Le jeu vidéo à travers le temps

« Un escalier de fer, un couloir étroit et obscur, au fond de ce couloir une porte entrouverte d’où nous parviennent les accords d’une musique qui en ce lieu parait irréelle ». Cette musique, c’est celle de Tetris et IAM, qui ne vous conduira pas aujourd’hui au cœur de l’Empire du Côté Obscur mais à l’exposition GAME à la Fondation EDF.

La finale du championnat mondial de League of Legends en 2015 à l’Aréna de Berlin, entre les deux meilleures équipes du monde, SK Telecom T1 et ROX Tigers. © Timo Verdeil

A vos marques, play, partez !

Des débuts balbutiants en oscilloscopes à la réalité virtuelle, force est de constater que le jeu vidéo n’en finit plus de se réinventer, prenant une place toujours plus grande dans notre quotidien. Jean Zeid, commissaire de l’exposition et chroniqueur, a voulu rendre hommage à ces avancées technologiques qui se révèlent de véritables capsules temporelles et sociales.
Divisée en trois niveaux, l’exposition ne suit pas un ordre chronologique mais permet d’explorer les différentes facettes d’un média devenu totalement incontournable. A peine entré, Uncharted 4: A Thief’s End inonde le grand écran central et notre rétine rétive. Les images sont à couper le souffle et on réalise que la frontière entre jeu vidéo et réalité est de plus en plus mince, la modélisation 3D et la motion capture ayant permis d’humaniser les personnages et de proposer des décors toujours plus détaillés.
Un coup de joystick vers la droite et cinq statues viennent étayer le propos : L’évolution du personnage de Marcus Holloway (Watch Dogs 2) entre 1994 et 2013 ou « Comment un tas de pixels est devenu un homme ». De Vinci n’aurait pas fait mieux.

Croix croix rond carré

Recul d’une case et c’est FIFA dans tous ses états : Cette célèbre simulation de football se décline en quatre versions et autant de révolutions technologiques, entre graphismes toujours plus pointus et gameplay de plus en plus poussé. Les enfants de la balle apprécieront.
L’allée centrale est un hub, un circuit circulaire permettant de découvrir ce que la jeune génération a déjà adopté : Le Let’s Play. Indissociable de Youtube, cette pratique vise à se filmer en train de jouer, le tout agrémenté d’effets en tous genres et de commentaires. Les stars du genre brisent les frontières du jeu et le transforment en spectacle où la manette n’est plus obligatoire.
Clic gauche et un wall of fame apparait, mettant en lumières celles et ceux qui ont créé ce qui semble couler de source aujourd’hui, du fondateur d’Atari à l’homme derrière la Game Boy ou au père de Pong, il est temps de mettre un visage derrière les traits de génie.

Jeu. Tue. Ils.

Depuis l’invention de la borne d’arcade à la fin des années 70 (représentée ici par la Ferrari Testarossa Spider décapotable Outrun et le défouloir chorégraphique Dance Dance Revolution), le jeu est aussi synonyme de business et il est maintenant considéré comme un sport à part entière : L’esport. Les matchs voient s’affronter des gladiateurs des temps modernes, aux armes virtuelles tout aussi létales, ravissant les foules au sein d’arènes toujours plus grandes. Un coup d’œil à l’extrait présentant un tournoi international autour du jeu League Of Legends permet de prendre la mesure d’un phénomène qui n’a pas fini de prendre de l’ampleur puisque de grands noms du sport traditionnel comme le PSG ont ajouté l’esport à leurs activités. Une super manne, en quelque sorte.

© FEZ

Mobilis in mobile

Dès les premières consoles de salon et leurs lecteurs de cartouches/cassettes à brancher sur un téléviseur, les inventeurs n’ont eu de cesse de miniaturiser pour pouvoir nous accompagner partout. Les Game & Watch puis la Game Boy ont permis d’avoir nos jeux à portée de main, jusqu’à l’arrivée des téléphones portables et du célèbre serpent, ancêtre des oiseaux pas commodes d’Angry Birds.

Tetris reste l’emblème de ces jeux portatifs et il est toujours impossible de résister à son thème obsédant et à la chute inexorable de ses briques plus de trente ans après sa création. Ne passez pas à côté de la version géante jouable.

Playsir d’offrir

Tiens, on parle, on parle, mais quid du jeu ? Eh bien au premier étage vous pourrez vous adonner à votre pratique favorite sur des engins allant de l’oscilloscope à la console dernier cri et découvrir comment deux points lumineux et une barre ont révolutionné l’approche ludique de la physique en 1958 avec Tennis For Two. Des Space Invaders à Pac-Man en passant par Lara Croft et le plus célèbre plombier du monde (le moustachu, pas Rocco Siffredi, quoique ce dernier est présent également), on réalise à quel point le jeu vidéo est devenu indissociable de la pop culture, piochant dans les films avant de les inspirer, forgeant de nouvelles manières d’interagir et de communiquer, défrichant perpétuellement.

Jeux demain…

Retour là où tout a commencé, au sous-sol, pour découvrir les nouvelles orientations : Les serious games, qui permettent d’approcher différemment l’éducation, la santé ou l’environnement, et la réalité virtuelle. Chaussé d’une visière et d’un casque, vous volez au-dessus d’un Paris déserté grâce à Eagle Flight et les paysages qui défilent montrent l’étendue du chemin parcouru, les frontières sans cesse repoussées et l’horizon qui n’est plus une limite mais une promesse. Au final, Game s’avère être une balade à faire seul ou en famille, qu’on ait 7 ou 77 ans, pour s’émerveiller devant tant d’ingéniosité et surtout se souvenir que la vie est un jeu.
Le Jeu vidéo à travers le temps à l’Espace Fondation EDF au 6 rue Récamier, 75007. M°  Sèvres-Babylone. Entrée libre, du mardi au dimanche http://fondation.edf.com