Philippe Katerine, on l’adore toujours

On l’adore oui ! En méchant colérique dans La Tour 2 Contrôle Infernale. En chansons, où en attendant son prochain album le 8 avril, il insuffle à la vie son grain de folie. Comme dans cette interview, attablé devant un plateau de fruits de mers.

Pourquoi avez-vous accepté ce film ?

Philippe Katerine : Parce que moi Éric et Ramzy, à la base, je suis fan. Je me suis dit : « Tiens, quelle chance de jouer un méchant ! ». Il paraît que c’est très gratifiant au cinéma. J’ai toujours lu ça dans les interviews, donc j’ai voulu tester par moi-même. Et en effet je me suis senti gratifié. Parce que c’est plaisant de commettre des méfaits sans aller en taule après.

Dans le film votre personnage, ce Colonel Janouniou, n’aime pas être contredit. Et vous ?

À part les quinze jours après le tournage où j’avais du mal à sortir du rôle, j’adore être contredit. J’aime beaucoup ça.

Je ne peux pas vous laisser dire ça !

Merci.

Faire l’acteur, ça représente quoi pour vous ?

Je me sens toujours comme un visiteur du soir. Comme en chanson d’ailleurs. Je ne me sens pas si légitime que ça. Je n’aurais jamais pensé faire ça. C’est juste la vie qui m’a conduit là. Et puis je me rends compte que jouer, ça m’aide dans ma vie personnelle. Que je m’ouvre en tant qu’humain. J’aère, j’ouvre mes portes, mes fenêtres. Ça sent moins la chaussette sale. Parce que je laisse passer des émotions que je ne connaissais pas. Je rencontre des gens que je ne connaissais pas. Donc, ça m’oblige à sortir de mon trou. C’est pour moi la vraie valeur de la chose.

Comment êtes-vous perçu par le milieu du cinéma en France ?

Je ne sais pas. Si quelqu’un me choisit pour un film, je ne demande jamais : « Mais pourquoi moi ? ». C’est une question que je trouve obscène. Peut-être que la réponse ne me décevrait pas, mais je ne préfère pas le savoir. On continue à s’amuser en étant innocent. Si on s’intéresse trop, ça devient horrible. C’est comme la chanson. Je ne me sens pas du tout professionnel.

Mais vous ne l’êtes pas !

Et bien, merci ! Merci de ne pas me contredire.

Qu’est-ce que les gens vous disent lorsqu’ils vous reconnaissent dans la rue ?

Ça dépend, on peut recevoir des insultes aussi. Ça m’est arrivé bien souvent : « Ce n’est pas possible que des gens comme vous existent ». « La chanson française vraiment, ce n’est plus ce que c’était ! ». « Espèce de connard ! ». C’est agréable aussi. Mais il ne faut pas qu’il n’y ait que ça. Bon, en général, ça reste assez courtois. On me fait des bisous des fois. C’est assez physique. Et j’aime ça.

Est-ce que ça donne la grosse tête tout ça ?

Moi j’ai 62 cm de tour de tête. C’est énorme ! Vous, à vue de nez, c’est 58. J’ai une énorme tête, oui. Mais Joe Dassin faisait 64. Les enfants ont de très grosses têtes. Je crois que quand on reste un peu enfant, on a une grosse tête. Charles Trenet avait 63 cm de tête.

Pour terminer, où en êtes-vous de votre carrière de chanteur ?

J’ai terminé mon disque. Ça sort le 8 avril. Ça s’appelle Le film et pourtant c’est un disque. On espère toujours plaire, mais on s’aperçoit que ce n’est pas souvent le cas. Il y a des chansons qui rencontrent leur public, mais on ne peut pas le savoir à l’avance. C’est comme les enfants : « Est-ce qu’ils auront du succès dans la cour d’école ? » Là, mes chansons, elles sont toutes nues. Elles viennent d’arriver sur la Terre. J’espère que les gens s’en occuperont bien.

Un mot de conclusion ?

Ah non ! Quelle horreur ! Non, surtout pas !

La Tour 2 Contrôle Infernale, d’Éric Judor, avec Éric Judor, Ramzy Bedia, et Marina Foïs. Comédie. En salles actuellement.