L’histoire du quartier Montorgueil en 3 lieux emblématiques

Lieu incontournable des balades parisiennes grâce à ses commerces de bouche et ses restaurants (prolongement des Halles toutes proches), Montorgueil est un des plus vieux quartiers de la capitale. Du nom de la butte Mont-Orgueil, dont l’origine remonte au 15e siècle, le quartier possède une histoire gourmande et populaire.

 

La Boutique Stohrer

Devanture de la Boutique Stohrer dans le quartier de Montorgueil
© La Tête en L’Air

 

Nicolas Stohrer est apprenti dans les cuisines du roi de Pologne, Stanislas 1er. Lorsque la princesse Marie Leszczyńska se marie au roi Louis XV en 1725, le pâtissier la suit à Versailles. A la Cour, Stohrer connaît le succès grâce à son invention du baba au rhum, brioche traditionnelle polonaise imbibée de vin de Malaga et dont le nom serait inspiré du conte d’Ali Baba (une autre version indique qu’il viendrait du mot polonais baba, grand-mère dans le langage enfantin). Stohrer quitte Versailles en 1730 pour ouvrir une boutique, rue Montorgueuil. S’il ne reste aucune trace de l’échoppe originelle, la plus vieille pâtisserie de Paris conserve aujourd’hui une place de choix dans le quartier.

51 rue Montorgueil, 2e
Métro Étienne Marcel

 

La tour de Jean sans Peur

tour de Jean sans Peur dans le quartier de Montorgueil à Paris
© La Tête en L’Air

 

Baptisée du surnom du duc Jean de Bourgogne, responsable de l’assassinat du frère du roi Charles 6, la tour médiévale passerait presque inaperçue dans le paysage parisien. Elle est le dernier vestige de l’hôtel d’Artois, partie intégrante de l’imposant domaine parisien des ducs de Bourgogne, dont la superficie était d’un hectare. Construite en 1410, la tour conserve un chef-d’œuvre de la sculpture française du 15e siècle : la voûte végétale de l’escalier d’apparat. On peut aussi y voir une reconstitution des plus vieilles latrines à fosse de Paris, témoignage d’un confort exceptionnel, ainsi qu’un morceau de la base de l’enceinte de Philippe Auguste dans la cave de l’édifice.

20 rue Étienne Marcel, 2e
Métro Étienne Marcel

 

Le passage du Grand Cerf

Passage du Grand Cerf dans le quartier de Montorgueil à Paris
© La Tête en L’Air

 

Ouvert vers 1835, le passage tire son nom de la maison du Roulage du Grand Cerf, terminus des Messageries Royales, fermée 10 ans plus tôt. Avec sa hauteur de 11,80 m, il est le passage le plus haut de Paris grâce sa structure métallique à deux étages. Le lieu se destine dès son ouverture à la production et à l’artisanat plutôt qu’au luxe et à la vente de produits. Ces fonctions s’expliquent par l’histoire du quartier populaire, où l’on trouve beaucoup de fabriques et d’ateliers. Tombé progressivement en désuétude pendant des décennies, il est finalement réhabilité en 1990. On y trouve aujourd’hui de nombreuses boutiques de meubles d’occasion et d’artisanat.

145 rue Saint-Denis, 2e
M° Étienne Marcel