Greta Gerwig : So Great !

L’actrice, scénariste, réalisatrice, sorte de Woody Allen au féminin et égérie du film indépendant américain, est à l’affiche la semaine prochaine de Maggie a un plan. Une comédie sur une trentenaire voulant un enfant, qui sied parfaitement à l’actrice, symbole de la célibattante joyeusement névrosée. Interview New York touch !

Pourquoi avez-vous accepté ce film ?

Greta Gerwig : Parce que j’aime beaucoup le travail de Rebecca Miller (ndlr, The Ballad of Jack and Rose, Les Vies privées de Pippa Lee). J’ai dévoré le scénario. À un moment, il y a un gap de trois ans, et on retrouve mon personnage avec des enfants. Je me suis dit : “Waouh, mais qu’est-ce qu’il va arriver maintenant ?” J’adore ces moments qui m’offrent du travail et qui en plus sont excitants.

 

Êtes-vous “pure et innocente” comme Maggie dans le film ?

Oh non ! Je suis un peu plus névrosée que Maggie, plus en proie au doute et à la culpabilité. Ce que j’aime chez elle, c’est qu’il n’y a aucune hésitation entre ce qu’elle ressent et ses actes. Et je pense que c’est une incroyable qualité. J’aimerais être un peu plus comme ça.

 

Avez-vous conscience d’être une sorte de chef de file de ce mouvement de films indé qu’on appelle Mumblecore ou encore Slackavetes ?

Je trouve ça assez flatteur qu’on m’associe à ce genre de films. Mais je n’y fais pas vraiment attention. Je travaille avec les gens que j’aime et que j’admire. J’écris les films que j’ai envie d’écrire, et si je joue dedans, j’essaie de faire au mieux, mais ce n’est pas quelque chose que je maîtrise. C’est gentil, mais je m’efforce juste de rester concentrée sur mon travail.

 

Pourquoi faites-vous autant de films indépendants ?

Je crois que c’est un échange de bons procédés. On me choisit autant que je les choisis.

 

Vous n’êtes pas attirée par Hollywood ?

Parfois, j’ai envie de faire certaines choses, mais je ne me bats pas vraiment pour qu’on pense à moi. Je veux dire, je ne vis pas à Los Angeles. Je vis à New York et je ne vois pas trop circuler les projets.

 

Qu’est-ce qu’on vous dit quand on vous reconnaît dans la rue ?

La plupart du temps, ce sont des filles qui viennent me voir et qui me disent : « Je suis Frances Ha ! Ma meilleure amie et moi, nous sommes Frances Ha ! ». J’aime ça, parce qu’elles sont tellement mignonnes, surtout quand elles ont une vingtaine d’années.

 

Il faut dire que ce film, Frances Ha, est culte.

Merci. C’est très touchant, parce que c’est un film dans lequel j’ai mis énormément de mon cœur. Les gens ont beaucoup aimé. Pour moi, ça fait partie des films qui, en les faisant, vous font vous sentir moins seule. En les regardant, les spectateurs se disent : « Mon Dieu, quelqu’un d’autre sait ce que je ressens. Ils ont fait ce film pour moi ! ».

 

Êtes-vous la Woody Allen au féminin ?

Je ne pense pas, mais j’adore Woody Allen. Son cinéma est une des raisons pour lesquelles j’ai déménagé à New York. Je pense que ses films ont vraiment forgé ce que j’avais envie de raconter dans les miens. Il en a fait de tellement bons. C’est difficile de faire un seul bon film, et lui il en a sept, au moins, dans le top 10.

 

Comment avez-vous réagi quand vous avez appris que vous alliez jouer pour lui dans To Rome with Love ?

J’étais très excitée, mais c’est aussi très étrange de travailler avec son idole, parce que celle-ci est un humain. C’est comme si un jour vous jouez avec Meryl Streep. Vous imaginez des néons qui clignotent au dessus d’elle : « C’est Meryl Streep ! ». « Tu travailles avec Meryl Streep ! ». « Meryl Streep vient de te donner la réplique. Réponds à Meryl Streep ! ». Ça doit être difficile de se concentrer (rires).

 

Maggie a un plan, de Rebecca Miller, avec Greta Gerwig, Ethan Hawke et Julianne Moore. Comédie dramatique. Sortie le 27 avril.