Patrick Stewart : l’interview classée X

Inoubliable Capitaine Picard dans Star Trek : La Nouvelle Génération, et charismatique Professeur Charles Xavier dans la série des X-Men, Patrick Stewart reprend du service dans Logan. L’occasion de se réjouir, un peu vite, d’une interview avec le Prof … qui a viré Grincheux.


 

Pourquoi avez-vous enfin accepté de reprendre votre rôle du Professeur X ?

Patrick Stewart : Parce que l’invitation était irrésistible. Bien avant d’avoir lu le scénario, j’avais eu des échos de ce nouveau projet sur Wolverine, et en particulier sur ce qu’ils voulaient faire de Charles Xavier. J’étais intrigué, curieux, et même un peu perplexe, car ça ne ressemblait pas vraiment à un super-héros. Il en avait les caractéristiques bien sûr, mais dans un monde plus contemporain, tout en souffrant de maux bien réels, aussi bien mentalement que physiquement.

 

C’est possible de refuser un tel rôle ?

Oh oui ! Bon, je ne sais pas trop ce qu’ils auraient fait… Peut-être que James McAvoy m’aurait remplacé (rires) (Ndlr le comédien qui joue Charles Xavier jeune dans X-Men : Le commencement).

 

Justement, quel effet cela fait de savoir qu’un autre acteur joue aussi le rôle qu’on incarne depuis 17 ans ?

Ils ne pouvaient évidemment pas me caster pour les prequel, c’est au-delà du pouvoir des ordinateurs de me faire jouer comme un jeune homme, mais je suis flatté. James McAvoy n’est pas seulement un très bon acteur, c’est un aussi un beau garçon.

 

Quelle a été la chose la plus difficile à faire sur ce film ?

La seule difficulté a été de faire avec la chaleur et l’humidité en Louisiane. Tous les jours, il y avait des médecins sur le tournage qui perfusaient des membres de l’équipe avec des solutions salines à cause de la déshydratation. C’était un challenge, mais on l’a surmonté.

 

C’est aussi compliqué d’être coincé dans un fauteuil roulant sans pouvoir utiliser l’ensemble de son corps pour jouer…

Si l’on remonte au premier film en 1998, je me sentais limité. Je ne pouvais ni marcher, ni courir, ni m’enfuir, ni même aller aux toilettes. Mais j’ai finalement trouvé ça très intéressant de pouvoir faire ce que j’avais à faire sans toutes mes facultés physiques. Dans ce film, c’est la même chose si ce n’est qu’en plus du fauteuil, j’ai passé pas mal de temps dans une vieille camionnette et la limousine de Logan toute aussi décatie.

 

Le Professeur Xavier commence à perdre la boule, ce qui rend son esprit défaillant mais surpuissant extrêmement dangereux. Ça fait quoi d’être une arme de destruction massive ?

Ça aussi c’était très intéressant, parce que Charles dans le passé a utilisé le pouvoir de son esprit pour le bien de l’humanité et des mutants, mais dans ce film, il n’est plus capable de le contrôler, et on doit lui prescrire des médicaments pour maîtriser le pouvoir destructeur de son cerveau.

 

Vous, vous aimeriez être capable de lire dans les pensées des autres ?

Non. Pas du tout. Ça ne m’intéresse pas.

 

Et quel super pouvoir aimeriez-vous avoir ?

J’aimerais bien avoir le pouvoir d’éviter les gens qui me rentrent dedans parce qu’ils regardent leur téléphone portable dans la rue. Ça rendrait ma vie plus facile.

 

Logan délivre aussi en filigrane des messages politiques contre le racisme au travers des mutants. Dans la vraie vie, vous n’hésitez pas à vous exprimer politiquement, comme quand on vous a entendu décrier le Brexit…

J’en veux à David Cameron qui a appelé au référendum. J’en veux à notre première ministre actuelle Theresa May pour son comportement extraordinairement confus qui a appelé à rester dans l’Union européenne et qui maintenant mène la charge pour en sortir de façon radicale. Et je n’ai entendu personne parler positivement de cette sortie de l’Europe. Un économiste a même expliqué qu’il allait falloir au moins vingt ans au Royaume-Uni pour s’en remettre.

 

Revenons à votre carrière, vous pensez que Logan sera votre dernier X-Men ?

Certainement.

 

Qu’est-ce que X-Men a changé dans votre vie ?

Ça n’a rien changé. Ça m’a juste apporté de bons moments.

 

Et qu’est-ce que la saga des Star Trek a changé dans votre vie ?

Ça m’a apporté un public beaucoup plus large qu’auparavant. Excusez-moi un moment.

 

Il se lève, sort de la pièce, et revient avec son attaché de presse en prétextant qu’ils sont en retard et qu’ils doivent interrompre l’interview. Nous apprendrons plus tard que les questions ne lui plaisaient pas.

 

Un mot de conclusion, alors, avant de partir.

Je suis très heureux de faire partie de ce merveilleux film.

 

Nous dirons promptement au revoir à Sir Patrick Stewart. Quand « noblesse » oblige…

Logan, de James Mangold, avec Hugh Jackman, Dafne Keen, et Patrick Stewart. Fantastique. Sortie le 1er mars.