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L’histoire du quartier Saint-Georges en 3 lieux emblématiques

Le quartier de Saint-Georges est le centre névralgique de la Nouvelle-Athènes, secteur situé entre Pigalle et les églises de la Sainte-Trinité et Notre-Dame-de-Lorette. Construit au 19e siècle, ce triangle prend le contre-courant des bâtiments haussmanniens et tire son nom des nombreux édifices néoclassiques qui y sont construits. Haut-lieu des cercles artistiques et intellectuels, Saint-Georges conserve aujourd’hui encore quelques témoignages qui ont fait les grandes heures de ce quartier.

 

La place Saint-Georges et l’hôtel de la Païva

Place Saint-Georges
© La Tête en L’Air

 

La place, qui a conservé sa forme originelle propice à la circulation des fiacres et des calèches, possédait en son centre une fontaine servant à faire boire les chevaux. Elle fut remplacée par un buste de Paul Gavarni, célèbre caricaturiste, et par un bas-relief représentant le Carnaval de Paris, devenant le seul monument parisien qui évoque ce thème. Un étonnant hôtel particulier se dresse à proximité : l’hôtel de la Marquise de Païva. Cette demi-mondaine s’est élevée dans la société grâce à un mariage « à particule ». On devine son goût pour l’ostentatoire et le baroque dans le style du bâtiment, confirmé plus tard lors de la construction de son deuxième hôtel sur l’avenue des Champs-Elysées.

Place Saint-Georges et 28 place Saint-Georges, 9e
M° Saint-Georges

 

Le square d’Orléans

square d'Orléans dans le quartier Saint-Georges
© La Tête en L’Air

 

Le square d’Orléans est construit de la même manière que les cours londoniennes : quatre corps de bâtiments disposés autour d’une fontaine. Les colonnes classiques, elles, rappellent à la perfection le surnom donné au quartier. L’élégance du lieu attira la communauté artistique : George Sand et Frédéric Chopin, entre autres, y vécurent. En réponse au Roi Louis-Philippe qui organisa un bal costumé dans les Tuileries auquel aucun artiste ne fut convié, Alexandre Dumas Père, autre résident du lieu, créa son propre carnaval le 30 mars 1833 : il invita tous les artistes parisiens au square d’Orléans. Résultat : 700 convives fêtèrent Mardi Gras cette nuit-là. Cette soirée mémorable demeura dans les annales du quartier Saint-Georges !

80 rue Taitbout, 9e
M° Saint-Georges ou Notre-Dame-de-Lorette

 

L’église Notre-Dame-de-Lorette

Intérieur de l'église Notre Dame de Lorette dans le quartier Saint-Georges
© La Tête en L’Air

 

Avec son plafond richement décoré et les fresques murales peintes directement sur les murs, Notre-Dame-de-Lorette est l’église la plus colorée de Paris. L’intérieur rutilant jure totalement avec l’extérieur néoclassique très austère. A l’époque de sa construction en 1836, l’église est jugée très moderne. C’est un des premiers édifices religieux à utiliser l’éclairage au gaz. L’église a également donné son nom à quelques habitantes des rues avoisinantes. Lieu des plaisirs et des arts, le quartier est fréquenté par une clientèle aisée. Les femmes aux mœurs légères s’immisçaient dans les cercles aristocratiques et intellectuels pour séduire les bons partis. On les appelaient les « Lorettes ».

1 rue Fléchier, 9e
M° Notre-Dame-de-Lorette