L’écran japonais

Depuis les années 1960, la Cinémathèque française entretient des liens privilégiés avec le cinéma japonais, qu’elle s’attache à faire découvrir lors de rétrospectives régulières. Il est aujourd’hui mis à l’honneur dans une exposition délicate et discrète, au sein de la Galerie des donateurs.

Akira Kurosawa, Yasujiro Ozu, Kenji Mizoguchi, Mikio Naruse… À travers extraits de films, lettres, costumes, affiches et photographies de plateau, on pénètre dans l’univers passionnant et unique du cinéma japonais. Les titres des films évoqués, souvent très poétiques, agissent comme une musique et viennent bercer la visite : Les Contes de la lune vague après la pluie, Fleurs d’équinoxe

Extraordinaires, les affiches de films exposées témoignent d’un véritable art de l’affiche, caractéristique du cinéma japonais. Certaines étalent un kitsch particulièrement réjouissant, comme pour Le Satellite mystérieux (Koji Shima, 1956) : surplombant un curieux vortex, de menaçantes étoiles-cyclopes rouges nagent au milieu de minuscules soucoupes volantes… D’autres, plus subtiles, laissent sans voix, à l’image du magistral poster de Belladonna (Eiichi Yamamoto, 1973).

Des rencontres familières ponctuent la visite (Godzilla, Chihiro, Astro Boy…). Et, si l’on est surpris par le masque mortuaire en bronze de Kenji Mizoguchi (1956) découvert au détour d’une vitrine, on l’est davantage par l’expressivité des samouraïs dessinés par Kurosawa (Les Sept samouraïs, 1954).

En parallèle de l’exposition, un cycle de projections est organisé. Entre films classiques, curiosités et perles rares, voilà une formidable occasion de (re)découvrir sur grand écran un cinéma japonais résolument inépuisable.

Jusqu’au 12 juin à La Cinémathèque française, 51 rue de Bercy 12è, M°Bercy Tous les jours sauf le mardi, de 12h à 19h. Entrée : 5 € / 4 € (réduit). www.cinematheque.fr