Paris est une fête d’Ernest Hemingway (1964)

C’est le livre dont tout le monde parle depuis qu’une lectrice l’a déposé à la porte du Bataclan, parmi les fleurs, les bougies et les messages de condoléances (15 000 ouvrages ont été réimprimés alors que ce livre se vend à 8 000 exemplaires par an). Ernest Hemingway y raconte sa jeunesse bohème à Paris, entre 1921 et 1926.

C’est en récupérant sa malle au Ritz, en 1956, que le romancier tomba, parmi de vieux vêtements et des coupures de presse, sur ses « vignettes parisiennes », et décida d’en faire un livre, inachevé et publié après sa mort. Comme le souligne son fils Patrick dans sa préface, le titre n’est pas de lui.

Sa quatrième femme Mary l’avait entendu dire : « Si vous avez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visités par la suite, Paris ne vous quitte plus, car Paris est une fête mobile. » Lorsque Hemingway débarque à Paris, il a renoncé au journalisme pour se consacrer à la littérature. Notre capitale lui semble le lieu idéal pour vivre, rêver, aimer, trouver l’inspiration. Il s’installe avec sa femme Hadley, au 74, rue du Cardinal-Lemoine. Le titre du premier chapitre, « Un bon café sur la place Saint-Michel », donne le ton.

La belle vie parisienne le captive très vite, mais torture l’écrivain désargenté et affamé qu’il est. Les trop nombreuses tentations – tables dehors pleines de convives joyeux, bonnes odeurs – le forcent à éviter les endroits festifs. Quand un premier succès lui apporte un peu d’argent, que fait-il ? Il se précipite à la Brasserie Lipp pour boire une bière bien fraîche, et avaler des pommes à l’huile. Il lui faudra désormais essayer d’écrire, résister aux séductions, comme traîner aux Deux Magots.

Mais ces lieux accueillants, bars, bouquinistes, librairies, chassent sa solitude d’Américain expatrié. Il apprécie, au printemps et même en automne, la terrasse « agréable » de la Closerie des Lilas, à « l’ombre des arbres », où il croise Blaise Cendrars, des professeurs charmants venus avec leurs maîtresses. Ode à la liberté, à la joie de vivre, Paris est une fête est un livre optimiste, plein de romantisme, mais aussi réaliste sur le travail, l’argent… et le plaisir !