La rentrée littéraire

560 romans sortent en cette rentrée littéraire, un chiffre légèrement en baisse.

Honneur aux femmes d’abord, comme Nina Bouraoui que JC Lattès a récupérée (l’un des jolis coups de l’édition). Elle sort Beaux Rivages, radiographie d’une séparation. Beaucoup plus âpre est le nouveau roman, d’anticipation, de Chloé Delaume, Les Sorcières de la République (Seuil), où elle imagine une  dictature féministe, et raconte le procès de la meneuse du mouvement. Catherine Cusset s’intéresse aux échecs d’un homme brillant dans L’autre qu’on adorait (Gallimard) quand Léonara Miano fait raconter un homme par quatre femmes – mère, épouse, sœur, amante – tout au long de Crépuscule du tourment (Grasset). Citons également l’auteur de théâtre et romancière Yasmina Reza, dont le Babylone (Flammarion) pourrait obtenir un prix, et bien sûr, Céline Minard, encore auréolée de son prix du livre Inter (pour Faillir être flingué), et auteur de Le Grand jeu (Rivages), sur une femme en quête d’isolement.

Chez les hommes, nous lirons le nouveau texte du chanteur de Zebda, Magyd Cherfi, l’autobiographique Ma part de Gaulois (Actes Sud). Il y raconte sa jeunesse à Toulouse, le racisme, l’incompréhension de ses copains qui ne comprennent pas pourquoi il préfère la lecture au foot. Philippe Forest, dont on avait apprécié le formidable Siècle des nuages, revient avec Crue (Gallimard), récit fantastique d’un homme hanté par la mort de sa petite fille. Nous retenons le livre de l’historien Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil), narration-oraison d’un fait divers – le martyr d’une jeune fille – d’ores et déjà en très bonne place. Trois autres ouvrages – Cannibales de Régis Jauffret (Seuil), 14 juillet d’Eric Vuillard (Actes Sud) et La Succession de Jean-Paul Dubois (L’Olivier) – devraient eux aussi séduire.

En littérature étrangère, Salman Rushdie revient au fantastique. Son Deux ans huit mois et vingt huit nuits (Actes Sud) imagine les djinns attaquant New York. Le très grand écrivain espagnol Antonio Munoz Molina nous offre un magnifique livre qui mêle ses débuts de romancier à la figure de l’assassin de Martin Luther King dans Comme l’Ombre qui s’en va (Le Seuil).