Le Festival d’Automne en 5 spectacles immanquables

Le Festival d’Automne continue jusqu’au 31 décembre : emportés par la rentrée, vous avez peut-être manqué (ou adoré !) les premières dates de Laetitia Dosch ou de Krystian Lupa. La suite est tout aussi emballante, avec des créations de Julien Gosselin, de Tiago Rodrigues ou d’Anne Teresa de Keersmaeker. Cinq spectacles (dont les places sont encore disponibles à la vente) ont attiré notre attention : suivez le guide !

 

Concert chez les araignées de Tomás Saraceno

Spectacle The Spider’s Canvas programmé dans le cadre du festival d'automne
© Tomás Saraceno au Palais de Tokyo

 

Invité à investir l’intégralité des espaces du Palais de Tokyo, l’artiste argentin Tomás Saraceno y a installé des dizaines de toiles d’araignées géantes, semi-plongées dans le noir. Extrêmement spectaculaire, cet art qui joue aussi bien avec l’infime qu’avec le monumental s’accommode bien de performances farfelues. Preuve en est, plusieurs concerts sont programmés pour s’amuser de ce décor atypique, et entrer en résonance avec ce public à 8 pattes. On retiendra celui du 23 novembre à 19h30 : le compositeur contemporain Evan Ziporyn, également directeur du Centre d’art, de Science et de Technologie du MIT (États-Unis), invite ses musiciens à jouer au milieu des toiles. Il explique : « plutôt que de jouer avec l’araignée elle-même, nous utilisons ses toiles comme base de notre musique, utilisant ses géométries comme fondement de nos vibrations. » Il faudra tendre l’oreille pour être attentif au moindre détail sonore… Atypique, ce rendez-vous ne se manque pas !

The Spider’s Canvas
23 novembre 2018
Palais de Tokyo
13 avenue du Président Wilson, 16e

 

Sopro, le souffle de Tiago Rodrigues

Spectacle Sopro programmé dans le cadre du festival d'automne
© Christophe Raynaud de Lage

 

Succès mémorable du Festival d’Avignon 2017, la création Sopro du Portuguais Tiago Rodrigues est une ode au théâtre tissée de poésie, formulée à travers la figure d’une souffleuse, l’une des dernières d’Europe. Celle-ci s’appelle Cristina Vidal, travaille depuis 25 ans au Théâtre national de Lisbonne (dont Tiago Rodrigues est le directeur), et est la figure centrale de ce spectacle hybride, où elle joue son propre rôle. Ici cohabitent des extraits de pièces célèbres (signées Racine, Tchekhov, Sophocle…) et des instants de vie inspirés des coulisses du théâtre. Sopro, qui signifie souffle, restitue donc tout ce qui est invisible aux yeux du public mais indispensable au bon fonctionnement d’un théâtre. Une claque.

Sopro 
Du 12 novembre au 8 décembre 2018
Théâtre de la Bastille
76 rue de la Roquette, 11e

 

Anne Teresa De Keersmaeker fait danser les hommes

Spectacle A Love Supreme programmé au festival d'automne
A Love Supreme © Anne Van Aerschot

 

Elle l’a écouté des centaines de fois avant de se décider : Anne Teresa De Keersmaeker s’est emparée de l’album emblématique A Love Supreme de John Coltrane pour créer un spectacle d’une cinquantaine de minutes. Les morceaux lui ont inspiré une chorégraphie pour quatre danseurs hommes, qui mêle improvisation et écriture. Accompagnée dans sa tâche par le chorégraphe Salva SanchisAnne Teresa De Keersmaeker propose ici un cri brûlant de liberté, où les danseurs et les chorégraphes formulent chaque soir un dialogue différent.

A Love Supreme
23 novembre 2018
Espace 1789
2/4 rue Alexandre Bachelet, 93400 Saint-Ouen
+ autres dates dans différents lieux de la région parisienne

 

Le triomphe de Julien Gosselin

Spectacle Joueurs | Mao II | Les Noms de Don DeLillo programmé au festival d'automne
© Christophe Raynaud de Lage

 

Très jeune et immensément doué, Julien Gosselin a tout pour plaire. Il est celui qui a adapté le roman-fleuve 2666 de Roberto Bolaño en un spectacle de 12 heures… Et a triomphé. Après un succès mérité au Festival d’Avignon 2018, il présente son adaptation de trois textes de l’écrivain américain Don DeLilloJoueurs (1977), Les Noms (1982) et Mao II (1991) sur la scène des Ateliers Berthier en un peu plus de 9 heures. Une odyssée violente, qui fait dialoguer le théâtre, la musique et la vidéo, et transforme les comédiens en performeurs de l’extrême. C’est beau, puissant et indispensable.

Joueurs | Mao II | Les Noms de Don DeLillo
Du 17 novembre au 22 décembre 2018
Odéon-Théâtre de l’Europe – Ateliers Berthier
1 rue André Suares, 17e

 

À la rencontre du trash japonais avec Takahiro Fujita

sepctacle Jetons les livres, sortons dans la rue programmé au festival d'automne
© Sakuyi Inoue

 

Takahiro Fujita est un jeune auteur japonais qui, à l’instar de Julien Gosselin, voit son audace couronnée d’un immense succès. On le découvre cet automne dans un merveilleux spectacle intitulé avec éclat Jetons les livres, sortons dans la rue. Ce titre n’est toutefois pas de lui, mais de l’un de ses auteurs favoris, Shûji Terayama. Figure sublime de la contre-culture nippone, Terayama a écrit un peu plus de 200 livres avant de mourir à 47 ans. Jetons les livres, sortons dans la rue est une oeuvre de jeunesse, qui donne le pouls du Japon underground et inspire au metteur en scène un joyeux bordel organisé, sorte de collage d’impressions variées et très vivantes. Dépaysant et rafraîchissant !

Jetons les livres, sortons dans la rue
Du 21 au 24 novembre 2018
Maison de la Culture du Japon
101 bis quai Branly, 15e