Les 10 expositions incontournables de l’été

Art et technique, art et politique, art et poétique : les 10 expositions que nous avons sélectionnées pour vous cet été vous feront sortir de votre zone de confort pour aller vers l’Ailleurs !

 

Carte blanche à Kim Chong-Hak

Au musée national des arts asiatiques – Guimet

peinture, nature, insectes, végétation
©2018 Kim Chong-hak

 

« La Nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles » écrivait Baudelaire. Ces « confuses paroles », Kim Jong-Hak les interprète avec éloquence dans des œuvres envahies par une végétation luxuriante. Surnommé « le peintre des quatre saisons », il voue un véritable culte à la nature qui devient son sujet de prédilection : tantôt thème explicite, tantôt source d’inspiration ornementale, les plantes, insectes, fleurs et oiseaux viennent peupler ses paysages à l’excès.

Rendant un hommage démesuré à Mère Nature, Kim Jong-Hak cultive un sens de la couleur et du figuratif, son obsession pour le motif végétal se traduisant par un lyrisme vivifiant. Pour cette 6e carte blanche, le peintre sud coréen investit tous les espaces du Musée Guimet, permettant au spectateur de découvrir ses sources d’inspiration mais aussi ses goûts de collectionneur. À admirer jusqu’au 1er octobre 2018.

Musée national des arts asiatiques – Guimet
6 place d’Iéna, 16e
Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h
Plein tarif : 11,50€, tarif réduit : 8,50€

 

Zao Wou-Ki : L’espace est silence

Au Musée d’Art Moderne

abstrait, vent, mer, paysage
© ADAGP, Paris, 2018, Dennis Bouchard

 

Les collections permanentes du Musée d’Art Moderne se sont enrichies, depuis décembre, de quelques œuvres du génie de l’abstraction : Zao Wou-Ki. Première grande rétrospective consacrée au peintre depuis 15 ans en France, l’exposition invite à une réflexion sur le grand format à travers d’immenses triptyques à l’huile et de gigantesques encres de Chine sur papier. Son expression abstraite, qu’il cultiva entre la Chine, la France et les Etats-Unis, lui valut de se distinguer au moment même où l’art moderne bouillonne.

Piochant dans la vitalité de la peinture américaine mais renouant aussi avec certains traits de la peinture chinoise, inspiré par la musique autant que par la poésie, c’est un esthète aux multiples facettes que nous découvrons au fil de ce parcours imaginé avec le soutien de la Fondation Zao Wou-Ki. À découvrir à tout prix jusqu’au 6 janvier 2019 !

Musée d’Art Moderne
11 avenue du Président Wilson, 16e
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Plein tarif: 12€, tarif réduit : 10€

 

L’Envol

À la Maison rouge

photographie noir et blanc avec un enfant qui saute
© Eikoh Hosoe. Courtesy galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

 

En signe d’au revoir, la Maison rouge nous propose de partager avec elle son rêve d’Envol. Pour sa dernière exposition avant la fermeture définitive, la fondation nous invite à la rencontre de tous ces êtres qui ont cru en la même utopie : du réel à la mythologie, vous découvrirez les multiples expressions d’un fantasme proprement humain, celui de se voir pousser des ailes.

Fidèle à son esprit de décloisonnement, la Maison rouge a regroupé pour l’occasion des œuvres d’art moderne, contemporain, brut, ethnographique et populaire, mais s’est aussi attachée à proposer un parcours hybride avec des propositions protéiformes (installations, films, documents, peintures, dessins, sculptures).

L’envol y est effleuré à travers le prisme de l’hédonisme et du militantisme, mettant ainsi en scène une pluralité de figures : poètes, scientifiques, artistes sous LSD, savants fous, danseurs et bien sûr aviateurs ! Vous avez jusqu’au 28 octobre pour découvrir cette expo qui vous laissera rêveur…

Maison rouge
10 boulevard de la bastille, 12e
Ouvert tous les jours sauf le lundi et le mardi de 11h à 19h
Plein tarif : 10€, tarif réduit : 7€

 

Les Impressionnistes à Londres : Artistes français en exil, 1870-1904

Au Petit Palais

huile sur toile représentant le pont de Charing Cross
© The Andrew Brownsword Arts Foundation

 

Paris, épicentre artistique, ne fut pas de tout temps un havre de paix pour les talents en quête de notoriété. C’est le cas à la fin du XIXe siècle où nombre d’artistes trouvent refuge à Londres, tandis que la guerre franco-allemande puis la Commune mettent Paris à feu et à sang. L’exposition du Petit Palais montre comment ces expatriés, loin de l’atmosphère angoissante et coercitive, trouvent en la capitale londonienne un espace de liberté.

