L’histoire du quartier Ménilmontant en 3 lieux emblématiques

Avant son rattachement à Paris, le hameau de Ménilmontant est un village très populaire. On produit sur ses collines fruits, céréales et vin. La nuit, en raison de sa proximité avec le mur des Fermiers Généraux (muraille où il était obligatoire de s’acquitter d’une taxe pour toute marchandise entrant dans la capitale), les petits bistrots pullulent pour tous les assoiffés soucieux de ne pas grever leur budget. Le quartier conserve depuis le charme d’un village en plein Paris.

 

Le cimetière du Père-Lachaise

Cimetière du Père Lachaise
© La Tête en L’Air

 

Du nom du confesseur de Louis XIV, le cimetière du Père-Lachaise est créé au début du 19e siècle, comme ceux de Montmartre au nord, Montparnasse au sud et Passy à l’ouest. Ces derniers sont ouverts pour palier à la fermeture du cimetière des Innocents, vidé en raison de son insalubrité et de sa position (au cœur des Halles). Ils sont donc positionnés en dehors de Paris (l’annexion à la capitale ne se fera qu’en 1860). Si le lieu ne compte que 13 tombes l’année de son ouverture, le transfert des cercueils d’Héloïse et Abélard, Molière et La Fontaine quelques années plus tard marque le début de sa renommée. Avec ses 44 hectares, la première nécropole parisienne compte aujourd’hui 69 000 tombes.

8 boulevard de Ménimontant, 20e
M° Philippe Auguste

 

Le regard Saint-Martin

Le regard Saint-Martin
© La Tête en L’Air

 

Les sources d’eau potable sont nombreuses sur les collines de Ménilmontant. Pour conserver la pureté de l’eau de source jusqu’à sa destination finale, on construit dès le Moyen Âge des ouvrages en pierres sèches enterrés qui donnent sur des réservoirs, les regards. Le nom des regards vient pour certains des congrégations religieuses qui les ont construits : le regard Saint-Martin pour l’abbaye Saint-Martin-des-Champs, celui de la Roquette alimentait les religieuses de la Roquette. Le regard de la lanterne doit son nom au lanternon qui orne son sommet. Il ne subsiste que 18 regards aujourd’hui. Parmi eux, seulement 8 sont encore visibles, les autres ont été recouverts par les bâtiments.

42 rue des Cascades, 20e
M° Ménilmontant

 

La villa de l’Ermitage

La villa de l'Ermitage
© La Tête en L’Air

 

Au 19e siècle, les champs de vignes et les terres maraîchères laissent place aux usines à Ménilmontant. L’essence rurale du village disparaît au profit de l’industrialisation. Mais quelques irréductibles cités résistent à l’envahisseur promoteur. C’est le cas de la villa de l’Ermitage. On trouve trace de cette ruelle sur les cadastres en 1812. Les maisons, dotées de jardins, ne dépassent pas trois étages. Ces petites bicoques pleines de charme se distinguent des immeubles environnant par la végétation, ses entrées en fer forgé ou ses volets colorés. Cette villa, qui renferme un théâtre et plusieurs ateliers d’artistes, conserve en témoignage le charme rural et suranné d’une époque révolue.

14 rue de l’Ermitage et 313 rue des Pyrénées , 20e
M° Ménilmontant