Michael Hirsch : « Pourquoi ? »

Comment évoquer ce spectacle sans une armée de superlatifs ? Michaël Hirsch est de ces auteurs-interprètes qui aiment à parier sur la subtilité et l’absurde. C’est rare, donc précieux.

Petit frère de délicatesse de Stéphane De Groodt, obsédé textuel façon Devos, ce petit prince du verbe aime les mots : les mystérieux, les évocateurs, les lunaires, les rieurs, etc. Certains ont un parfum d’ironie tendre, d’autres sont piqués d’humanisme, mais tous ont l’art de déclencher un tsunami d’interrogations drolatiques. Conçu comme une mini odyssée existentielle, son « seul en scène » théâtral explore en un cycle de vie, le vagabondage cérébral d’un personnage s’interrogeant sur à peu près tout : l’enfance, la vocation, l’amour, l’art, le sommeil, etc. Idéal en gamin  candide (« Dis papa, pourquoi y’a des sans-papiers et des avec papiers ? »), il enquille une farandole de questions-réponses ciselées comme des dagues.

Dégaine d’ado en jean-baskets et faux airs de Bradley Cooper, ce « condamné à perplexité » aligne mots d’esprit calibrés pour faire mouche. On déguste cette finesse de trait comme on sirote un cocktail, en espaçant les gorgées pour en profiter longtemps. Ça n’a l’air de rien, mais ça parle de tout : du temps qui file, des choix à faire, du petit théâtre de la vie, avec un incroyable timing comique dopé par la mise en scène inventive d’Ivan Calbérac. Drôle, burlesque, touchant. Il ne vous reste que peu de temps pour découvrir cette parenthèse enchantée, ne la laissez pas passer.   

Note : 4/5