Les expositions du mois de mars à Paris : nos coups de coeur

Peinture, dessin, sculpture, photographie… Toutes les disciplines sont à l’honneur parmi les nouvelles expositions qui débutent au mois de mars. À vos agendas !

L’exposition « Love, Ren Hang »

À la Maison Européenne de la Photographie

photo de Ren Hang
Untitled © Courtesy of Estate of Ren Hang and OstLicht Gallery

 

Les amateurs de photographie peuvent comme toujours se fier à la programmation pointue de la MEP. Le deuxième étage de la fondation met à l’honneur pour la première fois en France l’artiste chinois Ren Hang, deux ans après son tragique suicide. À travers un parcours de 150 photographies – relevant autant du portrait, du paysage que du nu – mises en regard avec des écrits de l’artiste névrosé, l’installation sensibilise le spectateur à la dimension fortement chromatique de cette œuvre révolutionnaire. Son homosexualité affirmée, l’audace de ses photos transgressives ainsi que les thèmes essentiels qui parcourent son œuvre – sexe et identité – l’avaient hissé au rang de porte-parole libertaire de la jeune génération chinoise. Fraîcheur et insouciance émanent d’un travail où la spontanéité donne le ton : derrière leur apparente mise en scène, les photographies donnent accès à une immédiateté au moyen d’un geste qui capture l’image sur le vif. Une découverte incontournable !

Du 6 mars au 26 mai 2019
Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy, 4e
Ouvert le mercredi et vendredi de 11h à 20h, le jeudi de 11h à 22h, le samedi et dimanche de 10h à 20h

Plein tarif : 10 €, tarif réduit : 6 €

 

L’exposition « Coco Capitán : Busy Living »

À la Maison Européenne de la Photographie

photo de Coco Capitán
Coco Capitán, Boy in Socks, 2017 © Coco Capitán, courtesy of the artist

 

Ne bougez pas ! Si vous êtes de passage à la MEP, allez découvrir Coco Capitán, la jeune artiste espagnole qui remue le monde de la mode et de la photographie. C’est la première fois qu’une institution française ouvre ses portes à cette jeune femme de 26 ans qui a su convaincre les plus grands créateurs de la planète fashion : Paco Rabanne, Maison Martin Margiela, Mulberry et surtout Gucci dont elle est devenue fidèle collaboratrice. Le parcours de l’expo nous plonge dans l’univers esthétique de l’artiste, entre clichés de paysages américains, photos qui témoignent de son attachement à la Chine, toiles vivifiées par les célèbres aphorismes qu’elle véhicule sur son compte Instagram (#CocoCapitanWritings) et écrits personnels extraits de ses carnets ou journaux intimes. Loin d’être une photographe de mode aveuglée par la logique capitaliste attachée à l’univers du luxe, Coco Capitán s’affirme comme une artiste engagée autant dans les campagnes pour lesquelles elle œuvre, et où le registre publicitaire rencontre le ton politique au détour de ses fameux slogans incisifs, que dans ses créations hybrides mêlant photo, peinture et performance, toujours éclairées par un fort regard critique. À découvrir de toute urgence !

Du 6 mars au 26 mai 2019
Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy, 4e
Ouvert le mercredi et vendredi de 11h à 20h, le jeudi de 11h à 22h, le samedi et dimanche de 10h à 20h

Plein tarif : 10 €, tarif réduit : 6 €

 

L’exposition « Hammershøi, le maître de la peinture danoise »

Au musée Jacquemart-André

peinture de Vilhelm Hammershøi
Vilhelm Hammershøi, Intérieur avec un pot de fleurs, Bredgade 25, 1910-1911, huile sur toile, 78,5 x 71 cm, Malmö Konstmuseum, Suède – © Vilhelm Hammershøi /Matilda Thulin / Malmö Art Museum.

 

Les amoureux de la peinture danoise ont prochainement rendez-vous au musée Jacquemart-André. Il aura fallu attendre 20 ans pour que soient enfin réunies à Paris les œuvres de Vilhelm Hammershøi, resté célèbre pour ses représentations d’intérieurs vides habités par une mystérieuse lumière et parfois traversés par la silhouette d’une femme de dos. Au fil d’une quarantaine d’œuvres issues de prêts exceptionnels, vous découvrirez l’univers si particulier de ce peintre taciturne : portraits, nus, paysages et intérieurs révèlent l’atmosphère subtile de peintures où dominent des tons de gris et de blanc. Si le parcours fait la lumière sur les liens qu’entretenait l’artiste avec la France, il met aussi en exergue la solitude d’un peintre dont les modèles n’étaient autres que les membres de sa famille : sa mère, sa sœur, son frère, son beau-frère et sa femme. Rendez-vous dès le 14 mars !

