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La fascinante histoire de Vuitton

Depuis le début du mois de décembre, l’exposition « Volez, Voguez, Voyagez » retrace au Grand Palais l’histoire de la Maison Louis Vuitton. Regroupées au fil de thématiques insolites et passionnantes, mais aussi accompagnées de vêtements, de photos, ou de tableaux, les collections du célèbre malletier racontent des histoires et font rêver.

« Volez, voguez, voyagez », la fascinante histoire de Vuitton

Depuis le début du mois de décembre, l’exposition « Volez, Voguez, Voyagez » retrace au Grand Palais l’histoire de la Maison Louis Vuitton. Regroupées au fil de thématiques insolites et passionnantes, mais aussi accompagnées de vêtements, de photos, ou de tableaux, les collections du célèbre malletier racontent des histoires et font rêver.

L’entrée de l’exposition est libre. De quoi attirer d’autant plus de visiteurs, pour découvrir non pas une simple succession de bagages plus ou moins anciens, mais plutôt une véritable scénographie.
Du coup, pour être sûr de pouvoir faire le voyage, il est recommandé de se rendre au préalable sur le site du Grand Palais pour se munir d’un billet coupe-file. Mieux, on réservera une visite guidée simple ou thématique pour tout comprendre de cette incroyable épopée.

Aujourd’hui, sous le titre « Volez, Voguez, Voyagez » (slogan d’une publicité des années 60), dans un vaste espace de 1200 m2, on découvre au fil des générations, comment le malletier a su s’imposer, non seulement grâce à l’élégance de ses produits, mais surtout par son esprit novateur et sa manière d’accompagner les petits ou grands voyageurs.

Une saga qui a commencé, bien sûr, avec Louis Vuitton, dont la carrière commença alors qu’il n’était encore qu’un adolescent.
Parti du Jura en 1835 pour conquérir la capitale, celui-ci mit deux ans à la rejoindre, le temps de faire son apprentissage et d’exceller dans les techniques du bois. Un talent qu’il utilisa pour développer une activité nouvelle, « l’emballage des modes ».

A une heure où la bourgeoisie ne rêvait que de luxe et de contrées lointaines et où la Haute couture s’installait peu à peu à Paris, le petit fabricant de boîtes et de malles, visionnaire, avait compris l’importance du transport sans encombre de tous les beaux atours des élégantes, dans des bagages conçus à cet effet.
Savoir-faire, qualité, mais aussi innovation furent dès lors ses marques de fabrique.
A chaque Exposition Universelle, l’artisan présentait ainsi de fabuleuses nouveautés ingénieuses et brevetées, promptes à séduire de nouvelles clientes exigeantes.
Installé non loin de l’Opéra, dans le nouveau quartier chic de la capitale, réhabilité par le Baron Haussmann, il voyait ainsi défiler chez lui belles étrangères comme stars de l’époque. Mais si toutes ne juraient que par Vuitton, l’élégance de ses articles n’y était pas pour rien.
Revêtus de toiles cirées imperméabilisées, de toiles tissées à motifs, rayées puis à damiers, ses bagages étaient en prime dotés des armoiries et initiales de ses clients. 
Reconnaissables entre tous malgré (déjà) de nombreuses tentatives de contrefaçon, ils allaient l’être encore davantage dès 1896, quatre ans après la mort de Louis, quand son fils Georges y apposera le fameux monogramme « LV » d’inspiration aussi bien japonaise que médiévale. 
Car l’histoire ne s’arrêtera pas là et au 20è siècle, son fils, puis ses petits-enfants, inventeurs de génie ou créatifs iconoclastes, n’auront de cesse de faire fructifier son héritage pour répondre aux attentes de ceux qui, de plus en plus, profitent de l’évolution des moyens des transports pour s’évader.

Ce sont toutes ces (r)évolutions que l’on découvre aujourd’hui dans l’écrin du Grand Palais, au fil de neuf thématiques imaginées par Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera, ici commissaire de l’exposition, et réalisées par le metteur en scène Robert Carsen.
Comme un fil conducteur, le voyage annoncé est bien au rendez-vous et l’on y part toujours avec le bagage qu’il faut. Missions d’exploration en Asie ou en Afrique avec des malles qui contiennent tout ce qui pourrait alors manquer (jusqu’au lit ou au service à thé !), yachting avec un léger Steamer bag, virées en automobile avec un sac en maroquin plat, ancêtre de nos cabas fourre-tout, aéroplane où la légèreté des valises est de mise.
Mais que les fashion-addicts se rassurent, on assiste aussi ici, aussi bien à la naissance du it-bag dans les années 30, quand il était arboré par les élégantes du moment (superbes tenues prêtées par le Musée de la mode) qu’aux réinterprétations de la toile monogrammée par Azzedine Alaïa ou Vivienne Westwood et aux créations actuelles de Nicolas Ghesquière.
De quoi achever de rêver, dans ce grand voyage au fil des époques, des styles, des découvertes.

« Volez, Voguez, Voyagez », jusqu’au 21 février au Grand Palais, Salon d’Honneur, entrée Square Jean Perrin, avenue du Général Eisenhower, 8è. Lundi, jeudi et dimanche, de 10h à 20h, mercredi, vendredi et samedi, jusqu’à 22h. Fermé le mardi sauf vacances scolaires. Entrée libre. Billets coupe-file et réservations visites sur billetterie.grandpalais.fr.

Volez, Voguez, Voyagez jusqu’au 21 février au Grand Palais.