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Festival d’automne 2019 : notre sélection

Égypte, Corée, Portugal, Taïwan, Chypre… Voilà presque 50 ans (48 pour être précis) que le Festival d’Automne offre à des artistes du monde entier une scène pour s’exprimer, partager leur regard et interrogations sur le monde. La 48ème édition de ce festival fleuve étiré sur quatre mois ne déroge pas à la règle avec une programmation européenne et internationale pointue et éclectique, « fruit de regards croisés et de cultures plurielles » comme le souhaitait son directeur Emmanuel Demarcy-Mota. Pour vous aider à faire votre choix dans cette programmation pléthorique, nous avons sélectionné quelques spectacles, mois par mois, du 10 septembre au 31 décembre. 

À voir en septembre

festival d'automne 2019
Milo Rau, »Oreste à Mossoul » © Fred Debrock

Oreste à Mossoul de Milo Rau

Inventer une Orestie d’aujourd’hui, avec les préoccupations et les interrogations qui éprouvent notre réalité. Le metteur en scène et directeur du NTGent Milo Rau s’empare de la tragédie d’Eschyle pour la glisser dans les décors détruits des villes de Mossoul et de Sinjar, au nord de l’Irak. En documentant le réel et en se rendant plusieurs fois sur place avec son équipe de comédiens, il invente un théâtre d’investigation.

Oreste à Mossoul de Milo Rau du 10 au 14 septembre aux Amandiers-Nanterre

festival d'automne 2019
Gisèle Vienne, « Crowd » © Estelle Hanania

Crowd de Gisèle Vienne du 25 au 28 septembre au Centre Pompidou

Pièce de danse contemporaine essentielle, Crowd réunit sur le plateau du Centre Pompidou une quinzaine de danseurs le temps d’une fête improvisée. Une chorégraphie polyphonique traversée par un DJ set de musique électro signée Peter Rehberg. Pour Gisèle Vienne, Crowd  exprime « la façon dont une communauté spécifique peut gérer (ou non) l’expression de la violence ». Inspirée par le Sacre du printemps, la chorégraphe déroule une rave euphorique où violence et désir cohabitent.

Crowd de Gisèle Vienne du 25 au 28 septembre au Centre Pompidou

À voir en octobre

festival d'automne 2019
Robert Wilson, « Jungle Book » © Lucie Jansch

• Jungle Book d’après « The Jungle Book » de Rudyard Kipling par Robert Wilson et CocoRosie du 6 octobre au 8 novembre au 13ème art

Difficile de ne pas reconnaître l’esthétique bleutée des spectacles de Robert Wilson. Des œuvres théâtrales et poétiques que l’on retrouve fréquemment programmées au Festival d’Automne. Après Peter Pan, le metteur en scène et plasticien américain s’est de nouveau entouré du duo musical CocoRosie pour son adaptation du Livre de la jungle. Un spectacle jeune public qui devrait séduire un large public.

Jungle Book d’après « The Jungle Book » de Rudyard Kipling par Robert Wilson et CocoRosie  du 6 octobre au 8 novembre au 13ème art 

 

festival d'automne 2019
La Ribot, « Laughing Hole » (2006), Galeria Soledad Lorenzo, Madrid, 2007 © Oronoz

• Laughing Hole de La Ribot

Impossible de passer outre le magnifique focus du Festival d’Automne sur Maria Ribot alias La Ribot. Performeuse, danseuse et chorégraphe suisso-espagnole, La Ribot est un véritable OVNI. Influencée par l’histoire du théâtre et des arts visuels, ses chorégraphies se sont souvent affranchies des normes sociétales, investissant des lieux tels que des musées ou des galeries. Pour Laughing Hole, spectacle créé en 2006, la chorégraphe a mis en scène trois interprètes et des centaines de pancartes. Dans un rire nerveux constant, les cartons « brutal killing », « my terror », « sales here » s’affichent sur les murs du décor. Une performance cynique et brutale dédiée au traitement médiatique des tortures qui ont eu lieu à Guantanamo.

