambridge, England, 2005 © Martin Parr – Magnum Photos

 

Devenue au fil de quelques événements majeurs (David Bowie Is ou The Velvet Underground New York Extravaganza) la destination incontournable des grandes expositions musicales, la Philharmonie se fixe aujourd’hui un nouvel objectif. Ici, au rythme d’une ou deux propositions par an, la photographie, qui attire un public sans cesse plus nombreux, se montrera accompagnée de créations sonores spécialement pensées pour lui donner une dimension supplémentaire.

Avant d’accueillir en avril prochain, le projet en deux dimensions d’un Vincent Delerm plutôt méconnu, la salle d’exposition de la Cité de la Musique a ainsi lancé l’affaire en ouvrant ses portes à l’étonnant duo que forment aujourd’hui le Britannique Martin Parr, star de l’agence Magnum, et le musicien frenchy Matthieu Chedid.

Déjà montré lors des Rencontres de la Photographie d’Arles et orchestré par Sam Stourdzé, leur directeur, le projet des deux artistes trouve à la Philharmonie un écrin plus feutré que la vaste église où on l’avait découvert. Dans un décor aux murs noirs où les visiteurs peuvent jauger la totalité de l’exposition les fesses posées sur des chaises longues à l’effigie de quelque personnage de Martin Parr, ce sont plus de 500 de ses clichés, anciens et récents, scènes du quotidien et détails insolites, qui s’exposent où défilent en vidéo.

Réparties en différents univers à la façon d’une rétrospective thématique, les œuvres nécessitent cependant qu’on s’en approche pour entendre la partition musicale qui leur est associée. A chaque groupe d’images son instrument, guitare électrique, piano ou Zheng chinois quand il est question d’exotisme, auxquels s’ajoutent la voix ou des bruits ambiants.

Aucune cacophonie pourtant quand on se place au centre pour juger de l’ensemble, la création sonore de Matthieu Chedid racontant les photos de façon presque discrète, intelligemment respectueuse. De quoi provoquer la surprise là où on aurait pu craindre une débauche d’effets, et ainsi sûrement satisfaire le très british Martin Parr, non-mélomane revendiqué, mais toujours prêt à jouer un peu.