Jours tranquilles à Clichy de Henry Miller (1956)

Henry Miller séjourne à Paris pendant les années 1930. Comme Hemingway, il s’y installe pour écrire, lire, vivre une existence bohème.

Il rencontre une ville grise, où il erre, anonyme, parmi une foule indifférente, avant d’être happé par elle. Il ressent une étrange fascination pour Montmartre, « luisant comme de la braise », écrit-il joliment, avec ses hôtels « d’une laideur si affreuse que vous tremblez à l’idée d’y entrer ». Son errance n’a d’autre finalité que la fête, une fête qu’il trouve sur la terrasse du café Wepler, place Clichy, où il prend des verres par tous les temps. Comme toujours chez Henry Miller, ce qui l’intéresse, c’est le sexe, avec des prostituées, la fille de vestiaire d’un petit dancing de la rue Fontaine, ou la maîtresse d’un célèbre poète… Il y dépense son maigre pécule, galère pour juste se nourrir, lancé dans une course à la faim et au plaisir, parfois douloureuse, parfois exaltante. Au final, il jette un regard tendre sur cette existence parisienne : « Quand je repense à toute cette période où nous vivions ensemble à Clichy, j’ai le souvenir d’un petit séjour au paradis. ».