La louve

Marignan 1515, ça vous parle ? Six mois avant la célèbre bataille, François d’Angoulême devient roi de France. Et pourtant, il a bien failli ne jamais l’être…

C’était oublier le rôle déterminant de sa mère Louise de Savoie (La Louve) prête à planter ses canines dans les noirs desseins de ses opposants. Si l’envie vous prend d’en savoir plus, cette croustillante comédie vous offre un petit cours accéléré d’Histoire de France. S’appuyant sur la « Vie des Dames galantes » de Pierre de Bourdeille dit Brantôme (célèbre chroniqueur du XVIème siècle), Daniel Colas nous relate cette difficile accession au trône avec une verve revigorante : brassant l’intime et le politique, l’auteur-metteur en scène nous introduit dans les alcôves du pouvoir, là où se joue une ronde parfaitement réglée entre l’exultation fugace de la chair et les chausses-trappes politiques. Pour dire les manigances, l’hypocrisie d’une époque figée dans sa gangue religieuse, Colas se passe d’euphémismes et les gauloiseries abondent. L’ensemble est instructif mais aussi formidablement vivant et incarné, très loin de la vision confite de l’Histoire inscrite dans vos souvenirs scolaires. Magistrale, Béatrice Agenin supplée une narration un brin relâchée en tenant chaque scène avec une rigueur sans faille. On savoure son duo-duel avec Patrick Raynal tout en variations (de la tendresse feinte à la vérité tragique) et ses intrigues avec Yvan Garouel qui joue en virtuose le bégaiement et la parole empêchée. A leurs côtés ? Toute une jeune garde au taquet : Gaël Giraudeau, Coralie Audret, Maud Baecker et Adrien Melin. La musique inspirée (Sylvain Meyniac) et le soin apporté aux costumes (Jean-Daniel Vuillermoz) achèvent de nous immerger dans ces petites histoires… qui fondent l’Histoire.

Note : 3/5