L’histoire du quartier de Charonne en 3 lieux emblématiques

Lieu de villégiature prisé de l’aristocratie parisienne grâce son air pur, le village de Charonne profite de son emplacement privilégié sur les collines pour y développer ses activités agricoles et distribuer ses marchandises dans la capitale toute proche. Rattaché à Paris depuis plus d’un siècle, le quartier de Charonne conserve encore aujourd’hui un air de village qui fait son charme.

 

L’église Saint-Germain de Charonne

Eglise Saint-Germain de Charonne
© La Tête en L’Air

 

Saint Germain aurait croisé la future patronne de Paris, Sainte Geneviève, sur les collines de Charonne. L’église fut édifiée à l’endroit supposé de cette sainte rencontre. Elle allie vestiges de l’édifice originel du 12e siècle à une architecture plus typique du 16e siècle, période de sa rénovation principale. Avant le rattachement en 1860 du village de Charonne à Paris par le baron Haussmann, elle était l’église du village dont la rue principale était la rue Blaise. Il subsiste uniquement deux cimetières paroissiaux à Paris : celui de l’église du Calvaire-de-Montmartre (ouvert uniquement le 1er novembre) et celui de l’église Saint-Germain de Charonne.

4 rue Saint-Blaise, 20e
M° Alexandre Dumas ou Gambetta

 

Les maisons de la rue de Bagnolet

maisons de la rue de Bagnolet
© La Tête en L’Air

 

L’ancienne commune de Charonne était autrefois un village agricole et viticole. Et cela en raison de la nature favorable de ses sols. On pouvait y voir les alignements de ceps couvrant les coteaux sur les collines de l’est parisien. Les deux édifices de la rue de Bagnolet sont les derniers vestiges de cette ancienne activité puisqu’elles étaient des maisons de vignerons. Très simples d’architecture, on les reconnaît grâce à leurs escaliers à double volée caractérisant un étage sur rez-de-chaussée. L’accès direct à la cave sous les escaliers permettait aux viticulteurs d’y stocker facilement leurs marchandises avant la vente.

134-136 rue de Bagnolet, 20e
M° Gambetta ou Porte de Bagnolet

 

Le pavillon de l’Ermitage

pavillon de l'Ermitage
© La Tête en L’Air

 

Le pavillon de l’Ermitage est le dernier vestige du Château de Bagnolet. Il fut construit par la Duchesse d’Orléans (femme de Philippe d’Orléans, régent de France pendant la minorité de Louis XV). Il s’élevait entre l’église Saint-Germain de Charonne et le cimetière du Père-Lachaise. Le pavillon, petite dépendance estivale, est construit en 1723. Il devient ensuite le quartier général d’un groupe de contre-révolutionnaires qui tentent de sauver Louis XVI lors de son exécution le 21 janvier 1793. Ils fomentent également un complot pour libérer Marie-Antoinette de la prison du Temple. Sans succès dans les deux cas ! Les 54 « conjurés de Charonne » seront d’ailleurs à leur tour guillotinés en juin 1794.

148 rue de Bagnolet, 20e
M° Gambetta ou Porte de Bagnolet