“La route est là” à l’église Saint-Bernard, douleurs et espoirs des migrants

À l’église Saint-Bernard, dans le cadre des Portes d’or, les portes ouvertes des ateliers d’artistes de la Goutte d’or, un groupe d’artistes évoque avec force le sort des migrants. D’une actualité brûlante.

L’alarmante situation des migrants, si elle n’est pas nouvelle, fait tristement partie de “l’actualité dont on parle” de ces derniers jours, principalement en raison du démantèlement, la semaine passée, du campement de La Chapelle. Au terme de cette évacuation, si certains candidats à l’asile étaient diversement pris en charge, d’autres, sans point de chute, étaient accueillis rue Saint-Bruno. C’est pourtant sans encore imaginer ce nouveau rebondissement qu’un groupe d’artistes du 18e arrondissement avait choisi le cadre de l’église Saint-Bernard voisine, pour une exposition justement dédiée aux migrants.

Depuis longtemps connu comme l’épicentre parisien de la tourmente, mais aussi comme un point de ralliement pour les populations déracinées, l’endroit accueillera ainsi du 12 au 14 juin, les œuvres de créateurs concernés. À commencer par la saisissante installation Un aventurier n’enterre pas ses parents des sculpteures Ange & Dam où des silhouettes de bois aux tenues chatoyantes en côtoient d’autres, totalement dépouillées, qui se posent comme des vigies pour nous désigner précisément la dureté des faits.

 

Dans son sillage, tout n’est que contrastes et nuances dans les projets présentés, à l’instar de la joie éphémère des réfugiés albanais arrivant à Brindisi peints par Armelle Ritter, qui précèdent les personnages blessés de Dominique Jaffré et les sculptures mystérieuses de Daisy Bruley ou le petit monde des Roms, vu par Zsazsa Mercury qui, comme une bulle finalement solide, rebondit mais perdure.

À l’image de cette photo de Garance de Galzain aussi, où un homme cachant son visage de ses mains exprime à la fois la douleur et la réflexion. Belle et pleine de sens, cette exposition très courte permettra ainsi surtout de s’interroger. Elle s’inscrit dans le cadre des Portes d’or, portes ouvertes des ateliers d’artistes de la Goutte d’or, qui elles-mêmes se tiennent durant le festival La Goutte d’or en fête, soit autant d’événements pour mieux connaître un quartier qui sait tirer de ses influences diverses une richesse et une créativité rares.