Les temps forts du Festival Circulation(s)

Neuvième édition de Circulation(s), festival de la jeune photographie européenne porté par l’association Fetart. Cette année, l’événement incontournable est sous la direction artistique de The Red Eye, duo de commissaires composé d’Audrey Hoareau et François Cheval. En tout, 38 photographes sont à découvrir dans les espaces d’exposition du 104 avec une exposition miniature Little Circulations à la portée des enfants. Dans le cadre de Gare et Connexions, deux photographes sont exposés hors les murs à la gare de l’Est. 

Circulation(s) : promouvoir la jeune photographie européenne et mettre à l’honneur des pays méconnus

Photo du festival Circulation
© Khabelashvili Luka

 

« L’objectif de Circulation(s) est de promouvoir la jeune photographie européenne. A travers 18 nationalités différentes, le festival permet de voir des écritures extrêmement variées et de prendre la température de ce qui se fait en ce moment en photographie.  » précise Audrey Hoareau qui assure la direction artistique de cette édition en binôme avec François Cheval.

Cette neuvième édition du festival s’inscrit également dans la saison France-Roumanie co-organisée avec l’Institut français et présente 4 jeunes photographes roumains : Iona Cirlig, Mihai et Horatju Sovaila et Felicia Simion. D’ailleurs, Circulation(s) voyagera à la fin de cette édition parisienne pour Bucarest où il sera visible du 19 juin au 14 juillet 2019.

Des artistes originaires d’Ukraine (Maksim Finogeev, Kateryna Snizhko), de Géorgie (Dina Oganova, Luka Khabelashvili) ou encore d’Estonie (Birgit Pûve) sont présentés dans cette édition 2019 qui fait un focus important sur les photographes natifs d’Europe de l’Est.

 

Circulation(s) : une nouvelle approche du festival grâce à des thématiques comme fil rouge à la visite

circulation

Hélène Bellenger. Right Color

 

Grande nouveauté de cette édition 2019 du festival, des thématiques viennent rythmer la visite et créer de la cohérence entre les artistes européens qui sont présentés. Cinq grandes thématiques structurent l’espace d’exposition au 104 : Archives, Paysage et Nature, Corps et souffrances, Territoires et Document et Narration.

Dans la thématique Archives, nous avons rencontré Hélène Bellenger qui commente ses photographies colorisées de starlettes de cinéma des années 20-50 de la série Right Color  : « J’ai travaillé sur la représentation de la femme dans le cinéma. La notion de photogénie et la dichotomie réalité-écran m’intéressent beaucoup. Greta Garbo est qualifiée de sublime à l’écran mais laide à la ville. L’origine de ce travail est un article que j’ai trouvé dans le magazine Cinémonde intitulé Miss Peinturlure qui est une recette de maquillage : bleus sur les joues, rouge presque noir sur les lèvres. Ce maquillage clownesque était le maquillage adapté au cinéma argentique qui n’était pas sensible à toutes les couleurs du spectre. J’ai recolorisé les portraits d’actrices selon les recettes de maquillage que j’ai collecté au fil de mon travail.  » 

Mathieu Farcy a travaillé à partir d’images d’archives du Musée du Service de Santé de Val de Grâce. Il présente des portraits de soldats de la guerre 14-18 aux gueules cassées dans une série intitulée Chers à canons : « j’ai placé une bande noire qui occulte la partie du visage qui est défigurée, cela permet de symboliser la défiguration sans jamais être dans la frontalité. C’est une proposition de les réparer mentalement. Annette Messager aime dire qu’être artiste c’est à la fois montrer les blessures et les panser en même temps. »

Territoires : des paysages politiques et poétiques

Dans la thématique Territoires,  Douglas Mandry  présente ses photographies de paysages de Turquie. Il nous explique sa démarche artistique :  » à l’heure de Photoshop et de la manipulation constante de l’image par les moyens digitaux, j’ai décidé de travailler mes images de manière physique c’est à dire faire des interventions sur mes images en noir et blanc à l’aide de peintures acryliques et d’aérographes. Les couleurs sont complètement surréalistes, c’est mon interprétation de mes souvenirs de ce lieu. »

Le territoire est abordé de façon plus politique, par l’artiste italienne Caterina Lorenzetti qui met le visiteur face à quatre formulaires géants de demandes d’asile épinglés au mur. Pour découvrir le visage de l’individu qui se cache derrière cette requête très administrative, le spectateur soulève délicatement ces immenses feuilles et se retrouve face à face avec le portrait de l’individu qui a formulé cette demande. Installation simple mais saisissante ! «  La première approche est très froide, mais l’interaction est la meilleure solution pour redécouvrir ces individus qui sont transparents dans nos sociétés. L’interaction permet une découverte plus intime.  » explique Caterina.

La série Preuves d’amour de Camille Gharbi dénonce les homicides conjugaux

Dans la thématique Corps et souffrances  nous avons rencontré la photographe Camille Gharbi, dont la série Preuves d’amour, est présentée à la gare de l’Est. Cette série dénonce les violences conjugales et plus précisément les homicides conjugaux. Camille Gharbi nous éclaire sur son travail et son engagement : « c‘est un sujet militant qui dénonce un phénomène de société. Preuves d’amour ce sont des violences poussées à l’extrême, c’est un travail de recherches et d’analyses des faits divers parus dans la presse de 260 cas d’homicides. Pour en parler, j’ai photographié les objets symboliques qui sont des objets domestiques du quotidien transformés en armes de crime. Les gens doivent prendre conscience de ce fléau par le biais de ces photos. Le fait qu’elles soient dans l’espace public est une opportunité pour une plus grande visibilité. « 

Au Studio Photo, faites-vous tirer le portrait tous les week-ends

circulationPhoto © Elène Usdin 

Si vous visitez l’exposition le week-end, faites un tour au Studio Photo. Pour 59 euros, vous repartez avec un tirage A4 signé par un photographe contemporain qui se fera un plaisir de vous tirer le portrait, que vous soyez accompagné de votre famille ou de vos amis. Tous les weeks-ends jusqu’à la fin du festival, réservez en ligne votre séance photo avec le photographe de votre choix sur le site festival-circulations.com. Une belle façon de garder un souvenir de cette nouvelle édition en attendant la prochaine !

Avant de partir, n’oubliez pas non plus de glisser votre bulletin en cochant votre photographe préféré dans l’urne Prix du public pour élire le lauréat 2019 qui bénéficiera d’une résidence au 104 et aura le privilège d’être membre du jury pour Circulation(s) 2020.

104
5 rue Curial, 19e
Du mercredi au dimanche
De 14h à 19h
Plein tarif : 6 euros, réduit : 4 euros