Face-à-face inattendu

L’hiver – le vrai – est arrivé et les expositions où « il fait froid dehors » sont dans l’air du temps.

Après (dans une moindre mesure) les « Météores » de Christophe Jacrot à la Galerie de l’Europe et les Tropiques du Grand Nord au MAC, Maison des Arts de Créteil (jusqu’au 12 mars), voici les Destins dolganes de Nicolas Mingasson qui investissent le Musée de l’Homme. Ce photographe et journaliste dont le travail se porte majoritairement sur les populations rompues aux situations extrêmes a ainsi couvert de nombreux conflits dans diverses régions du monde, autant qu’il a été sensible au devenir des habitants de l’Arctique russe.

Fondateur de l’Observatoire Photographique des Pôles, il est ainsi à plusieurs reprises parti à la rencontre de ces hommes et ces femmes encore parfois nomades et isolés. Ainsi en est-il de ces Dolganes de la région peu explorée du Nord Taïmyr, partagés entre les quelques familles qui continuent à vivre au rythme de la transhumance des rennes, tandis que les plus jeunes, presque occidentalisés, rêvent de partir vers le sud. Issus d’une série de portraits filmés, les clichés de cette exposition (soixante-dix au total) sont parfois présentés en grand format pour provoquer un réel face-à-face avec les visiteurs. De quoi nous interroger, comme nous y incite le Musée de l’Homme, sur nos différences culturelles à l’heure où plus aucune région du monde n’échappe à la modernité.