Laughing Hole de La Ribot le 5 octobre au CND – Pantin

À voir en novembre

festival d'automne 2019
Fanny De Chaillé, « Désordre du discours » © Marc Domage

• Désordre du discours d’après « L’Ordre du discours » de Michel Foucault de Fanny de Chaillé

Le 2 décembre 1970, Michel Foucault prononce sa leçon inaugurale au Collège de France, où il deviendra jusqu’en 1984 professeur d’Histoire des systèmes de pensée. Des cours dans lesquels il aborda des thématiques telles que la guerre, la biopolitique, le pouvoir politique. Avec Désordre du discours, Fanny de Chaillé met en scène Guillaume Bailliart derrière un bureau dans un amphithéâtre, alors que le théâtre s’articule autour d’un discours réel dans un décor inventé. Ici tout est inversé. Le décor est réel et le discours fictif. Son idée derrière cette performance d’une heure, « Partir de L’ordre du discours et redonner du corps à ce texte. »

Désordre du discours d’après « L’Ordre du discours » de Michel Foucault de Fanny de Chaillé, le 4 novembre à l’université Paris 8, les 6 et 7 novembre à l’université de Nanterre, le 8 novembre aux Beaux-Arts et les 10 et 11 décembre à la Sorbonne. 

festival d'automne 2019
Romeo Castellucci, « La Vita Nuova » © Veerle Vercauteren

• La Vita Nuova de Roméo Castellucci

Habitué du Festival d’Automne, Roméo Castellucci présente cette année La Vita Nuova, une courte performance inspirée de « L’esprit de l’utopie » du philosophe allemand Ernst Bloch. Dans un parking souterrain peuplé de voitures, plusieurs hommes vêtus d’aubes blanches de prêtres se sont donnés rendez-vous. Certaines automobiles sont recouvertes de bâches, d’autres gisent sur le sol les roues en l’air… Un décor apocalyptique dans lequel aura lieu une messe ou une forme de rituel métaphorique où l’on renversera des voitures pour parler de révolte. Comme souvent chez Castellucci, la vérité est ailleurs.

La Vita Nuova de Roméo Castellucci  du 19 au 24 novembre à la Grande Halle de la Villette 

À voir en décembre

festival d'automne 2019
Stefan Kaegi/Rimini Protokoll, « GRANMA. Les trombones de La Havane » © Doro Tuch

 

• GRANMA. Les trombones de La Havane de Stefan Kaegi et Rimini Protokoll

En France, on apprécie le collectif théâtral Rimini Protokoll pour ses géniaux spectacles interactifs tels que Situations rooms ou Remote. Granma, Les trombones de La Havane n’est pourtant pas taillé dans le même bois. Ici, ce ne sont pas les spectateurs qui sont au cœur de l’action théâtrale, mais quatre jeunes Cubains, petits-fils et filles de la révolution. Une historienne, une musicienne, un informaticien et un mathématicien. Ensemble, ils évoquent les souvenirs de leurs aïeuls pour raconter, en musique, en paroles et en vidéos l’histoire de Cuba et leur futur sur l’île.

GRANMA. Les trombones de La Havane de Stefan Kaegi et Rimini Protokoll du 4 au 8 décembre au théâtre de la Commune à Aubervilliers 

festival d'automne 2019
Julie Deliquet © Samuel Kirszenbaum

• Un conte de Noël de Julie Deliquet

Alors que les fêtes de fin d’année approchent, la metteur en scène Julie Deliquet, accompagnée de son collectif In Vitro, reprend le célèbre film d’Arnaud Desplechin « Un Conte de Noël ». Une réunion de famille rongée par les non-dits, les jalousies et les vérités. Au scénario de Desplechin, Julie Deliquet a injecté quelques doses du Roi Lear et du Songe d’une nuit d’été.  Raconté en bi-frontal, spectateurs tout autour de la scène, ce conte de noël shakespearien saura parler à tous les membres de la famille.

Un Conte de Noël de Julie Deliquet du 6 décembre au 2 février à l’EMC, la Ferme du Buisson, la Scène Watteau et à l’Odéon


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