Orelsan et Gringe débloquent

Phénomène rap aux punchlines bien senties, aux références pop culturelles et au regard portant plus loin que le bout de leur canapé, Orelsan et Gringe, les Casseurs Flowters quittent la semaine prochaine leur sofa pour le cinéma avec Comment c’est loin, une chronique qui déchire sur l’art de ne pas mûrir.

Pourquoi avez-vous eu envie de faire un film ? Pour faire comme tout le monde ?

Orelsan : Ah ouais ? Ben nous, dans notre entourage, ce n’est pas faire comme tout le monde (rires). C’est plus être prof pour ma part.

Gringe : Et au chômage me concernant.

Est-ce que le film, c’est votre programme court Bloqués, diffusé sur Canal+, mais en grand ?

Gringe : Non justement, on insiste bien sur ce point-là parce qu’il y a sûrement des gens qui vont penser que c’est une extension de ça. Bloqués, ça se rapproche plus de ce qu’on fait en musique : des punchlines, des blagues, des discussions un peu absurdes. Dans le film, il y a une histoire.

Orelsan : Et puis on se lève du canapé et la caméra bouge ! Et puis même, ça ne se peut pas de faire une version longue de Bloqués. Ceux qui flippent de ça, c’est des cons ! Tu peux le mettre (rires).

Au début du film, votre personnage est complètement saoul. Vous avez vraiment tourné déchiré ?

Orelsan : Non ! Justement, je n’ai pas bu d’alcool deux mois avant et pendant le tournage.

Ah ouais ! Grosse prépa alors ! (rires) Et sinon vous vivez vraiment ensemble ?

Gringe : Non, j’ai vécu longtemps aux crochets d’Orel. Mais c’était plus ou moins consenti. Ça a duré 6 ou 8 ans. C’est pour ça que ces projets sont un peu à l’image de ce qu’on vit à côté. On est à des périodes transitoires. On a chacun une copine, on ne vit plus la nuit on dort le jour.

Vous avez vieilli, quoi ! Et vous comptez écrire toute votre vie sur la glande, du coup ?

Orelsan : Non, on ne va pas écrire 10 000 ans sur rester enfermé chez soi et rien foutre le jour, et la nuit boire des coups avec les étudiants. Ça ne me fait pas peur du tout, on a plein d’autres idées.

Qu’est-ce que les gens vous disent lorsqu’ils vous reconnaissent dans la rue ?

Gringe : Moi ils me disent : « Orelsan ». Ça me fout bien les boules. Ils te disent pas Gringe, toi ?

Orelsan : Non, bizarrement. Ça dépend. En ce moment ils disent : « Bloqués ».

Comment vivez-vous votre succès ?

Orelsan : Moi ça change pas grand-chose, je suis tout le temps chez moi devant un ordi. Le plus dur, c’est la période de transition, quand on te reconnait au début, ça te rend parano. Mais en fait, les gens sont cools.

Est-ce que vous rêviez de tout ça quand vous étiez enfant ?

Orelsan : Oui, moi je voulais faire ça. J’ai toujours fait de la musique, des vidéos, des conneries, donc je me suis dit qu’un jour je pourrais peut-être faire ça.

Gringe : Tu as eu une période ornithologue aussi.

Orelsan : Oui, j’aimais bien les oiseaux. Quand j’avais 12 ans, j’ai eu un appeau à vanneaux en cadeau de Noël. Une fois, on l’a retrouvé chez moi, Gringe m’a dit : « C’est quoi cette merde ? ». Ben, c’est mon appeau à vanneaux.

De quoi rêvez-vous maintenant ?

Orelsan : De progresser. C’est mon premier film, j’ai envie de faire des trucs vraiment bien.

Gringe : Entrer en lévitation et tout.

Orelsan : Oui, ou par exemple dans la musique, j’ai fait un « tube », La terre est ronde. Là, j’ai envie de faire des chansons qui marquent, chanter mieux, faire un jour un thriller psychologique qui déchire. Là on écrit avec mon coréalisateur une comédie avec des vannes, mais un truc un peu transgenre. Avec des trans (rires). Non, à mi-chemin entre différents trucs.

Est-ce que vous avez un mot de conclusion ?

Orelsan : Moi j’ai une question. C’est quoi comme magazine ?

Comment c’est loin, d’Orelsan et Christophe Offenstein, avec Orelsan, Gringe, et Claude Urbiztondo Llarch. Comédie. Sortie le 9 décembre. Comment c’est loin, la BO, de Casseurs Flowters. (Troisième Bureau), en CD ou MP3 Disponible le 11 décembre.