5 expos qui mettent l’Afrique à l’honneur

Avec des rendez-vous remarquables dans les plus grandes institutions de la capitale, Paris a été très africaine au printemps 2017. En février, le continent et ses artistes sont toujours à l’honneur dans les musées et les galeries. Voici une sélection de cinq expositions pour les amoureux d’Afrique, à voir avant la fin du mois.

 

Expo Dada Africa : Sources et Influences extra-occidentales

Au Musée de l’Orangerie jusqu’au 19 février 2018

photographie d'une femme avec un masque africain dans la main
Man Ray, Noire et blanche (négative), photographie © Man Ray Trust / Adagp, Paris, [1926] – Cliché Adagp Images

Dada Africa, c’est quoi ? Le dadaïsme est un mouvement artistique de révolte créé vers 1916 à Zurich. Et cela par quelques artistes pionniers. Le but : remettre en cause un certain héritage occidental de l’histoire de l’art. Ces artistes en quête de nouveaux repères et de nouvelles références puisent alors leurs sources d’inspiration en regardant ailleurs. Notamment du côté du continent africain. Picasso est un bon exemple d’artiste occidental se revendiquant de l’art nègre. Pour peindre ses visages féminins, il s’inspire en effet directement des masques africains. Cette exposition a été organisée en collaboration avec le Musée Rietbergerg de Zurich et la Berlisniche Galerie de Berlin.

Musee de l’orangerie
Jardin des Tuileries, 1er

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h
Plein tarif : 9 euros, tarif réduit : 6.50 euros

Nocturnes exceptionnelles pour les 4 derniers jours de l’expo :

Ouverture du musée jusque 23h les 16 et 17 février avec la performance Spectacle « Dada Poésie » à 22h

Ouverture du musée jusque 21h les 18 et 19 février avec le spectacle « En filigrane » à 20h

 

Expo David Goldblatt

Au Centre Pompidou du 21 février au 7 mai 2018

Photographie d'une personne en train de poser devant un étalage de boites de conserve
Shop assistant, Orlando West, 1972 Épreuve numérique sur papier baryté, 28 x 28 cm Courtesy David Goldblatt et Goodman Gallery Johannesburg et Cape Town © David Goldblatt

 

C’est la première grande retrospective en France pour le sud-africain David Godblatt, figure majeure de la photographie documentaire engagée au XXème siècle. Plus de deux cents photographies et une centaine de documents inédits appartenant aux archives personnelles de l’artiste seront présentés à cette occasion dans la Galerie 4 du Centre Pompidou. Né en 1930, David Godblatt photographie son pays natal depuis les années 1960. Témoin de l’apartheid, ses photographies s’intéressent aux populations (travailleurs, ouvriers, pêcheurs, dockers, agriculteurs afrikaners) et aux paysages d’une Afrique du Sud en constante mutation politique.

Centre Pompidou
Esplanade Beaubourg, 4e

Ouvert tous les jours  sauf le mardi de 11h à 21h
Plein tarif : 14 euros, tarif réduit : 11 euros

 

Expo Black Dolls – La collection Déborah Neff

À la Maison Rouge du 23 février au 20 mai 2018

 

Poupée voudou
© Black Dolls – Courtesy : Collection Déborah Neff, La Maison Rouge

 

La Maison Rouge expose pour la première fois en France, et en dehors des Etats Unis, les 150 poupées de la collectionneuse Déborah Neff, avocate vivant dans l’Etat de New York et collectionneuse de black dolls et de photographies depuis vingt ans. Ce sont des poupées noires confectionnées artisanalement dans les années 1850-1940 par la communauté afro-américaine. L’exposition rassemble également 80 photographies représentant des enfants américains noirs comme blancs de l’époque, posant fièrement avec leur black doll. Au-delà de cette collection impressionnante et inédite, c’est l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis et de l’identité des Afro-américains et afros-descendants qui s’écrit ici de façon décalée et originale. Comment parler d’identité par le jouet ? Comment parler de racisme aux enfants ? CQFD…

La Maison Rouge – Fondation Antoine de Galbert
10 boulevard de la Bastille, 12e

ouvert tous les jours sauf le lundi et le mardi de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h
Plein tarif : 10 euros, tarif réduit : 7 euros

 

Expo Plus Près de Samuel Gratacap

À la Galerie des Filles du Calvaire jusqu’au 24 février 2018

Trois hommes en train de marcher dans le sable, de dos
©Samuel Gratacap. Série Empire, Camp de réfugiés de Choucha 2012-2014. Courtesy La Galerie Les filles du calvaire.

 

Comment parler d’Afrique sans évoquer la condition migratoire d’aujourd’hui ? Du lien fragile et complexe entre l’Europe et le continent africain ? Le travail photographique de Samuel Gratacap s’immerge justement « au plus près » de tous ces récits de vie, de territoires (Italie, Tunisie, Turquie, Libye) et de migrations. Samuel Gratacap a rencontré tous ces hommes dans ces territoires précaires et transitoires : camps de réfugiés, centres de rétention administrative… Pour certains, le rêve se brise en cours de route et il faut alors honteusement rebrousser chemin vers la case départ. C’est la première exposition personnelle de ce jeune photographe à la Galerie des Filles du Calvaire, située en plein coeur du Marais. Un travail humain d’une grande qualité esthétique qui donne à réfléchir sur cette question politique cruciale.

Galerie les Filles du Calvaire
17 rue des Filles-du-Calvaire, 3e

Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h30
Entrée libre

 

Expo Mali Twist de Malick Sidibé

À la Fondation Cartier jusqu’au 25 février 2018

Deux personnes en train de danser le twist
Malick Sidibé, Danser le twist, 1965, Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris
© Malick Sidibé

 

La Fondation Cartier célèbre le talent de « l’œil de Bamako » dans une exposition inédite de 250 photographies. C’est sa mère qui avait fait un rêve prémonitoire : « Malick tu punaiseras toute ma chambre de photographies ». Un vœu exaucé puisque Malick Sidibé est le premier photographe africain à recevoir le Lion d’Or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière à la Biennale d’art contemporain de Venise en 2007.

Replongeons-nous dans le contexte historique : nous sommes dans les années soixante à Bamako. La capitale du Mali vient d’acquérir son indépendance. Tout le pays est en liesse, il y a un souffle de liberté. La jeunesse bamakoise danse aux sons des musiques américaines. Malick Sidibé est alors de toutes les surprise parties, où il est convié pour saisir cette effervescence nouvelle et immortaliser cette jeunesse éternelle.

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261 Boulevard Raspail, 14e
Plein tarif : 12 euros, tarif réduit : 8.50 euros