LightMatters à la fondation EDF

Véritable plongeon dans une atmosphère spatiale, l’installation Light Matters de l’artiste autrichien Erwin Redl est une invitation à expérimenter un univers numérique et sensoriel. Composée de plusieurs milliers de LEDS, l’œuvre immersive transforme la fondation EDF en une nébuleuse poétique et surprenante dans laquelle le visiteur se promène, oscillant entre émerveillement et interrogation.

Come on baby Light…

lightMatters
© Vincent Baillais – Agence TOMA

 

De New York à Los Angeles, en passant par Vienne et Paris (pour ne citer que ces quelques villes), la liste des expositions d’Erwin Redl a de quoi impressionner.

Inspiré par la trilogie Matrix, il définit son art comme la « transposition de l’esthétique abstraite du langage informatique, dans un environnement architectural ».

Sa définition nous éclaire (un peu) à propos du but qu’il poursuit : l’espace dans lequel ses œuvres sont installées doit devenir pour le visiteur une sorte de seconde peau, un tissu social invisible qui lie les individus entre eux… Ce qui n’est pas sans rappeler l’univers virtuel du célèbre film des Wachowski.

 

Light Matters s’articule autour de deux couleurs : le rouge inquiète, le bleu fascine.

Par un habile jeu de contrastes, on s’y sent tour à tour isolé et minuscule, puis contemplatif et serein, comme absorbé par cette constellation de lignes lumineuses. Des milliers de LED qui semblent jouer entre elles, à première vue de manière aléatoire, avant d’offrir l’instant d’après une chorégraphie parfaitement orchestrée. Que représentent-elles, d’ailleurs ?

 

On est libre d’y voir des atomes isolés dans le vide. Un ensemble infiniment grand et organisé comme le cosmos, ou encore la métaphore d’une multitude de petits êtres, interagissant entre eux… À moins que ça ne soit les trois à la fois ? L’esthétique minimaliste des œuvres d’Erwin Redl laisse – de son propre aveu – le champ libre aux interprétations de chacun.

 

Mais son concept va plus loin. En immersion dans cet environnement numérique et lumineux, le visiteur se trouve intégré à l’exposition : il fait lui-même partie de l’installation. Certains décident d’ailleurs de s’asseoir au cœur de l’œuvre, comme pour mieux sonder le mystère qui en émane, et obtenir ainsi une nouvelle perception de ces lumières.

 

C’est que Light Matters questionne, de manière quasi-philosophique. En associant la vision et le ressenti physique, elle interroge les sens, mais aussi les notions de temps et d’espace, le rapport entre l’individu et le tout, la frontière entre le hasard chaotique et l’ordre mathématique…

Autant de questions auxquelles aucune réponse n’est vraiment donnée. Si ce n’est celle, silencieuse et visuelle, de ce spectacle en mouvement qui apaise autant qu’il intrigue.


Light Matters
Espace Fondation EDF, 6, rue Récamier, 7e
Entrée libre du mardi eu dimanche de midi à 19 h.
Jusqu’au 3 février.