Le parcours, animé par des témoignages sonores, permet au spectateur de mesurer l’ambivalence de l’expérience outre-Manche pour ces artistes français : succès pour certains, difficultés financières pour d’autres, rencontres décisives pour la plupart. Si l’expo montre bien comment ces œuvres sont marquées par l’environnement qui les a vus naître, elle met aussi en lumière la manière dont les Français marquent leur territoire à l’étranger : Monet, Pissaro, Tissot et bien d’autres s’imprègnent de Londres par le prisme de leur subjectivité, au rebours des peintres victoriens à qui ils reprochaient de la représenter « brique par brique ». Du 21 juin au 14 octobre 2018.

Petit Palais
Avenue Winston Churchill, 8e
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Plein tarif : 13€, tarif réduit : 11€

 

Bouchra Khalili, Blackboard

Au Jeu de Paume

photographie d'un homme assis avec ses mains sur ses genoux
© Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018

 

Si vous aimez les œuvres élaborées à partir de différents médiums et l’art engagé, venez découvrir « Blackboard » au Jeu de Paume. Première rétrospective consacrée en France à l’artiste Bouchra Khalili, l’exposition pose un regard sur les 10 dernières années de sa carrière. La plasticienne franco-marocaine revendique un art comme lieu de remise en cause du réel dans des créations mêlant vidéo, photographie et sérigraphie. L’art devient ainsi un espace civique comme un autre où sont mises en scène les problématiques contemporaines liées à la mondialisation du commerce, aux régimes d’appartenance communautaire, aux migrations des exilés et, plus largement, à la question de l’égalité. À découvrir jusqu’au 23 septembre 2018.

Jeu de paume
1 place de la Concorde, 8e
Ouvert le mardi de 11h à 21h, puis du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Plein tarif : 10€, tarif réduit : 7,50€

 

Les racines poussent aussi dans le béton, Kader Attia

Au Mac Val

Collage, carton, photographies d’archive, cités
© Adagp, Paris 2018. Photo © Axel Schneider.

 

Pour sa carte blanche au Mac Val, l’artiste contemporain Kader Attia poursuit sa lancée d’un art engagé en prise directe avec le réel. Dans « Les racines poussent aussi dans le béton », il propose un parcours initiatique, tout à la fois autobiographique et radiographique d’une mémoire collective : celle des cités-dortoirs, ces grands ensembles nés des projets urbains de l’après-guerre. Mettant en relief les effets de l’architecture sur la psyché et le corps, l’ancien banlieusard interroge plus largement la question du vivre ensemble ainsi que le rapport ambivalent entre les notions d’espace de vie privée et de vie publique. Ce parcours hybride, élaboré à partir d’objets, de vidéos et d’installations, invite à une déambulation immersive, sollicitant tous les sens du spectateur. À découvrir jusqu’au 16 septembre 2018.

Mac Val
Place de la Libération, 94400 Vitry-sur-Seine
Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h, les samedi, dimanche et jours fériés de 12h à 19h
Plein tarif : 5€, tarif réduit : 2,50€

 

Memoria, photographies de James Nachtwey

À la Maison Européenne de la Photographie

photographie de James Natchtwey représentant deux hommes prêts à lancer des cocktails molotov
© James Nachtwey Archive, Hood Museum of Art, Dartmouth

 

Pour les adeptes de photographie documentaire, la MEP accueille jusqu’au 29 juillet la plus grande rétrospective jamais consacrée à James Nachtwey. Celui que l’on désigne comme l’héritier de Robert Capa y est représenté à travers 200 photographies réparties en 17 sections. L’obsession qui le guida aux quatre coins du monde ? Devenir le porte-parole de tous ces êtres déchirés par la guerre, les famines, les maladies, toutes ces expériences qui réduisent l’homme à la plus grande vulnérabilité.

C’est avec une profonde compassion que le photographe, humble témoin de ces épreuves, capture quelques moments fulgurants : si chacune de ses photos parvient à un certain degré de perfection – en termes de cadrage et de lumière – leur conférant par là un aspect cinématographique, le photo-reporter n’a jamais été déconnecté de la réalité qu’il figeait et s’en est toujours servi comme un moyen de résister.

MEP
5/7 Rue de Fourcy, 4e
Ouvert du mercredi au dimanche, de 11h à 19h45
Plein tarif : 9€, tarif réduit : 5€

 

Roman Cieslewicz, la fabrique des images

Au Musée des Arts Décoratifs

photomontage de l'exposition
© Adagp, Paris 2018 MAD Jean Tholance

 

Roman Cieslewicz au Musée des Arts Décoratifs, c’est ce qu’on appelle un retour aux sources. Le graphiste polonais, qui y fut exposé pour la 1e fois en 1972, bénéficie d’une rétrospective hors paire grâce à la donation réalisée par sa femme en 2012. Acteur essentiel de l’École de l’Affiche polonaise, il passa sa vie à chercher une écriture toujours plus directe : dessinateur industriel dans une usine de ciment puis graphiste de l’agence d’État WAG, il finit par s’exiler en France pour mettre son art à l’épreuve de la ville lumière.

