Grand 8 à La Réserve Malakoff

Jusqu’au 31 octobre 2016, La Réserve Malakoff, terrain de jeu artistique dans un hangar désaffecté, présente Le Grand 8, exposition éphémère consacrée au Street Art. Pour apprécier cette exposition inédite, il vous faudra vous rendre au bout de la ligne 13 afin d’expérimenter ce « parc d’attractions » d’un genre nouveau.

Ce projet d’exposition a vu le jour par la rencontre entre Jean-Marc Vibert, maître d’oeuvre, entrepreneur passionné d’art et Hadrien Bernard, Anis de son nom d’artiste peintre. Au duo d’origine s’est associée Hanna Ouaziz, membre d’Inzouk Assoc, avec qui Hadrien décide de créer le Grand 8 et de faire de ce hangar une réserve de street art, un lieu d’art, de liberté et de fêtes.

L’idée émerge il y a un an et entre temps, le projet séduit de nombreux artistes qui vont alors y prendre part. Une cinquantaine répond aujourd’hui à l’appel. En juin 2016 et trente installations plus tard, le Grand 8 se dévoile au public. L’ampleur du projet n’est pas à prendre à la légère : un hangar, dans une rue de Malakoff et 2000m2 tout en poutrelles, en verrières, ciment, béton et néons. 
 


© La Réserve Malakoff

Pendant six mois, la Réserve Malakoff devient donc un espace éphémère d’exposition, d’événements, de création en perpétuel mouvement, de performances et de jeux.
Premiers pas dans le hangar. Tout en bois, un exo-squelette prend la forme du symbole de l’infini, le Grand 8. Ses os, sa chair et son âme : c’est par le talent d’une cinquantaine de street artistes que cette grande attraction prend corps. Des tempéraments artistiques bien trempés et toujours explosifs qui s’unissent pour ne former qu’une seule et même oeuvre gigantesque (50m de long x 20m de large sur 1000m2).
On passe en finesse des visages tridimensionnels de Shaka à l’origami très délicate de Mademoiselle Maurice, et en transitant par l’intestin géant de Nosbe, on arpente les forêts insolites d’Anis, avant de se perdre dans le zoo de Mosko. Au passage, le spectateur croise les saints lumineux de 7 mètres de haut du bien allumé JBC ou se laisse embarquer par le manège d’Anti.


© Shaka, Ondes.

De manière continue et infinie, le spectateur est immergé d’un univers à l’autre. Un lieu intérieur/extérieur très accessible, en constante révolution, où tout est imaginable et  transformable. Savant mix entre friche industrielle, street art et guinguette, tout concourt pour faire de la Réserve Malakoff un nouveau lieu pour l’underground francilien.

Au delà de l’exposition in situ, La Réserve propose un parcours “hors les murs”, une rencontre aux confins de l’art urbain. Cette initiative par du constat que le street art émerge comme une pratique décriée, interdite et donc subversive. Désormais solidement ancré dans le paysage culturel, il est parvenu à créer le parfait trait d’union entre art populaire et monde artistique contemporain. C’est de là que l’idée d’un parcours émerge pour reprendre possession de la ville.


© Mademoiselle Maurice, La Forêt Chamanique

Du nord au sud et d’est en ouest, du grand pignon d’immeuble au mur d’enceinte d’un petit pavillon, les murs et quartiers de Malakoff vont s’habiller de poésie, d’humanité et de couleurs. Habitations privées, bâtiments communaux ou associatifs, immeubles d’habitat social, le projet associe nombre de forces vives de la ville. À travers toute la ville se crée un parcours cohérent et ludique qui emmène les promeneurs guidés par un plan. Bombes aérosol, pochoirs, collages, fresques ou graffitis, les artistes interviennent ici dans la plus pure tradition artistique du courant street art. La durée dans le temps de chacune de ces oeuvres répondra aux lois naturelles du street art entre le très éphémère (collages) et le durable (fresque sur tout un pignon de mur). 


© Hervé Photograff