La Biennale Paris en 5 œuvres et objets sublimes

Du 8 au 16 septembre 2018 se déroulait au Grand Palais la Biennale Paris, ex-Biennale des Antiquaires. À la direction artistique, le créateur touche-à-tout Jean-Charles de Castelbajac, qui insufflait un peu de couleur et de légèreté dans cet univers saturé de luxe. Vous l’avez manquée ? Voici cinq oeuvres et objets sublimes repérés pendant l’événement. 

 

Un Van Dongen rêveur…

Femme en buste les mains jointes, la Parisienne
© Van Dongen

 

À quelques pas de la grande entrée, la galerie Hélène Bailly déploie une belle sélection de toiles. Dont celle-ci, de Kees Van Dongen (1877-1968), intitulée Femme en buste les mains jointes, la Parisienne (1906). Difficile de ne pas être captivé par le savant usage du rouge vif, qui dessine le contour gracieux des mains enlacées, les perles du collier et le creux des yeux, et répond à la chevelure d’un noir bleuté. Le tout contraste merveilleusement avec la pâleur de la peau et du vêtement. Séductrice aussi bien que lunaire, cette Parisienne nous fait tomber immédiatement amoureux.

 

Une pieuvre hypnotisante !

la pieuvre de Umberto
© Umberto, Octopus (2018)

 

Quelques mètres plus loin, la galerie Univers du bronze accueille le visiteur avec une pieuvre impressionnante. L’œuvre est contemporaine (elle date même de 2018 !), et est signée par le sculpteur animalier Umberto. Sa patine d’un noir profond attire et retient l’œil, qui glisse ensuite sur les courbes diaboliques de l’animal marin, devenu ici quasi-monstrueux. Le mouvement est si élégant qu’on imaginerait presque le bronze s’animer…

 

Un coffre… à secrets ?

Coffret d'Edmond Henri Becker
© Edmond Henri Becker

 

La galerie Mathivet, spécialiste de l’Art Déco, réjouit les amateurs de beaux objets. Quelques pièces d’Eileen Grey, mais aussi et surtout ce petit coffre d’Edmond Henri Becker (1871-1971), orfèvre et joaillier français. Très finement sculpté, cet objet en deux matières fait dialoguer de minuscules feuilles luxuriantes avec le buste d’une jeune femme nue. Charmant, délicat, élégant.

 

La bande-dessinée s’invite à la Biennale

planche de Olivier Ledroit
© Olivier Ledroit, Wika

 

Changement de décor radical à la galerie Glénat, qui a le chic d’exposer au milieu des objets luxueux des images issues de BD fantastiques. On garde en tête cette planche d’Olivier Ledroit, dessinateur français spécialiste du médiéval-fantastique. Issue de sa série Wika (dont il signe le scénario avec Thomas Day), elle représente bien la virtuosité totale de son auteur. Noyée dans le bleu, l’image se divise en plusieurs parties cerclées de jaune et raconte plusieurs moments à la fois… Faisant de cette « réécriture des contes de fées dans un décor steampunk » (comme l’explique avec gourmandise l’éditeur) un chef-d’œuvre de minutie.

 

Cause we are living in a material world…

Collier de Jean Vendome
© Jean Vendome, collier «Flamboyant», 2002

 

Impossible de résister au péché mignon de la Biennale… Les bijoux. La galerie Martel Greiner expose une très belle sélection de colliers de Jean Vendome (1930-2017), joailler extravagant et diablement bien inspiré. Celui-ci a l’art et la manière d’installer autour du cou des femmes de véritables morceaux de pierres précieuses, invitant le minéral brut au creux de la chair la plus tendre. Celui-ci, notre préféré, date de 2002 et est constitué d’or jaune et d’or gris, serti d’une tourmaline rose et de diamants. Ultime.