Agenda des galeries : les expositions à voir en octobre

Chaque mois, À Nous Paris sélectionne cinq expositions à voir dans les galeries parisiennes. Art contemporain, photographie, peinture… Il y en a pour tous les goûts !

 

Claire Tabouret à la galerie Almine Rech

Peinture de Claire Tabouret exposée à la galerie Almine Rech
© Claire Tabouret, Orange Symbiosis, 2018

 

L’expression « succès fulgurant » revient régulièrement lorsque l’on évoque Claire Tabouret. Cette peintre française née en 1981 à Pertuis (Vaucluse), aujourd’hui expatriée aux États-Unis, s’est spécialisée dans de spectaculaires scènes figuratives, généralement habitées d’enfants. Le tout dans une palette chromatique allant du fluo violent au pastel pâlot. En quelques années à peine, cette recette picturale a réussi à se faufiler sur de prestigieuses cimaises et chez de célèbres collectionneurs (François Pinault pour ne citer que lui). On l’a par exemple vue au sein de la Collection Lambert d’Avignon cet été. Une autre belle exposition de rentrée s’ajoute à cet agenda chargé, au sein de la galerie Almine Rech. Intitulée I am crying because you are not crying, cette série de peintures inédites aux teintes toxiques représente des combats d’hommes et de jeunes garçons. Combats qui semblent parfois être des étreintes pleines de tendresse… Superbe, comme toujours.

I am crying because you are not crying
Jusqu’au 6 octobre 2018, 64 rue de Turenne, 3e

 

L’art du XVIIIe au féminin à la galerie Canesso

Peinture de La marquise de Grollier
© Elisabeth Louise Vigée Le Brun, La marquise de Grollier, née Charlotte Eustache Sophie de Fuligny Damas, 1788

 

Si la Révolution française n’avait pas eu lieu, de nombreuses artistes femmes, issues des hautes sphères de la société, auraient pu continuer ce qu’Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842) avait commencé. L’émergence de talents variés au sein des femmes nobles de la fin du XVIIIe siècle n’est plus à prouver : seule Vigée Le Brun est restée dans les mémoires. Ainsi, c’est son Portrait de la marquise de Grollier (1788), exposé entre les murs de la galerie Canesso, qui attire tous les regards. Une huile sur panneau, inédite dans le marché de l’art et remarquable de délicatesse, qui représente son amie en train de peindre. Le tableau est entouré de quatre œuvres de la marquise de Grollier, grande amatrice de natures mortes florales.

L’art au féminin
Jusqu’au 19 octobre 2018, 26 rue Laffitte, 9e

 

Fred Sandback à la galerie Marian Goodman

Installation de Fred Sandback à la galerie Marian Goodman
© Fred Sandback, Untitled (Corner Piece), 1967, corde élastique grise, 45.7 x 172.4 x 45.7 cm

 

A priori, le contenu entier de l’exposition pourrait tenir dans une boîte à chaussures. Pourtant, c’est tout l’espace de la galerie Marian Goodman qui est ici investi par l’artiste américain Fred Sandback (1943-2003). Représentant du minimalisme, l’homme a pour spécialité de tendre des fils entre les murs, ou entre le sol et le plafond, voire de les faire disparaître puis réapparaître sous la peinture immaculée des musées et des galeries. Quand on y regarde de plus près, un mystère émerge : mais comment fait-il pour faire passer ses fils dans les surfaces de plâtre et de béton, sans bouleverser l’espace entier ? Voilà le miracle de Fred Sandback : de simples lignes dans l’espace, et nous voici curieux, inquiets, tournant autour d’installations aussi légères que des plumes, levant le nez, nous accroupissant. L’ensemble est extrêmement stimulant, et poétique. Une claque.

Fred Sandback : Le Fil d’Occam 
Jusqu’au 27 octobre 2018, 79 rue du Temple, 3e

 

Jacques-Henri Lartigue à la galerie Polka

Photo de Jacques-Henri Lartigue à la galerie Polka
© Florette, place du Carlton, Cannes, 1956, Jacques Henri Lartigue © Ministère de la Culture – France / AAJHL, Courtesy Polka Galerie

 

Jacques-Henri Lartigue (1894-1986) n’était encore qu’un jeune garçon quand on lui a mis un appareil photo dans les mains. Résultat ? De très nombreuses images de la vie quotidienne du début du XXe siècle, prises frénétiquement par un enfant qui avait instinctivement tout compris de l’art photographique. Fasciné par le mouvement, Jacques-Henri photographie les voitures qui filent à toute allure devant lui, les jeunes femmes qui trébuchent… Mais aussi, tout simplement, les paysages qui l’entourent, les personnalités de sa famille, puis, plus tard, les femmes de sa vie, qui posent avec plus ou moins de naturel. La galerie Polka lui consacre une belle exposition intitulée Mémoire en couleurs, qui témoigne de sa passion pour… la couleur. Évident, lorsqu’on sait qu’il déclarait à qui voulait l’entendre : « J’ai toujours été peintre. C’est donc avec mon oeil de peintre que je vois tout. »

Mémoire en couleurs
Jusqu’au 27 octobre 2018, 12 rue Saint-Gilles, 3e

 

Raymond Hains à la galerie Max Hetzler

Installation de Raymond Hains à la galerie Max Hetzler
© Raymond Hains, Saffa | Seita, 1964

 

En 1964, l’artiste français Raymond Hains (1926-2005) décida de se moquer un peu du monde de l’art, et notamment du mouvement des Nouveaux Réalistes, en présentant chez la galeriste Iris Clert une série de boîtes d’allumettes géantes. Il inventa deux personnages, Saffa et Seita, tous deux artistes amateurs de représentations de boîtes d’allumettes. Le premier, italien, représentait systématiquement une marque italienne, et le deuxième, français, une marque française. L’idée ? Rire de ses comparses artistes, de leur façon de s’approprier certaines idées esthétiques comme s’ils en avaient le monopole (exemple : Yves Klein avec le bleu). Aujourd’hui exposées entre les murs de la galerie Max Hetzler, ces installations géantes ont perdu de leur mordant ironique mais pas de leur stature. Rappelant évidemment l’artiste américain Claes Oldenburg (qui grossit et gonfle des objets du quotidien), ces allumettes sont impromptues, étonnantes, et insufflent un brin de rêve façon années 60 dans le white cube de Max Hetzler.

Saffa | Seita
Jusqu’au 6 octobre 2018, 57, rue du Temple,  3e