Les Précieuses Ridicules

C’est un grand classique du répertoire de sieur Poquelin représenté pour la première fois à Paris le 18 novembre 1659 au Théâtre du Petit Bourbon.

Vous redoutez un petit parfum de naphtaline ? Aucun risque : saltimbanque dans l’âme, Michel Mourtérot prône depuis des années avec sa troupe itinérante, un théâtre festif, plein de vie et d’envie. Il le prouve une fois de plus en s’emparant de cette courte farce en prose et en un acte qui se focalise sur deux coquettes tragiquement futiles, minaudières et façonnières (Magdelon et Cathos) ridiculisées par des amants bafoués (Lagrange et Du Croisy) car jugés « incongrus en galanterie« . Perchés sur une scène de bois dressée sur la Place pavée du théâtre, telle celle d’un village, les comédiens échafaudent une parfaite bouffonnerie : de celles qui donnent à rire et à pleurer. Drolatiques ou pathétiques, s’appuyant sur une gestuelle baroque et sur le truculent « Dictionnaire des Précieuses«  élaboré par Somaize, ils organisent des scènes d’une belle densité où le rire jaillit du chaos entre commedia dell’arte, tragique et burlesque. Et c’est tout naturellement grâce à une mise en scène millimétrée que se dévoilent ces êtres à la préciosité outrée – campés par des comédiens habiles à en relever toute la bouffonnerie mais aussi la violence sociale qui se joue dans la pièce de Molière –, bien loin de la conversation de salon que l’on y voit trop souvent. On salue la troupe du Théâtre des Loges (Tommy Baillard, Nicolas Deconchat, Alexandre Gangl, Antonin Faure, Christian Fichaux, Paul Lemonnier, Davy-Herbin Soby, Valentin Yvenou, Michel Mourtérot) qui nous fait savourer le texte dans ses moindres lignes, forgeant avec les moyens du bord : son imagination, sa fougue et une manière formidablement vivante de réinventer les classiques.

Jusqu’au 4 juin, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 16h30 au Théâtre des Loges, 49 rue des Sept Arpents à Pantin (93). M° Hoche. Prix : 6€- 15€. Tel : 01 48 46 54 73 / 06 15 23 80 28 ou contact@theatre-des-loges.fr