Jours Barbares de William Finnegan

Formidable récit d’aventures, ce livre nous embarque dans un road-trip pour surfer sur la vague de l’été.

Le formidable atelier romanesque des États-Unis nous envoie régulièrement un livre unique, exceptionnel. Ces jours barbares ne sont pas à proprement parler un roman, même si nous le lisons comme tel. William Finnegan, fils d’un producteur de télévision (Hawaï Police d’État) raconte sa vie tumultueuse, au rythme des vagues de l’océan et de son amour du surf. Il y sacrifiera emploi, vie normale, amours, au cœur de ces romantiques années 1960. Le récit épique se déroule à vive allure, de Hawaï à la Californie, avec un héros en quête de la vague parfaite, amoureux de la littérature, dont la petite amie lit Proust en français, amoureux aussi de la musique des Doors et de Jimi Hendrix, et qui prend sa planche en chantant “Gloria”, cette « élégie à la jeunesse perdue ». Son parcours le mène de l’Afrique à l’Asie jusqu’à l’île de Jardim, près de Madère où il croise des « femmes à barbe mentalement dérangées et marchant pieds nus ». Peu importe que l’on s’intéresse ou non au surf, Finnegan écrit ici un véritable roman d’aventure, riche en portraits pittoresques, à la fois réaliste et poétique (quand il décrit cette eau invisible et son impression de flotter sur un « coussin de néant »). Tout au long de ces années, le passionné Finnegan vieillira sans jamais renoncer à son amour de la liberté et à sa beauté sauvage. « Terreur et extase rodent toutes deux ensemble, menaçant de submerger le rêveur », écrit-il. Le lecteur, lui, est dans l’extase.

Jours barbares, William Finnegan, Éditions du Sous-sol, 520 pages, 23,50 €