Du 14 mars au 22 juillet 2019
Musée Jacquemart-André
158 boulevard Haussmann, 8e
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Plein tarif : 12 €, tarif réduit : 10 €

 

L’exposition « Thomas Schütte : Trois Actes »

À la Monnaie de Paris

sculptures de Thomas Schütte
Thomas Schütte, Fratelli, 2012, patinated bronze, steel, heigh approx : 220 cm © Trevor Good

 

La Monnaie de Paris accueille au printemps prochain la première rétrospective parisienne consacrée à l’allemand Thomas Schütte. Cet artiste contemporain, aujourd’hui considéré comme une des figures majeures du renouveau sculptural, s’avoue marqué autant par l’école minimaliste que classique. Inclassable et déroutant, celui qui remporta en 2005 le Lion d’Or à la Biennale de Venise déclare : « Mes œuvres ont pour but d’introduire un point d’interrogation tordu dans le monde ». Conçue comme un triptyque, l’exposition présente son œuvre autour de trois grandes thématiques : la représentation de la figure humaine, de la mort et de modèles d’architectures décalés, chacune délivrant une vision cynique de notre société. Pour singer l’espèce humaine et les logiques qui la régissent, Thomas Schütte a recours à la distorsion et la déformation, passant de l’échelle microscopique à macroscopique, du miniature au monumental, maniant aussi bien la maquette que les œuvres grandeur nature. Les adeptes d’art contemporain devront attendre le 15 mars pour découvrir cet artiste hors-normes !

Du 15 mars au 16 juin 2019
Monnaie de Paris
11 quai de Conti, 6e
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 19h
Tarif Plein : 12€, tarif Réduit : 8€

 

L’exposition « Génération en révolution, dessins français du Musée Fabre »

Au musée Cognac-Jay

génération en révolution
© François-Xavier FABRE (1766-1837) Personnage nu saisissant un cube de pierre. Dessin au crayon noir avec rehauts de blanc sur papier. Musée Fabre Montpellier Méditerranée, photo Frédéric Jaulmes 

 

Le musée Cognac-Jay puise dans les collections du musée Fabre de Montpellier pour nous proposer une réflexion captivante autour des artistes de la période révolutionnaire : au moment où éclate cet épisode historique, les artistes majeurs du XVIIIe ont la trentaine et voient leurs vies mais aussi leurs processus de création chamboulés par ces événements charnières. Qu’ils s’engagent dans ce mouvement politique ou choisissent de s’en extraire, tous expérimentent une transition artistique cruciale qui ébranle leurs itinéraires. Dès lors, quel rapport plus intime à la création que le dessin pour rendre compte de ces bouleversements et métamorphoses ? Si l’exposition montre comment ces ébauches artistiques préfigurent deux grands mouvements que sont le néoclassicisme et le préromantisme, elle donne aussi à voir, en filigrane, la transition accélérée entre l’ancien monde et la modernité à venir.

Du 16 Mars au 14 Juillet 2019
Musée Cognac-Jay
8 rue Elzevir, 3e
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h

Tarif plein : 8 €, tarif réduit : 6 €

 

L’exposition « La Collection Emil Bührle »

Au Musée Maillol

peinture de Vincent Van Gogh
Vincent Van Gogh, Le semeur, soleil couchant, 1888, huile sur toile, 73 x 92 cm, Collection Emil Bührle, Zurich – © SIK-ISEA, Zurich (J.-P. Kuhn)

 

Qui aurait cru qu’Emil Georg Bührle, né allemand et devenu producteur d’armes en suisse, deviendrait un des plus grands collectionneurs d’art au monde ? Parmi les quelques 600 chefs-d’œuvre qu’il parvint à réunir en seulement 5 ans, une soixantaine de trésors du patrimoine français – allant du XIXe au début XXe – vous sera présentée pour la toute première fois en France. Cette prodigieuse collection balaie tous les courants de l’art moderne, de l’Impressionnisme au Cubisme en passant par le Fauvisme. L’occasion de (re)découvrir les grands noms de notre héritage : Manet, Monet, Degas, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Braque, Vlaminck, Modigliani ou encore Picasso. Révélant les accointances des peintres les uns pour les autres ainsi que les filiations des différents courants artistiques, l’exposition s’attache aussi à dévoiler l’itinéraire des œuvres elles-mêmes jusqu’à leur intégration au sein de la Collection E.Bührle grâce à une série de documents d’archives.

Du 20 mars au 21 juillet 2019
Musée Maillol
61 rue de Grenelle, 7e
Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30

Plein tarif : 13,5 €, tarif réduit : 11,5 €