Kiss Me, Kate

Kiss Me Kate est une comédie musicale contant l’histoire d’une troupe de théâtre en pleine tournée de La Mégère apprivoisée de Shakespeare, qui mélange la pièce en question avec une autre, racontant façon vaudeville les amours des deux couples d’acteurs principaux.

Le tout sur une musique de Cole Porter, l’un des plus grands compositeurs de l’âge d’or de Broadway, dont tant de chansons sont devenues des standards jazz : Night and Day, I’ve Got You Under My Skin, I Love Paris… On assiste donc ici à une rencontre au sommet entre deux génies (Shakespeare, Porter). Pour sa mise en scène, Lee Blakeley (qui a déjà beaucoup œuvré au Châtelet), a voulu « du grand spectacle, et être sophistiqué lorsqu’il le faut, comique quand il le faut et trouver la bonne logistique pour passer du vaudeville au Shakespeare, aux grands numéros dansés et chantés, dans une fluidité parfaite ».

Et bien, c’est parfaitement réussi. Les deux œuvres exsudent tous leurs trésors : la légèreté, la brillance, l’humour de Cole Porter, la truculence, la coquinerie, la finesse de Shakespeare, le tout sur des chorégraphies enthousiasmantes, qui mêlent danse de salon, Lindy hop, swing, claquettes, et de magnifiques hommages à Gene Kelly. La scène d’ouverture, notamment, puis celle inaugurant la seconde partie, avec le tube, super sexy, It’s too Darn Hot, sont des sommets, portés par des danseurs jeunes et splendides. Les chansons aussi, font chacune mouche, grâce à l’excellente distribution. Le couple du metteur en scène passionné et vieillissant (David Pittsinger) et de son ex-femme Lilli Vanessi (Christine Buffle), devenue une star de cinéma au sale caractère, qui joue Kate, la mégère, rappelle, dans une version moins flamboyante, mais non moins habitée, et plus élégante, le couple Richard Burton/Elizabeth Taylor.

Tandis que l’actrice et chanteuse Francesca Jackson, avec son tempérament affriolant, met le feu au couple des seconds rôles. Mention spéciale pour le duo de tueurs à gages qui se prennent au jeu du théâtre : carrément hilarant. Les quelques longueurs sont largement compensées par la haute volée des grands numéros dansés, l’humour des chansons, et l’élégance de l’ensemble (bravo aux costumes puisant dans le New Look, le film Vacances Romaines et le style Tudor).

Note : 4/5