Les expos à voir à la rentrée

Cette rentrée encore, le monde de l’Art a droit à ses « blockbusters ».

Tout en haut de l’affiche, on trouve la plus grande collection privée d’Art Moderne au monde ! La collection Chtchoukine du nom de son propriétaire russe (1854-1936), nationalisée par Lénine en 1918, est pour la première fois montrée en France avec des œuvres exceptionnelles de Degas, Cézanne, Van Gogh, Gauguin, Matisse ou Picasso : inmanquable (22/10 au 20/02, Fondation Vuitton). Figure magistrale de l’Art Moderne, c’est le plus célèbre des artistes belges René Magritte que Paris met à l’honneur. Avec « La trahison des images », le Centre Pompidou revient sur l’univers à tiroirs du premier peintre figuratif de la pensée abstraite (21/09 au 23/01). Autre Belge en vedette cet automne, le maître de la ligne claire : Hergé (28/09 au 15/01). Le Grand Palais propose une rétrospective aux horizons élargis puisque le père de Tintin est également présenté en peintre collectionneur et graphiste. On change de continent, avec « La peinture américaine des années 1930 » au Musée de l’Orangerie (12/10 au 30/01) où abstraction, réalisme « social » ou régionalisme ponctuent les univers esthétiques de Marsden Hartley, Georgia O’Keeffe ou Edward Hopper.

Wrigley’s de Charles Green Shaw 1937, Huile sur toile, 76.2 x 114.3 cm, The Art Institute of Chicago, don restreint de la Alsdorf Foundation © The Art Institute of Chicago

C’est une autre vision de l’Amérique que propose le Quai Branly avec « The Color Line » (4/10 au 15/01). Véritable panorama de l’art afro-américain au temps de la ségrégation, l’exposition met en avant des artistes souvent méconnus (Jacob Lawrence, Elisabeth Catlett, Aaron Douglas….) victimes de cette «ligne de couleur». Voisin des States, le Mexique se fait une place en cette rentrée au Grand Palais pour montrer sa modernité depuis la Révolution jusqu’au milieu du XXe siècle, avec Diego Rivera, José Clemente Orozco ou Frida Kahlo (5/10 au 23/01). Pour réviser ses classiques, direction le Louvre pour la première monographie d’envergure sur l’œuvre d’un des principaux créateurs du néoclassicisme : Edme Bouchardon (14/09 au 5/12). C’est un Rembrandt Intime qu’on découvre au Musée Jacquemart-André (16/09 au 23/01) où trois tableaux du maître hollandais du XVIIe sont confrontés à d’autres œuvres contemporaines de l’artiste dévoilant ainsi son processus créatif. Le Musée du Luxembourg resitue quant à lui, l’oeuvre d’Henri Fantin-Latour entre classicisme et modernité (14/09 au 12/02). A l’opposé du spectre temporel le MAM présente une retrospective de Carl Andre, sculpteur et cofondateur du minimalisme (18/10 au 12/02) dont les pièces très simples sont constituées de matériaux industriels bruts. Dans un autre genre, écureuil suicidé, salut nazi ou pape écrasé par une météorite, le trublion italien Maurizio Cattelan (22/10 au 08/01) ne laissera pas indifférent à la Monnaie de Paris. Le performeur Tino Sehgal investit quant à lui, la totalité du Palais de Tokyo avec ses danseurs, pour une expérience scénique monumentale. En photo, c’est l’Américain Herb Ritts et ses portraits très « mode », en noir et blanc inspirés de la sculpture grecque classique qui investissent la MEP (7/09 au 30/10). Dans la même veine, l’incontournable Richard Avedon  s’installe à la BNF pour nous offrir sa vision de la France entre « vieux monde, new look » (18/10 au 26/02) à travers une série de portraits des stars de l’Hexagone de Cocteau à Chanel, de Truffaut à Deneuve… La boucle est bouclée pour cette rentrée très VIP.

Stephanie with Flower, Los Angeles 1989, photographie de Herb Ritts  © Herb Ritts Foundation