Interview : Jason Statham, l’espion qui se marrait

Gros dur aux muscles saillants et aux coups de pied circulaires affûtés, Jason Statham, plutôt taiseux de nature, débarque la semaine prochaine dans la comédie d’espionnage Spy avec un rôle à contre-emploi. Celui d’un espion mythomane et bavard qui fait passer les paroles avant les actes.

Qu’y a-t-il d’autobiographique dans ce rôle d’agent secret à côté de la plaque qui ne cesse de ressasser ses exploits ?

Jason Statham : Rien ! Enfin, si, il y a beaucoup de choses qui renvoient à ma carrière. Quand mon personnage dit : « J’ai conduit une voiture sur un train », c’est quelque chose que j’ai dû faire moi-même dans Le Transporteur 1 ou 2. Ce type parle beaucoup, mais c’est amusant. Moi, je ne me suis jamais pris au sérieux. Je fais des films sérieux où mon sens de l’humour n’est jamais exploité, mais si vous revoyez mes films avec du second degré, vous les trouverez sans doute assez drôles.

Effectivement, dans ce film vous parlez tout le temps. Vous ne nous aviez pas habitués à ça.

On voulait créer de l’humour à partir de ce personnage qui passe son temps à se la raconter. Mais le fait est qu’il est très compétent. Ce n’est pas le genre de gars qui reste planqué. Ça, je ne l’aurais jamais joué ! Ce type est capable de faire la plupart des choses qu’il prétend avoir faites. Mais il se retrouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Il fait beaucoup d’erreurs, mais quand il n’en fait pas, il est très bon.

Est-ce qu’avec ce rôle plus comique vous avez eu envie de casser votre image ?

Je n’ai pas ressenti le besoin de faire ça. C’était une idée du réalisateur de créer cet espion en fin de carrière qui se remémore les exploits qu’il a accomplis et les rabâche à tout le monde. Je ne me suis pas dit : « J’ai absolument besoin de faire ça ! », ou « Je dois changer, il faut que je fasse ça ou ça, parce que j’aurais l’air plus drôle ». Je ne suis pas quelqu’un de calculateur. Je suis très heureux dans ce que je fais. Je joue dans ce qui se présente à moi et dans les films dans lesquels je me sens bien. J’ai fait un film qui s’appelle Braquage à l’anglaise qui est plutôt dramatique, et dans les films de Guy Ritchie, finalement, je n’ai pas eu de scènes d’action. On peut penser que je fais toujours la même chose, mais quand des gens viennent frapper à ma porte pour me proposer les Expendables, c’est difficile de dire non. Parce que je veux travailler avec Stallone et avec tous les héros des films d’action avec lesquels j’ai grandi. Et puis, vous ne pouvez pas faire autant de films que vous voulez en une seule année.

Ça vous arrive tout de même de dire non ?

Oh oui, ça arrive tout le temps. Je reçois tellement de propositions, bonnes ou mauvaises. J’essaie de ne retenir que les bonnes (rires). Mais il y a tellement de mauvais scénarios qui vous arrivent et qui veulent exploiter un seul aspect de ce que vous faites… C’est la malédiction des acteurs, ça, quand le public ne veut vous voir que dans un certain type de rôle.

Comment choisissez-vous vos rôles, alors ?

Les quatre éléments clefs sont : qui est le réalisateur ? À quoi ressemble le scénario ? Qui d’autre est dans le film ? Et de quel rôle s’agit-il ? Ensuite, il faut voir si on a affaire à de bons producteurs et combien d’argent ils ont. C’est important pour pouvoir donner du rythme au film. Mais ce sont des choix difficiles, car parfois on n’a pas toutes les cartes en main.

Pour terminer, est-ce que des gens ont déjà voulu vous provoquer à la bagarre après vous avoir reconnu dans la rue ?

Non, ce ne serait pas une bonne idée que de vouloir se battre avec moi (rires). La plupart du temps, les gens me disent des choses sympas et me serrent la main.

Spy de Paul Feig, avec Melissa McCarthy, Jason Statham et Jude Law. Comédie. Sortie le 17 juin.