Le Revival de l’éventail

Accessoire élégant longtemps resté en désuétude, il est redevenu ces dernières années, l’objet tendance qu’on dégaine dès que la température commence à grimper, et qu’on aime arborer dans des versions créatives et colorées. Forte d’un come-back inattendu, la maison parisienne Duvelleroy, spécialiste de l’éventail depuis 1827, célèbre ce retour en grâce en ouvrant ses archives pour une exposition-anniversaire où il est question d’histoire, de savoir-faire incroyables, et de mode, bien sûr.

Dans le bel écrin à la devanture jaune canari de la maison Duvelleroy, l’expression « éventail de possibilités » prend toute sa mesure. On peut ainsi y trouver de sophistiqués spécimens pailletés – les « armures » – brodés à la main, aussi bien qu’une édition limitée pour le label de musique Tigersushi ou des détournements audacieux, comme ces luminaires en laiton ajouré, qui jouent avec les ombres plutôt qu’avec les courants d’air. De même ici, on a réhabilité le délicieusement rétro langage de l’éventail, qui selon qu’il se replie ou cache le visage, délivre une quantité de messages. Une nouvelle modernité que l’on doit à la bonne idée qu’ont eu deux jeunes femmes, Eloïse Gilles et Constance de Panafieu, de réveiller un fleuron de la mode parisienne, autrefois fournisseur des cours royales d’Europe, dont les créations les plus somptueuses étaient aussi, à la fin du 19è siècle, offertes aux épouses des chefs d’Etats en visite dans notre capitale. Un retour en force qui a vite permis à Duvelleroy d’obtenir en 2012, le label « Entreprise du Patrimoine Vivant » pour sa mise en valeur de savoir-faire artisanaux d’excellence, des sculpteurs aux graveurs, en passant par les brodeurs ou les ennoblisseurs. De quoi donner à la marque reconnaissable à son estampille en forme de marguerite, l’envie de célébrer aujourd’hui ses 190 ans comme elle le mérite, en rendant hommage à son histoire. Patronages du début du 20è siècle, carnets de croquis anciens, catalogues de dentelles, moules à plisser ou modèles d’exception pour lesquels, par exemple, quelque flamant rose aura laissé des plumes, séduiront ainsi pendant quatre mois, les amateurs de jolies choses. Ils ne manqueront pas au passage, de s’offrir – ou de choisir pour offrir – un éventail élégant ou extravagant, indispensable pour un été très hot, à Paris ou ailleurs.

Exposition « 190 ans », du 19 juin au 19 octobre, à la boutique Duvelleroy, 17 rue Amélie, 75007. M° La Tour-Maubourg. Du lundi au samedi de 10h00 à 18h00. Les pièces les plus rares sont visibles sur rendez-vous. Tél. : 01 42 84 07 52. Vente en ligne sur www.duvelleroy.fr