On a rencontré Fary pour parler de son nouveau spectacle Hexagone

A seulement 27 ans, après un premier spectacle Fary is the new black qui a rencontré un énorme succès en salles et sur Netflix, l’humoriste Fary présente son deuxième spectacle Hexagone le 1e mars 2019 dans une salle mythique : l’AccorHotels Arena. A trois semaines de cette date exceptionnelle, nous avons rencontré l’humoriste Fary chez Mon Coco à République, un endroit qu’il affectionne tout particulièrement. Nous l’avons interrogé sur son état d’esprit à l’approche de cette date fatidique.

 

fary
© Julien Weber

Fary, le compte à rebours a commencé. Nous sommes à 23 jours de la représentation de ton nouveau spectacle Hexagone à l’AccorHotels Arena le 1e mars prochain. Comment te prépares-tu à une telle échéance ?

Ah la pression avec le compte à rebours (rires) ! Je ne me prépare pas ! J’ai le sentiment que moins je vais en faire un événement et meilleur je vais être. Dans les faits, je me prépare un peu car on rajoute des blagues, ou on enlève des vannes et je me rôde en tournée et ça me rassure. J’étais dernièrement dans le sud de la France à Montpellier, à Marseille et à Nice. Le défi est de faire de Bercy une salle normale alors que nous serons dans une configuration circulaire à 360° où je serai au centre entouré de 14 700 personnes, ce qui est énorme !

 

Quelles seront tes premières parties pour chauffer cette immense salle ?

Il y aura mes camarades de toujours : Fadily Camara, Jason Brokerss, Leni M’bunga et Ahmed Sparrow. Ce sont des potes de longue date, on se connaît tous bien avant le Jamel Comedy Club, même si c’est un peu notre point commun, le passage obligé en tant qu’humoristes de la même génération. Leni, c’est le premier humoriste que j’ai rencontré quand j’avais 17 ans quand je suis arrivé à Paris, donc ça date. Jason et Ahmed,  je les ai rencontrés au Paname Art café . Ils vont tous chauffer la salle avant mon arrivée sur scène pour mon one-man show qui durera 1 heure 40.

 

Hexagone est ton deuxième spectacle, que tu as déjà joué d’octobre à décembre au Comédia à Paris. Comment sens-tu ton public depuis Fary is the new black  ? A-t-il changé ?

Mon public est toujours au rendez-vous. Mais je constate qu’il s’est élargi. Mon premier spectacle était très parisien, et c’était surtout les jeunes qui venaient me voir sur scène. Là, avec Hexagone, on voit quelques têtes grisonnantes dans le public. Ce sont des « vrais » adultes qui viennent, des gens qui m’ont découvert en lisant Le Figaro, Le Monde, Libération ou m’ont entendu sur France Inter dans l’émission Boomerang d’Augustin Trapenard ou encore qui m’ont vu à la télé dans Clique l’émission de Mouloud Achour, ou chez Ruquier dans On n’est pas couchés ! Hexagone réunit tous les âges et tous les niveaux sociaux.

 

Quels sont les artistes qui t’influencent dans ta carrière ?

Kerry James m’a beaucoup influencé au début de ma carrière dans son rapport à la langue française. Stromae aussi pour sa plume. C’est pour moi l’artiste francophone par excellence. Et pour les humoristes en tout premier lieu je dirais sans hésiter Elie Kakou. Je l’ai découvert en regardant la chaîne Comédie. J’ai fait deux salles iconiques dans les traces d’Elie Kakou : le Cirque d’Hiver et le Point Virgule. C’était un clin d’œil important pour moi. Sinon Pierre Desproges, Gad Elmaleh et Gaspard Proust ont beaucoup influencé ce que je voulais faire.

affiche du spectacle de fary
Affiche du spectacle Hexagone.

 

Revenons sur le titre du spectacle Hexagone, c’est un clin d’œil à la chanson de Renaud. Et puisqu’on parle musique justement, tu écoutes quoi en ce moment ?

J’écoute beaucoup de musiques hip-hop, du ragga, de l’afrobeat… Et fait plutôt récent, j’écoute aussi beaucoup de rap français comme Josman, Luidji, Hamza, Tito Prince et Damso. J’écoute aussi beaucoup de piano, (il regarde dans son téléphone), j’ai aussi la BO de Lalaland, j’adore la bossa nova, j’ai tout une playlist sur la musique brésilienne, et je finis mon spectacle avec Petit pays de Césaria Evora.

 

Hexagone, c’est aussi une forme géométrique qui ressemble à la France, pourquoi ce choix de titre ?

Hexagone car c’est un spectacle qui parle bien évidemment de la France. C’était effectivement un hommage à la chanson de Renaud qui est un personnage assez emblématique du milieu populaire, qui a pu critiqué la France avec autant de violence et de véhémence que peuvent le faire les rappeurs aujourd’hui. Renaud était révolté, je ne le suis pas vraiment. Hexagone est ma déclaration d’amour à la France. Mon paradoxe c’est d’être né ici…

 

L’affiche de ce nouveau spectacle est à la fois sobre et élégante, en noir et blanc, on dirait presque une publicité de luxe. Pourquoi ce choix de visuel ?

Je voulais quelque chose de très épuré. Je voulais transmettre l’idée de l’élégance à la française.

 

Justement, tu es une personne très élégante par tes mots et par ton look très étudié. Tu aimes visiblement cultiver cette image de dandy. Pourquoi la sape et ton image sont si importantes ?

Mes vêtements camouflent peut-être un manque de confiance en moi. J’ai toujours voulu qu’on dise de moi que j’étais un dandy. Un homme chic. Enfant, je voulais être pilote d’avion. Je pense que j’étais autant fasciné par l’idée de piloter cet engin que par le costume du pilote !

 

Pari gagné pour un rasta, tu es un dandy aux dreadlocks. D’ailleurs est-ce que ton prénom Fary vient du rastafarisme ?

Oui, mon père était rasta, et il m’a effectivement appelé Fary en hommage au rastafarisme. Je partage les mêmes valeurs de sérénité et d’apaisement, le rapport à la nature, aux animaux et à l’alimentation que les adeptes de cette philosophie. Je suis globalement peace sans consommer de drogues et sans ce rapport à Babylone.

 

Comment travailles-tu quand tu es dans une phase d’écriture ?

Je note énormément de choses dans mon téléphone. Je fais des tests devant un public réduit dans des petites salles comme les comedy clubs pour voir comment il réagit. Et ensuite je retravaille avec mon metteur en scène. Je n’ai pas un rapport de labeur à mon travail, j’essaie toujours de prendre du plaisir malgré les difficultés du métier qui n’est pas tous les jours facile. J’essaie de me remettre quotidiennement en question et rendre obsolète très vite ce que je crois être très bon dans mon travail. Il faut sans cesse se renouveler, être là où les gens ne nous attendent pas, ce qui suppose parfois prendre des risques.

Je travaille toujours autour d’une thématique. J’ai déjà en tête précisément mon prochain spectacle : il parlera d’amour, de couples et des femmes. C’est un sujet pas facile et c’est justement ce qui m’intéresse. L’amour est un thème que l’on dit redondant mais moi j’ai encore des choses à dire sur ce sujet. Après mon troisième spectacle, je pense que je prendrai une longue pause, car il est important de vivre des choses pour avoir des choses à dire !


AccorHôtels Arena
8 boulevard de Bercy, 12e
Tarifs de 27 à 61 euros selon les catégories