Le Bon Marché accueille l’œuvre tentaculaire de Joana Vasconcelos !

Du 17 janvier au 17 février, l’œuvre monumentale de la créatrice portugaise Joana Vasconcelos investit les murs du Bon Marché pour nous projeter sur une autre planète.

Une carte blanche événement confiée à la grande artiste Joana Vasconcelos

Oeuvre de Joana Vasconcelos au Bon Marché
Branco Luz, une oeuvre de Joana Vasconcelos au Bon Marché © Gabriel de la Chapelle

 

Après Ai Weiwei en 2015, Chiharu Shiota en 2016 et Leandro Erlich en 2018, c’est au tour de la star d’art contemporain, Joana Vasconcelos, d’être mise à l’honneur entre les murs du célèbre magasin parisien. Si l’enseigne de prestige produit des expositions inédites depuis 1990, elle décide en 2016 d’enrichir le format de ses propositions par des cartes blanches proposées à des artistes contemporains. Pour sa 4e édition, l’événement ne pouvait qu’accueillir l’incroyable Joana Vasconcelos, une des rares femmes artistes à s’être fait une place de choix dans le paysage de l’art contemporain. Si c’est la 51e Biennale de Venise qui la révèle au monde entier en 2015, la créatrice portugaise voit aujourd’hui ses œuvres exposées aux quatre coins de la planète ! Connue pour sa manière transgressive de mettre en lumière la condition féminine, Joana Vasconcelos signe son passage en concevant des œuvres hors norme imaginées à partir des lieux qu’elles investiront.

 

Joana Vasconcelos devant l’oeuvre © Alexandre Berger

 

Enchantée d’être invitée à occuper la surface libre de l’enseigne parisienne, l’artiste s’est d’abord imprégnée de l’esprit du lieu, de ses dimensions et de son atmosphère avant de dessiner la pièce destinée à l’habiter. Il faut dire que le Bon Marché s’est rapidement imposé comme l’espace le plus inspirant pour elle : « Je connais bien le Bon Marché. Quand je séjourne à Paris, je cours en priorité au Centre Georges Pompidou pour y voir des expositions et au Bon Marché pour saisir l’air qu’on respire dans le monde de la mode et du design. Ça m’indique les tendances à propos du look, packaging, et me donne l’esprit du moment » explique-t-elle. Baromètre du bon goût, l’établissement de renom épouse donc, pendant un mois, le regard visionnaire de la talentueuse portugaise.

Branco Luz, œuvre colossale et organique

Branco luz, une oeuvre de Joana Vasconcelos © Gabriel de la Chapelle

 

Investissant les vitrines et espaces intérieurs du Bon Marché, l’œuvre de Joana Vasconcelos nous projette dans un univers tout à la fois féerique et cosmique. La pièce centrale de sa composition, Simone, s’apparente à une sorte de vaisseau organique en suspension sous la verrière, comme hors du temps. Cet Ovni n’est autre qu’une Valkyrie, figure inventée par la créatrice à l’imagination fertile ! Si, à l’origine, ces déesses nordiques survolaient les champs de bataille pour escorter l’âme des héros au maître des Dieux, elles veillent ici avec bienveillance sur les hommes et les femmes qui traversent l’espace inférieur. S’appropriant ces figures wagnériennes, l’artiste les investit dans son œuvre d’un aura puissant mais teinté de sensualité. Cette dame blanche si majestueuse aux airs de pieuvre ou de méduse apprivoise les moindres recoins du magasin avec ses gracieuses tentacules qui enveloppent piliers et escaliers.

Hybride, la créature rend hommage à l’histoire autant qu’à l’actualité du Bon Marché : élaborée au moyen de procédés artisanaux, elle s’impose pourtant comme une œuvre contemporaine exigeante. Avec ses 30,50 m de longueur, 12 m de largeur et 10 m de hauteur, la suspension aérienne s’enveloppe d’un patchwork de tissus hétéroclites – broderies au crochet, passementeries précieuses – pour donner naissance à une machine volante kitsch, comme venue d’une ère qui n’est ni tout à fait ancienne ni vraiment futuriste.

Détails de l'oeuvre de Joana Vasconcelos au Bon Marché
Détails de l’oeuvre © Atelier Joana Vasconcelos

 

On aurait pu craindre que les créations éminemment baroques de l’artiste portugaise jurent avec l’esthétique art déco du Bon Marché, mais il n’en est rien ! Pensé pour trouver sa place dans ce lieu atypique, l’exubérant volatile magnifie l’architecture du magasin : si l’œuvre diaphane affiche un design minimaliste à l’échelle macroscopique, c’est à l’échelle microscopique qu’elle révèle sa foisonnante fantaisie. Ses membres serpentent autour des moindres interstices à l’image de trompes agiles, parés de ventouses artificielles, éclaboussés de paillettes précieuses, enguirlandés de festons lumineux ! Recouvert par endroits d’étoffes duveteuses et de pampilles d’un blanc argenté, ce corps tentaculaire d’où pendent des filaments luminescents nous subjugue par son étrange beauté.

Le rendez-vous est donné : vous avez jusqu’au 17 février pour contempler ce monstre magnifique dans l’antre du Bon Marché !


Le Bon Marché
24, rue de Sèvres, 7e.