Portrait arty : Béatrice Masi, galeriste à 24 ans

Elle a créé sa galerie il y a un an, alors qu’elle n’avait que 23 ans : Béatrice Masi s’est lancée pendant la période de la FIAC avec une belle exposition inaugurale au cœur du quartier du Marais, dans sa Spaceless Gallery éphémère. Nous l’avons rencontrée à cette occasion… Portrait. 

Une galeriste aux ambitions multiples

Béatrice Masi – Photo by Natalia Poniatowska, Courtesy of The Spaceless Gallery

 

24 ans, des cheveux blonds, un visage d’ange. Et une main tendue fermement lorsque nous la rencontrons pour l’interviewer. Béatrice Masi n’est pas une Parisienne comme les autres. Ses parents ne viennent pas du monde de l’art, elle n’a pas étudié à l’École du Louvre, et c’est ce qui fait sa force. Comme bien des acteurs de l’art actuel, elle a tout de suite compris, comme par instinct, qu’il fallait ajouter à son arc une corde internationale : elle a étudié l’Histoire de l’Art en Écosse, a collaboré avec une commissaire d’exposition en Grèce, est allée chercher ses artistes en Californie (un territoire qu’elle connaît bien grâce à sa mère, qui travaille dans l’industrie cinématographique). Certes, elle a de la chance. Entourée, nous confie-t-elle, de « belles choses » depuis toujours, elle a fait ses premiers pas chez sa tante, décoratrice d’intérieur, et a affirmé au fil des années son goût pour l’esthétique.

Pour une galerie hors normes

© Quentin Chevrier

 

Ce terreau fertile, donc, a permis à Béatrice Masi de faire grandir ses ambitions artistiques. Elle aurait toutefois pu choisir une voie plus simple à emprunter, déjà balisée par ses parents ou par ses proches… Mais non : elle a décidé d’être galeriste, un métier extrêmement complexe au vu de la concurrence des foires et des mastodontes internationaux qui s’installent dans toutes les grandes capitales. Qu’à cela ne tienne, elle arpentera des chemins de traverse, « car c’est important de se distinguer des galeries traditionnelles« . Déjà, en n’ayant pas d’espace fixe… Mais en volant de collaboration en collaboration, de lieu en lieu, pour faire montre à la fois de son adaptation à l’agenda artistique et à toutes sortes de décors, l’art contemporain ne se rassasiant plus des simples white cubes du Marais et de Saint-Germain. Et si, pour son exposition inaugurale, elle a fait le choix d’une galerie dans la très classique rue Saint-Claude (il fallait bien aller à la rencontre des collectionneurs, venus à Paris pour la FIAC, là où ils se trouvaient !), elle s’était déjà entraînée en organisant une jolie expo chez un fleuriste au printemps, présentant les œuvres au beau milieu des feuilles et des pétales. Classe.

Un appétit de projets

© Quentin Chevrier

 

Actuellement, donc, vous pouvez rencontrer Béatrice Masi et sa Spaceless Gallery au 7, rue Saint-Claude, à deux pas des géants Perrotin et Almine Rech. Jusqu’au 11 novembre, elle y réunit six artistes auxquels elle a demandé de s’inspirer du mot spaceless. Chacun explore ainsi à sa façon le thème du vide et de l’espace, que ce soit par des visions cosmiques ensorcelantes (Pandora Mond), des photographies sans date (Lara Porzak) ou un papier peint aux motifs hallucinatoires répétés à l’infini (Jayde Cardinalli). Prochainement, et toujours dans cette logique de collaborations multiples (Béatrice Masi répétant volontiers qu’elle n’a peur d’aucune alliance avec les entreprises, « du luxe » précise-t-elle toutefois), on la retrouvera dans un bel hôtel normand, puis cet été dans un hôtel arlésien à l’occasion des Rencontres d’Arles. Affaire à suivre (sur Instagram) !

 

Spaceless Gallery
7, rue Saint-Claude, Paris 3ème 
Du 8 octobre au 11 novembre 2019