Paul Klee ironise à Pompidou

Paul Klee s’invite au Centre Pompidou jusqu’au 1e août. Une exposition qui joue avec les formes, qui réinvente ses lignes et s’étend à l’infini sur le spectre des couleurs.


© Paul Klee, La Machine à Gazouiller, 1922

Avec environ deux cent trente œuvres, provenant du Zentrum Paul Klee de Berne, des plus grandes collections internationales et de collections particulières, le Centre Pompidou se propose de relire, pour la première fois, l’ensemble de l’œuvre de Klee à l’aune des correspondances avec le concept romantique de l’ironie. Partant d’un constat négatif et pessimiste quant au statut de l’art de son temps et qu’il considère comme une vaine imitation, Klee adopte très tôt une attitude indépendante et détachée lui permettant de renverser cette situation.
Pour lui, l’art devrait être « un jeu avec la loi » ou, selon une expression qui lui est chère, « une faille dans le système ». L’exposition dévoile comment, au fil des différentes périodes de sa vie, Klee parvient à dénoncer avec ironie les dogmes et les normes de ses contemporains, de ses débuts satiriques à ses dernières années d’exil à Berne. Arme redoutable, l’ironie lui sert non seulement à déjouer les règles, mais également à affirmer sa liberté totale – fondement de son idéalisme humaniste.