Journées Européennes du Patrimoine

Visite des coulisses des plus hauts lieux de la capitale, rencontre avec les acteurs d’un patrimoine exceptionnel, la 34e édition des Journées européennes du patrimoine satisfait une fois encore toutes les curiosités. Sélection.

On révise ses classiques

Ils sont cités à longueur d’années dans les médias, tout le monde en a entendu parler, mais personne n’y a jamais mis les pieds. Ce week-end offre l’occasion de mettre enfin un « visage » sur ces noms.

Le palais de l’Élysée reste le plus VIP de la liste, et l’ouverture exceptionnelle de ses portes attire toujours un nombreux public venu découvrir les salons de prestige de l’ancien hôtel du comte d’Evreux. Le suivant est évidemment l’hôtel Matignon, résidence du Premier Ministre, construit en 1722 par l’architecte Jean Courtonne qui en réalisa la décoration extérieure en style rocaille, avec des panneaux peints par Fragonard.

Entre le ministère de la Culture, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’État et la Comédie-Française, le Palais-Royal abrite quant à lui pas moins de quatre institutions ! Héritage du cardinal de Richelieu, il fut la résidence du jeune Louis XIV, puis celle des princes de la maison d’Orléans, et enfin celle de Jérôme Bonaparte.

L’ouverture des salons et des espaces de travail du Palais devenu républicain est complétée par plusieurs expositions dont Les Bénévoles au service du patrimoine, Les Coulisses du Conseil d’État, Le Mobilier national s’expose au ministère ou l’expérience olfactive de Subodore dans les jardins.

Autre grand nom, le palais Cambon, devenu le siège de la Cour des comptes, créée en 1807 par Napoléon Ier, propose cette année, en plus de la visite, des animations pour le jeune public : échanges avec les magistrats, fresque géante à colorier, spectacle conté Cour des comptes / Cour des contes.

On garde son âme d’enfant

Si l’édition 2017 a pour thème principal la jeunesse, l’incontournable Muséum national d’histoire naturelle reste toujours une source d’émerveillement pour petits et grands, quelque soit son site.

On peut ainsi faire une visite guidée de la Grande Galerie de l’évolution pour mieux connaître son histoire et son architecture. Mais aussi participer en famille à un atelier (8-11 ans) au Parc zoologique de Paris qui propose d’explorer, à travers des activités interactives et une visite sur le  parc, les enclos imaginés selon les besoins des animaux, en comparant ceux proposés par les enfants et ceux conçus par les architectes.

En plus de la visite gratuite, le musée de l’Homme propose aux jeunes de s’interroger sur les préjugés avec un spectacle de danse et des rencontres d’auteurs en écho à l’exposition du moment Nous et les Autres. Habituellement accessible sur réservation, le musée privé des Arts Forains, rempli de manèges de fêtes foraines, accueille exceptionnellement le public.

Au Collège des Bernardins, c’est un véritable choc des cultures qui attend les visiteurs. L’ancienne abbaye du XIIIe siècle accueille en effet une exposition de maquettes géantes Playmobil de la Manufacture Fantastique.

On revoit son orientation professionnelle


Pavillon de Marsan

Les architectes sont bien entendus incontournables quand on parle de patrimoine, et c’est l’occasion de se rendre à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture qui occupe un nouveau bâtiment de sept étages, se dressant à côté d’une ancienne usine d’air comprimé du XIXe siècle, dont subsistent la halle et la cheminée en brique inscrite au titre des monuments historiques.

On pourra y expérimenter « l’architecture vue d’en haut » grâce à un dispositif installé au centre de la cour de l’école qui hissera les visiteurs vers le haut de la structure. Retour au sol avec l’accès au chantier de restauration du pavillon de Marsan, qui constituait l’un des deux points de raccordement entre le palais du Louvre et celui des Tuileries.

Tout le week-end, des ateliers de tailleurs de pierre, de couvreurs, de sculpteurs animés par les entreprises en charge de la restauration du pavillon permettront au public de découvrir les métiers du patrimoine.

Autre savoir-faire mis à l’honneur celui de la conception d’un sac ! Parallèlement à l’ouverture, pour la première fois au public, de son siège construit par l’architecte Auguste Labouret à la Belle Époque, la maison Lancel offre également une visite de l’atelier en présence d’un Compagnon du Devoir ainsi qu’une présentation des pièces historiques de la maison.

On jour, enfin, les explorateurs

Ce n’est peut-être pas le premier pas sur la Lune, mais grâce à cette édition des Journées du Patrimoine, les visiteurs pourront fouler le sol des salons, minutieusement restaurés et décorés à la manière du XVIIIe siècle, de l’ambassade de Chine située dans l’hôtel de Montesquiou, conçu en 1778.

Ouverte également pour la toute première fois au public, l’ambassade et résidence de l’ambassadeur du Mexique, situé dans l’ancien hôtel particulier de la duchesse de Luynes, est un des rares exemples de bâtiment entièrement Art déco issu de l’architecte André Durand en 1926 et du peintre muraliste Angel Zárraga. Une autre manière de jouer les aventuriers, c’est de passer de l’autre côté du décor.

C’est l’occasion rêvée grâce à la station Porte des Lilas Cinéma, une station « fantôme » fermée au public mais prisée des réalisateurs qui l’utilisent pour insuffler à leurs films l’ambiance du métro parisien.

Chaque jour, des milliers de voyageurs transitent par la station Porte des Lilas sans se douter que derrière une porte grise se cache une autre station, véritable plateau de cinéma où se tournent en moyenne 5 films par an. Visite commentée de la station cinéma de la RATP (à partir de 8 ans et sur inscription).

Toutes les infos et adresses sur https://journeesdupatrimoine.culturecommunication.gouv.fr