Les expos de l’été

Et si on profitait de l’été pour sortir des sentiers battus?

Pour réviser son Histoire de l’Art tout d’abord, on file au Centre Pompidou découvrir la trop courte mais réjouissante rétrospective « un art pauvre » (jusqu’au 29/08) consacrée à l’Arte Povera, courant des années 60 apparu en Italie utilisant principalement des objets de rebus ou éléments naturels.

© Eugen Gabritschevsky

Moins officiels mais tout aussi nécessaires, l’art brut a toujours sa place à la Halle Saint Pierre. Avec plus de 600 œuvres, l’exposition « l’Esprit singulier, collection de l’abbaye d’Auberive » (jusqu’au 26/08) surprend, parfois dérange, mais ne laisse jamais indifférent. Dans le même esprit, la Maison Rouge accueille l’univers fantomatique et fascinant du méconnu Eugen Gabritschevsky, biologiste de génie, interné la majeure partie de sa vie en hôpital psychiatrique (jusqu’au 18/09). Si chaque été, le monde de la photo s’est déplacé à Arles, on se console à Paris avec « Blousons noirs » à la galerie Thierry Marlat qui présente l’univers sombre et underground du photojournaliste Yann Morvan (jusqu’au 2/09). À l’opposé du spectre, le marocain Hassan Hajjaj montre chez Colette, ses clichés pop et colorés, héritage de la photographie de studio d’artistes africains (jusqu’au 27/08).

Des – Stylin’ © Hassan Hajjaj

Les amateurs de musique peuvent filer à la Philharmonie où à l’occasion du 50e anniversaire du fameux « album à la banane », on plonge dans l’univers du Velvet Underground. Avec cette exposition d’envergure, on (re)découvre le groupe mythique fondé par Lou Reed et John Cale en 1965, puis lancé par Andy Warhol (“New York Extravaganza” jusqu’au 21/08). Quant aux fans d’électro, ils préféreront  « Electro Sound, du Lab au Dancefloor » à l’Espace Fondation EDF (jusqu’au 2/10) qui retrace l’histoire de la musique électro à travers photographies et machines, de Chicago à Berlin. Tout aussi rebelles, les beatniks de la Beat Generation s’installent au Centre Pompidou avec une rétrospective inédite consacrée au mouvement littéraire et artistique qui scandalisa l’Amérique puritaine et préfigura la libération culturelle et sexuelle des sixties.

© Wallace Berman

Phénomène littéraire à lui tout seul Michel Houellebecq, l’IRM de son crâne, ses cartes postales de vacances et son chien Clément entre autres, investissent le Palais de Tokyo (jusqu’au 11/09). Pour s’évader un peu, on ne manquera pas d’aller faire un tour dans l’étonnant jardin éphémère installé sur le Parvis de L’Institut du Monde Arabe, à l’occasion de l’exposition Jardins d’Orient, de l’Alhambra au Taj Mahal (jusqu’au 25/09). Enfin et puisque c’est l’été, on sortira de Paris direction Versailles pour se mettre au vert devant les installations bien sages du danois Olafur Eliasson (jusqu’au 30/10). Plus discret mais toujours au grand air, le pétillant Sèvres Outdoor investit les jardins de la Cité de la Céramique avec des sculptures contemporaines parfois monumentales toujours étonnantes (jusqu’au 23 octobre).

© Jean-Pierre Delagarde