Films : notre sélection pour une journée marathon

Parfois, on a juste envie de lancer un film. Puis un autre, puis encore un autre. À la suite. De se plonger des heures durant dans des mondes qui ne sont pas le nôtre quand le moral n’y est pas, que le canapé est plus fort qu’une balade dans le parc ou par procrastination sur notre to-do. Confinement ou non, ces envies de dévorer l’écran nous prennent régulièrement. 

Que regarder, alors ? Les diptyques, trilogies, sagas et franchises s’y prêtent bien, forcément. Et même si c’est toujours un plaisir de regarder plusieurs volets d’Harry Potter, Star Wars ou Alien, on a envie de changement. La consigne ici ? Regarder bout à bout les trois films proposés qui, bien que ne faisant pas partie d’un ensemble, ont au moins un point commun : l’amour. Ses variations et ses complexités, les défis qu’il impose à ses personnages. Trois films pour se réchauffer le coeur, seul ou à deux, en ces temps de confinement. 

Her, de Spike Jonze (2013)

© Wild Bunch Distribution

L’amour à l’ère du numérique, des discussions par écrans interposés et de la séduction en pixels : dans Her, grande histoire d’amour 3.0, Spike Jonze réchauffe (puis brise, puis réchauffe) nos coeurs à chaque visionnage, en grande partie grâce à l’interprétation de Joaquin Phoenix, écrivain sensible et inconsolable suite à son divorce. Regard perdu, moustache attachante, couleurs pastel, il traîne son mal-être jusqu’à tomber amoureux de Samantha (incarnée par la voix de Scarlett Johansson), une intelligence artificielle si performante qu’elle se sent rapidement à l’étroit dans sa condition. Mélancolique et très juste sur les relations amoureuses et humaines, Her est un bonbon d’une grande douceur.

Disponible sur les plateformes de VOD.

Lost In Translation, de Sofia Coppola (2003)

© Focus Features

 

Un Bill Murray fatigué, désabusé, perdu, venu à Tokyo pour y tourner une pub pour une marque de whisky japonaise, erre, s’ennui, ne sait comment occuper ses journées et ne comprend rien à ce qu’on lui dit. Il ne parle pas japonais, les Japonais qu’il croise ne parlent pas anglais et il n’a pas d’interprète. Il séjourne au Hyatt Park, un hôtel de luxe où il fait la rencontre de Charlotte (Scarlett Johansson), petite amie d’un photographe qui elle aussi, livrée à elle-même, s’ennuie. Ils sont les seuls à se comprendre : une amitié douce, bienveillante et attachante, née naturellement entre eux. Une amitié d’une grande tendresse, pleine de petits gestes d’affection l’un envers l’autre. Tout au long du film, un amour non pas platonique mais à demi-mot, retenu, se développe, jusqu’au final le plus frustrant de ces dix dernières années – que l’on taira, évidemment. 

Disponible sur les plateformes de VOD.

Two Lovers, de James Gray (2008)

© Wild Bunch Distribution

 

Triangle amoureux, choix cornélien du coeur ou de la raison : quand on est amoureux ou épris de deux personnes, qui choisir ? Leonard, incarné par Joaquin Phoenix, est dans cette situation. Il doit choisir entre Sandra (Vinessa Shaw), la femme que ses parents, juifs new-yorkais traditionnels, lui ont mis sous le nez et Michelle, sa nouvelle voisine (Gwyneth Paltrow). Une brune et une blonde. La raison, la douceur, le terre-à-terre et la folie, la beauté, la passion. Dans cette fresque amoureuse où l’on peut voir une des plus belles scènes de discothèque sur pellicule, l’appétit d’amour et d’envie de Leonard se heurtent à la réalité, aux choix. Un mélo d’une élégance rare.

Disponible sur les plateformes de VOD.