Mia Wasikowska : nouvelle muse de Hollywood

On l’avait remarquée dans Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton. Elle a également joué pour Jarmusch ou Cronenberg, a été Cosette et Jane Eyre, et sera bientôt Emma Bovary. Cette semaine, Guillermo del Toro en fait sa victime innocente dans Crimson Peak. Rencontre avec une jeune actrice décidemment bien inspirante.

Qu’est-ce qui vous a attiré chez Guillermo del Toro ?

Mia Wasikowska : Il a un univers assez unique avec ses propres monstres et fantômes, et j’avais vraiment hâte de savoir comment il allait donner vie à tout ça. Et puis, ce qui m’a plu dans ce film c’est que ce sont les gens qui sont le plus effrayant finalement.

Quelle a été la chose la plus difficile à faire sur ce film ?

La scène où je mange du porridge, car je déteste ça (rires). Sinon c’était assez éprouvant, mais j’ai aimé ça. J’ai aimé le fait que mon personnage se rebelle et devienne de plus en plus actif et agressif au fur et à mesure. Parce qu’au début, il y a beaucoup de scènes où je suis malade et où je tourne en rond. C’était bien d’avoir un peu d’action.

Et tourner dans la neige, c’était compliqué ?

C’était de la fausse neige, donc ça allait, il faisait 19 degrés. Mais on a passé quatre jours sur un plateau rempli de brouillard, avec des machines à fumée qui tournaient en permanence. Ça sentait très mauvais et ce n’était pas très agréable.

Et passer la moitié du film en chemise de nuit dans un manoir ?

Au moins, c’était très confortable. C’était plus agréable que d’être serrée dans une robe ou un corset. Et puis, je me couvrais entre les prises.

Qu’est-ce qu’Alice au Pays des Merveilles a changé dans votre vie ?

C’est le plus gros film que j’aie jamais fait, celui qui m’a le plus exposée. Tout ce tapage médiatique m’a un peu effrayée au début, mais j’ai vu que ça n’avait rien changé à mon quotidien. Finalement, ça n’a été que positif, car ça m’a permis de continuer à travailler. Justement, les plus grands réalisateurs s’arrachent votre présence. Comment expliquez-vous votre succès ? Je ne sais pas, je me sens très chanceuse que tous ces gens m’offrent ces rôles. Étant fan de cinéma avant tout, c’est très grisant que tous ces réalisateurs différents viennent me trouver.

Vous n’avez que 26 ans. Comment gérez-vous cette notoriété ?

Je vis toujours à Sydney en Australie où tout est très normal, donc je ne suis pas vraiment immergée dans Hollywood. Ce n’est pas comme si j’avais tiré définitivement un trait sur la vraie vie.

Qu’est-ce qu’on vous dit quand on vous reconnaît dans la rue ?

C’est parfois étrange. Une fois, quelqu’un m’a abordée en me disant : « Vous ressemblez tellement à la fille d’Alice au Pays des Merveilles. Je suis sûr que vous êtes Claire Danes (l’héroïne de la série Homeland, ndlr) ». Ce n’est pas grave, pour moi c’est un compliment.

Vous venez d’ailleurs de tourner la suite d’Alice.

Oui, Alice de l’autre côté du miroir, ça devrait sortir en mai et ça devrait être vraiment bien. Ce n’est plus Tim Burton qui réalise mais James Robin, et c’est le même casting. C’était plus interactif, il y avait plus de lieux de tournage. Le style est différent, mais ça promet.

Pour terminer, vous vous souvenez de votre première venue en France ?

Oui, j’avais 8 ans et on vivait en Pologne depuis un an quand nous sommes venus en France pour deux semaines. Et j’ai adoré ! Nous étions déjà allés en Russie et en Allemagne, mais la France a récolté les faveurs de toute la famille. Pour nous, enfants, c’était génial de pouvoir aller à Disneyland. Au-delà de ça, c’est un pays fantastique.

 

Sa Bovary

Le 4 novembre, elle incarnera Emma Bovary dans Madame Bovary, une nouvelle adaptation du roman de Flaubert par Sophie Barthes.

Que pouvez-vous nous dire de Madame Bovary ?

Elle divise toujours les gens. Soit on l’aime bien, soit on la déteste, mais c’est passionnant de jouer un personnage aussi controversé.

Et vous ? Vous l’aimez ?

Moi, j’adore Emma Bovary ! J’adore ce personnage. Et j’avoue que je serais aussi désemparée et malheureuse si j’étais dans sa situation. Je ne suis pas sûre que j’aurais fait la même chose, mais je comprends ses choix.

Comment s’est déroulé le tournage en France ?

Super. C’est vraiment un autre mode de vie ici. Aux États-Unis, on n’a pas de vin à la pause déjeuner, par exemple. Là, il y avait du vin et du fromage sur le plateau. C’était chouette. Du coup, j’ai dû me modérer un peu et me demander tous les jours ce que j’avais à tourner après le déjeuner (rires).

Est-ce que les gens vous reconnaissaient dans la rue en Normandie ?

Non, je ne crois pas. Je ne suis pas reconnue très souvent. En plus, on était dans un village assez calme, dans un hôtel perdu au milieu des pommiers.

L’interview « Même pas peur ! »

Est-ce que vous aimez les films d’horreur ?

J’aime plutôt les films au style gothique, les films à suspens ou les thrillers, mais je n’aime pas les « slashers », tout ce qui est sanglant ou bien où il y a des malédictions.

Quel est votre film d’horreur préféré ?

J’adore Shining et The Innocent, un film d’horreur britannique des années 60. Pendant le tournage, j’ai lu La Tour d’écrou, la nouvelle d’Henry James dont le film est adapté, et j’ai trouvé que ça collait bien à l’atmosphère qui s’en dégage.

Quel genre de spectatrice êtes-vous devant un film qui fait peur ?

Du genre qui évite plutôt les films qui font peur justement (rires).

Comment avez-vous réagi quand vous avez vu Crimson Peak ?

J’ai été surprise que le film soit encore plein de suspens pour moi. Parce que même si je savais ce qui allait se passer, le travail sur la musique et le son est tel que j’étais scotchée à mon siège.

Est-ce que vous avez eu peur dans cette maison hantée ?

Non, parce que même si ça a l’air ténébreux, c’est tellement éclairé avec tellement de monde autour de nous, qu’on n’est jamais prostrée seule dans un coin sombre.

Avez-vous parfois eu peur d’être coincée à vie dans la peau d’Alice au Pays des Merveilles ?

Je ne pensais pas qu’on viendrait un jour me trouver pour une suite, mais oui, j’ai fait attention à jouer des choses très différentes, car je ne voulais pas être la comédienne d’un seul rôle.

Crimson Peak, de Guillermo del Toro, avec Mia Wasikowska, Jessica Chastain, et Tom Hiddleston. Épouvante. Sortie le 14 octobre. Madame Bovary, de Sophie Barthes, avec Mia Wasikowska, Henry Lloyd-Hughes, et Ezra Miller. Drame. Sortie le 4 novembre.