Le Printemps du cinéma

C’est le printemps, et le cinéma le fête en vous faisant une fleur : la place de cinéma à 4 € seulement, jusqu’au mardi 22 mars ! L’occasion de rencontrer des spectateurs qui savent de quoi ils parlent.

Daniel Auteuil

(comédien à l’affiche d’Au nom de ma fille)

© Yann Vidal

Quel est votre souvenir de cinéma le plus marquant ?

La Vache et le prisonnier ! On va au cinéma avec mes parents, et il y a cette immense file de gens qui attendent, qui attendent, et moi à la fin de la queue qui me dit : « Je n’entrerai jamais ». Je souhaite à tous les spectateurs cette angoisse. Ce serait bien pour le cinéma.

Et vous avez réussi à entrer dans la salle ?

Oui, mais j’étais mal placé (rires).

Marie-Josée Croze

(comédienne à l’affiche d’Au nom de ma fille)

© Yann Vidal

Quels sont vos premiers souvenirs de cinéma ?

C’était des films américains, avec Jerry Lewis, doublés en français, que je voyais à la télé, chez moi. Ma mère aimait beaucoup les vieux films, mais ils étaient doublés. Ça a été très étrange pour moi la première fois que j’ai vu un film français. Je me suis dit : « Tiens, les acteurs français jouent mieux que les acteurs américains », car tout d’un coup, c’était leur vraie voix. Et quand j’ai découvert le cinéma, je me suis dit : « En fait, la vie ce n’est pas triste ! » Parce que moi, je viens d’un univers assez triste. Je ne m’amusais pas trop, et quand j’ai rencontré le cinéma à l’adolescence, c’est une fenêtre qui s’est ouverte sur la magie, la beauté du monde. J’ai appris beaucoup sur les rapports entre les êtres humains. On voyage, mais on peut découvrir beaucoup de choses avec des gens qui discutent dans une seule pièce, comme dans les films de Pialat.

Pascal Elbé

(comédien-réalisateur)

© Yann Vidal

Quels sont vos rituels de spectateur ?

Comme habitude, pas de pop-corn. Je déteste qu’on fasse du bruit. Pour un blockbuster, on peut se laisser faire. Ils mettent un son tellement fort, des explosions, et il n’y a tellement rien à comprendre que si entre deux poignées de pop-corn vous ratez un dialogue ou deux, en général vous pouvez continuer à regarder le film. J’adore le cinéma de divertissement, mais on voit assez souvent les mêmes images. Mais un grand film bien foutu, je suis client. Je ne peux pas voir que des films iraniens d’auteurs qui font aussi chier tout le monde. Mais dans ces films-là, parfois, il y a des pépites comme dans les films d’entertainement.

Ana Girardot

(comédienne)

© Yann Vidal

Quel est votre souvenir de spectatrice le plus étrange ?

À Dubaï ! Là-bas, on peut manger dans le cinéma, les sièges bougent, et il y a des ventilateurs qui vous soufflent sur la tête. Ils ont une espèce de système Imax en 3D qui n’existe pas ailleurs. Ils ont investi énormément dans leur cinéma, mais je ne sais pas si c’est rentable parce que j’étais seule dans les salles à chaque fois que j’y suis allée. Je me suis quand même demandé si ça ne pourrait pas sauver le cinéma français… Je suis sûre qu’on ne serait pas contre quelques trucs à grignoter et un verre de rouge, si c’était abordable.

Lucien Jean-Baptiste

(Comédien et réalisateur à l’affiche de DieuMerci !)

© Yann Vidal

Quel genre de spectateur êtes-vous ?

Moi, je suis dangereux. Je ne rigole pas ! Je veux choisir ma place, au centre ! Je ne peux pas me retrouver mal placé. Je suis un peu malade. Et j’attends qu’il y ait un peu moins de monde car évidemment, je déteste faire la queue. C’est insupportable, surtout quand quelqu’un rejoint son pote devant vous : « Oh, c’est pas grave ! Sois cool ». « Ben si c’est grave ! Demande au mec qui est derrière moi qu’il soit cool. Pourquoi moi ? ».

Quel est votre premier souvenir de spectateur ?

Tarzan ! C’est horrible, parce que moi je m’identifiais à Tarzan. Tu comprends ? Tu le sens arriver le problème ? Du coup, le lendemain à l’école on me disait : « On a vu tes frères noirs ». Et il y avait toujours un porteur noir qui tombait de la falaise avec sa caisse. Je disais : « Non, moi je suis Tarzan ! ». D’ailleurs, je propose d’être le premier Tarzan noir !