Les scènes de la rentrée

Voilà un début de saison 2016-2017 porteur d’une bonne nouvelle : le drogué de théâtre lassé par un été culturel atone, n’aura plus à tourner en rond autour des salles de spectacles comme un renard affamé autour d’un feu de bois.

Au chapitre des spectacles très attendus ? Deux pièces phares présentés par le théâtre Nanterre-Amandiers : la reprise de « Ca ira (1) Fin de Louis« , une plongée dans le bouillonnement idéologique révolutionnaire magistralement dégoupillée par Joël Pommerat (9-25 sept) et « Rêve et Folie« , un long poème de Georg Trakl qui permet à Claude Régy de poursuivre son exploration de « l’outre-noir » de l’être humain (15 sept- 21oct). Dans le registre noir et épique, on peut compter sur Frank Castorf pour nous faire entendre l’histoire  des « Frères Karamazov » de Dostoïevski. Portée par onze acteurs, cette adaptation démesurée (6h15 avec entracte !) -en partenariat avec le Festival d’Automne– se jouera dans une scénographie de Bert Neumann, disparu l’été dernier  (7-14 sept, La Friche industrielle Babcock).

Les Frères Karamazov © Thomas Aurin

Autre temps fort : « Le Chat », un huis clos oppressant adapté de l’œuvre de Georges Simenon avec Myriam Boyer et Jean Benguigui mis en scène par Didier Long (6 sept-31 déc, Atelier). On guettera aussi « L’Eveil du chameau« , une comédie piquante concoctée par Murielle Magellan qui s’appuie sur un casting plutôt glamour : Barbara Schulz, Pascal Elbé, Valérie Decobert, dirigés par Anouche Setbon (dès le 4 oct, l’Atelier).

L’Eveil du Chameau © Emmanuel Robert-Espalieu  

 « M’man« , une pièce de sentiments signée Fabrice Melquiot avec Cristiana Reali et Robin Causse mis en scène par Charles Templon (28 sept, Théâtre du Petit St-Martin) et « Le Silence de Molière » de Giovanni Macchia, une conversation imaginaire avec la fille de Molière portée par Ariane Ascaride et Loïc Mobihan sous l’œil affûté de Marc Paquien (16 sept-16 oct, la Tempête). Difficile de ne pas citer « Racine ou la leçon de Phèdre » et la façon dont Anne Delbée donne corps au désir racinien (depuis le 27 août, Théâtre de Poche). Enfin, les aficionados de Caubère le retrouveront dans « Le bac 68 » en alternance avec « La Danse du Diable » aux commandes de la mise en scène de « L’Asticot » de Shakespeare créé et interprété par Clémence Massart (4 oct-20 nov, l’Athénée).