Paris au mois d’août de René Fallet (1964)

Paris au mois d’août est un autre mythe de la capitale, avec sa promesse de rues désertes, de doux soleil, de temps suspendu où tout semble possible.

Pendant cette période, on va au travail en toute décontraction, on rentre plus tôt, on prolonge les soirées… Charles Aznavour l’a chanté pour le film de Pierre Granier-Deferre, adapté d’une superbe histoire de l’hédoniste René Fallet qui célébra, dans un autre livre, le beaujolais nouveau.

C’est durant ce mois d’août que son héros Henri Plantin, peintre désargenté, angoissé à l’idée de passer sa vie comme vendeur à la Samaritaine, rencontre, profitant de l’absence de sa femme et de ses enfants, une Anglaise de passage et la suit, de terrasses en restaurants, en passant par les jardins du Luxembourg. Il l’embrasse plein d’impatience, vit une sorte de Dolce Vita à la française, dans un décor féérique. « Que l’avenue de l’Opéra, placide, avait le charme de certains presbytères, avec… ses couples d’amoureux, ses voitures intimidées et silencieuses. Que les arcades de la rue de Rivoli pouvaient avoir, quand on leur foutait la paix, comme un faux air de sous-bois. »

La surprise du grand amour libre, la hantise du retour à la normale, un personnage tourmenté, une ville familière et pourtant nouvelle… Ce récit rappelle le film de Billy Wilder, Sept ans de réflexion, avec Marilyn Monroe. On ne vous dira pas la fin. Il faut lire ce très beau roman !