Sa notoriété, Roman Cieslewicz la doit d’abord à l’univers de la mode : engagé comme maquettiste par Peter Knapp, il collabore avec Vogue et Elle, dont il devient le directeur artistique. Mais sa ligne de mire demeure la même : réagir à l’actualité au moyen d’images frappantes qui instruisent le public autant au niveau intellectuel qu’esthétique. Cet « aiguilleur de rétine » qui veut « dépolluer l’œil » n’hésite pas à prendre des postures idéologiques et politiques, en dénonçant, dans son travail de collage et de photomontage, l’apartheid, la montée de l’extrême droite en France ou les essais nucléaires.

L’exposition met en regard des affiches, publicités, couvertures de magazines ainsi que des documents d’archives, base de travail du graphiste révélant son univers et ses références. Dévoilant son processus de construction des images, ce parcours met en scène les thématiques chères à l’artiste – l’œil, la main, le cercle – ainsi que les icônes de l’art qu’il détourna – la Joconde, le Che – portant toujours un regard critique sur le monde.

MAD
107 Rue de Rivoli, 1er
Ouverture du mardi au dimanche de 11h à 18h, le jeudi de 11h à 21h
Plein tarif : 11€, tarif réduit : 8,50€

 

TeamLab

À La Villette (Grande Halle)

installation numérique avec des cascades
© teamLab

 

L’art à portée de main, littéralement. Telle est la promesse du collectif TeamLab, invité à La Villette dans le cadre de l’événement « Japonismes 2018 ». Créé en 2001, ce collectif importe le digital au cœur de ses créations en vue d’une expérience immersive et interactive. Pour sa 1e monographie en France, TeamLab a imaginé une déambulation à travers une dizaine de tableaux aux paysages oniriques.

Abritez-vous sous cette cascade virtuelle de 11 mètres de haut dans Univers de particules d’eau. Suivez ces corbeaux qui se métamorphosent en fleurs dans Les corbeaux poursuivant poursuivis. Donnez vie à vos propres dessins d’animaux dans Graffiti Nature. Explorez l’univers qui se cache derrière les personnages d’Un monde somptueux, nés des ténèbres rien qu’en les touchant du doigt.

Tous ces tableaux à 360°, sorte d’organisme numérique vivant qui se régénère en permanence, évoluent selon les déplacements et interactions des visiteurs pour une expérience participative où les frontières entre art, science et technologie se dissipent de manière créative. À découvrir jusqu’au 9 septembre 2018 !

La Villette
211 avenue Jean Jaurès, 19e
Grande halle de La Villette
Ouverture du mardi au dimanche de 10h à 19h
Plein tarif : 14,90€, tarif réduit : 12,90€

 

1 2 3 DATA

À la Fondation Groupe EDF

création graphique, tubes en plastique, structures et câbles métalliques
©Gunnar Knechtel

 

Vous pensez que les data sont virtuelles et vides de sens ? L’exposition « 1 2 3 DATA » défait cet a priori ! La Fondation Groupe EDF a imaginé un parcours inédit regroupant les productions d’une quarantaine de data designers qui donnent une expression artistique à ces milliards de données. Stigmates d’une réalité imperceptible, ces particules qui nous échappent alors même qu’elles inondent notre quotidien sont devenues une source d’inspiration pour ces explorateurs du monde globalisé : américains pour la plupart, ce sont des experts en algorithmes, des créateurs pluridisplinaires, les nouveaux graphistes au service non plus du papier, mais du digital.

Décidé à rendre accessible au grand public ces pratiques innovantes, le projet prend la forme de sculptures, d’infographies, d’interfaces, d’installations numériques, de vidéos, de dispositifs interactifs ou encore de web documentaires, autant d’expressions visuelles et graphiques pour traduire ces données. Au fil d’un parcours tripartite (« Exposer », « Expliquer », « Explorer ») qui interroge ces éléments selon les critères de l’abondance, de la différence et du mouvement, vous serez sensibilisé à la dimension poétique et philosophique de ces ressources inépuisables. À découvrir jusqu’au 6 octobre 2018.

Espace Fondation EDF
6 rue Récamier, 7e
Ouverture du mardi au dimanche de 12h à 19h
Entrée libre