Felicity Jones : portée par la Force

Peu connue il y a quelques mois, l’actrice britannique a enchaîné The Amazing Spider-Man, Une merveilleuse histoire du temps, Inferno, Quelques minutes après minuit, qui sort prochainement, et cette semaine Rogue One : A Star Wars Story. À n’en point douter, une star est née.

Comment on se sent quand on apprend qu’on va être l’héroïne d’une franchise aussi importante que Star Wars ?

Felicity Jones : Excitée, nerveuse et assez angoissée à l’idée de devoir suivre un entraînement physique intensif pour pouvoir être crédible dans le rôle de Jyn Erso. Quand mon agent me l’a proposé, j’avais déjà entendu parler de ce nouveau Star Wars et de cet incroyable rôle féminin. J’ai accepté immédiatement. Ensuite, j’ai rencontré le réalisateur, Gareth Edwards, dont j’avais beaucoup aimé le travail sur Monsters, son premier film de science-fiction indépendant. On a eu le même point de vue sur la façon d’aborder le rôle, sur la possibilité d’improviser, sur le côté naturel, l’envie de s’inspirer de L’Empire contre-attaque. Parfois, tout semble bien matcher et les choses se font naturellement.

 

D’ailleurs, Gareth Edwards a dit qu’il s’était inspiré d’Alejandro González Iñárritu, le réalisateur de The Revenant, pour le côté réaliste.

Je crois qu’on est dans une période où on est noyés sous les effets spéciaux et on perd un peu de l’empathie lorsqu’on va au cinéma. Je trouve que c’est important – et pas seulement au cinéma – de ramener un peu d’authenticité dans les choses. Ici, les Stormtroopers ne sont pas d’un blanc immaculé, ils ont des égratignures et vivent des moments difficiles. Sur les gros films, on peut avoir tendance à être déprécié en tant qu’acteur, et là, c’était bien d’être dirigé par un réalisateur qui voulait capter votre fraîcheur, qui vous disait : « Essaye encore. Fais confiance à ton instinct. Ne te sens pas obligé de faire ça ».

 

Que pouvez-vous dévoiler sur votre personnage, à part le fait qu’elle rejoint les rebelles pour tenter de dérober les plans de l’Étoile de la Mort ?

Jyn a l’art de se fourrer dans des situations qu’elle n’avait pas prévues. Comme la plupart des rebelles, elle a eu des problèmes dans le passé et une vie pas facile, et ils s’unissent pour une cause commune. Elle est complexe, et c’est ce qui m’a plu dans ce rôle. Elle est déterminée dans ce qu’elle fait, mais elle sait aussi se remettre en question. Car elle est très humaine et a beaucoup d’affection pour les gens autour d’elle.

 

C’est difficile de quitter un rôle comme celui-là en rentrant chez soi ?

Quand j’interprète un personnage, c’est toujours difficile pour mon entourage, parce qu’il y a toujours des bribes qui remontent à la surface. Et Jyn a un peu tendance à prendre le pas sur Felicity (rires). J’ai eu envie d’être comme elle, car elle est vraiment cool.

 

Dans le film, vous formez un duo avec Diego Luna. Votre personnage va-t-il avoir une histoire d’amour avec lui ?

Euh… peut-être, mais vous devrez attendre pour le savoir. En tout cas, il y a une forme de connexion entre eux. C’est aussi pour ça que les gens aiment Star Wars, pour les relations fortes qui unissent les personnages. Quand on voit dans la suite, Star Wars VII : Le Réveil de la Force, comment la relation entre Harrison Ford et Carrie Fisher s’est développée, on comprend qu’il y a évidemment toujours autant d’affection entre les deux. Donc oui, il y aura des moments plus tendres dans Rogue One.

 

On voit que vous êtes encore tenue au secret. C’est difficile à gérer, ça ?

Un peu. On a l’impression d’être une espèce d’espion qui détient un lourd secret. Votre famille ou vos amis vous demandent si votre journée s’est bien passée, et vous répondez seulement : « Yep ! » — « Tu peux me dire ce que tu as fait ? » — « Non ». C’est assez dur, car vous êtes totalement excitée, vous avez envie de le raconter à tout le monde, et vous ne pouvez absolument rien dire.

 

Comment est l’ambiance sur un tel plateau de tournage ?

C’est très intense. On était très concentrés. Tous les acteurs parlaint entre de la façon de jouer telle scène, et tout d’un coup on levait les yeux, et il y avait un singe géant en train de grignoter une barre de céréales, ou un Stormtrooper qui buvait un latte. C’est un peu comme si un monde enchanté prenait vie. Et en fin de journée, quand tout le monde était fatigué, ça remontait le moral de voir une bête avec plein de tentacules s’asseoir à côté de vous (rires). C’était magique !

 

Est-ce qu’à un moment vous vous êtes dit : « Whaou ! Je suis dans Star Wars » ?

À peu près tous les jours, vu que tout autour de moi était Star Wars dans les moindres détails. Par exemple, quand on était dans un vaisseau, on pouvait presser n’importe quel bouton, il y avait une lumière qui s’allumait ou un truc qui bouge. C’est vraiment fun quand vous pilotez et que tout se met vraiment à bouger. En tant qu’acteur, vous vous devez de donner le meilleur de vous-même face à un tel degré de réalisme.

 

On sait que vous allez prononcer la fameuse phrase : « Que la force soit avec nous ». Quel effet ça fait de dire ça ?

Ça fait partie de ces répliques mythiques comme « Être ou ne pas être ». Vous n’avez pas intérêt à vous planter en la disant, sinon vous avez l’air vraiment ridicule. À vrai dire, j’ai passé pas mal de temps devant mon miroir à la répéter toute seule, encore et encore, en essayant plusieurs poses. Et puis sur le tournage, je me suis laissée porter… par la force (rires).

 

Est-ce que vous avez rencontré des acteurs des autres Star Wars ?

Oui. Mark Hamill est venu sur le tournage. Il a été une grande source d’inspiration.

 

Il vous a donné des conseils ?

Il nous a dit que maintenant que nous étions montés dans les montagnes russes, il fallait en profiter et nous amuser.

 

Il y a des poupées à l’effigie de votre personnage. Ça fait quoi de se voir en jouet ?

Mon petit neveu était avec moi à la présentation des jouets Star Wars, et à un moment, il a mis ma tête dans sa bouche (rires). Bon, heureusement, il n’a qu’un an et demi.

 

Un mot de conclusion ?

Je pense que ce qui est beau dans Star Wars, c’est que ça parle à tout le monde. Vous pouvez le montrer à un enfant de 7 ans ou à un homme de 70 ans. Je n’ai pas tout vu de Rogue One, mais d’après les scènes que j’ai tournées, je trouve qu’il y a beaucoup d’humanité dans ce nouveau film. Et j’espère que les gens entreront dans l’univers de ces personnages et seront touchés par eux.

 

Rogue One: A Star Wars Story, de Gareth Edwards, avec Felicity Jones, Diego Luna, et Ben Mendelsohn. Science-fiction. Sortie le 14 décembre.