JOSEPH GORDON-LEVITT : l’autre skywalker

Séduisant à la fois les auteurs et les producteurs hollywoodiens, Joseph Gordon-Levitt avance à grands pas sur le fil du succès. La semaine prochaine, dans The Walk, il marchera, dans le vide, entre les tours du World Trade Center. Un film fascinant autour de l’exploit du funambule Philippe Petit en 1974. Interview sur le fil !

Dans le film et dans la vie vous parlez très bien le français. Vous voulez faire l’interview en français ?

Joseph Gordon-Levitt : (en français) C’est plus amusant pour moi de la faire en français, mais si ça ne vous énerve pas que je parle lentement, et plus simplement. Non, c’est parfait.

Où avez-vous appris à le parler ?

À l’université et au cinéma. J’aime le cinéma français. La Nouvelle Vague bien sûr, mais aussi Les Enfants du Paradis ou plus récemment les films de Jaques Audiard, Jean-Pierre Jeunet ou François Ozon. Je crois que les Français sont plus cinéphiles que les Américains. Aux États-Unis, si on parle d’art pour un film, c’est du snobisme. Ici, c’est accepté.

The Walk débute avec la question que tout le monde pose au funambule Philippe Petit : « Pourquoi ? »

Oui, c’est la grande question ! Philippe, évidemment, n’a pas de réponse précise. Je pense qu’un des éléments de compréhension les plus pertinents de sa démarche, c’est de comparer son geste à une relation amoureuse, un acte d’amour. Quand on aime quelqu’un, on ne peut jamais vraiment dire pourquoi. Philippe a d’ailleurs décrit sa relation avec les tours jumelles comme une histoire d’amour…

Et vous, pourquoi avez-vous accepté ce rôle ?

Il y a de nombreuses raisons, mais il y a tout d’abord le réalisateur, Robert Zemeckis. C’est un maître. Quand il m’a parlé du film, je me suis tout de suite senti investi par le projet. Je crois que dans les mains d’un autre cinéaste, je n’aurais pas été aussi intéressé. Il a l’art de faire des films très visuels avec des personnages forts et complexes.

Quel est votre rapport au World Trade Center ?

J’étais allé en haut des Tours en juillet 2001. J’allais à l’université de New York à cette époque. J’étais également à New York le 11 septembre, et je me souviens de ce jour parfaitement. Je pense que quiconque revoit les Tours aujourd’hui repense à cette tragédie. Mais je crois aussi que quand on perd quelque chose de cher, c’est important de repenser aux belles choses, aux souvenirs positifs. Et c’est aussi ce qu’on voulait faire avec ce film.

Et comment fait-on pour marcher entre deux tours qui n’existent plus ?

Ça, c’est la magie du cinéma !

Vous avez tourné pour Christopher Nolan, Steven Spielberg, et vous serez prochainement Edward Snowden pour Oliver Stone. Comment expliquez-vous votre succès ?

Mon succès ? Je ne sais pas. J’ai beaucoup de chance, et j’ai de nombreuses années de pratique derrière moi. J’ai commencé quand j’avais 6 ans. J’en ai 34 à présent.

Vous avez récemment réalisé Don Jon avec Scarlett Johansson. Où en êtes-vous de votre carrière de réalisateur ?

J’espère faire un autre film. J’ai appris énormément en travaillant avec Robert Zemeckis. Je ne sais pas ce que je vais faire après, mais j’ai plusieurs projets sous le coude.

Pour terminer, qu’est-ce qu’on vous dit quand on vous reconnaît dans la rue ?

Quand une personne a vu un film sur lequel j’ai travaillé, ou qu’un de mes rôles a parlé à quelqu’un, ça me touche beaucoup. La connexion, c’est ce qu’on recherche.

Comme tendre un fil, en quelque sorte ?

Oui, tout à fait, c’est une forme de connexion.

The Walk : Rêver plus haut, de Robert Zemeckis, avec Joseph Gordon-Levitt, Ben Kingsley et Charlotte Le Bon. Aventures. Sortie le 28 octobre.